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Prosper: un modèle ouvert de prêts communautaires

Les années 2005 ont vu fleurir des plateformes de « social lending », ou « peer to peer lending », qui permettent à des particuliers de prêter de l’argent à d’autres particuliers.

J’avais été attiré par Prosper, qui me semblait une marketplace ouverte et dynamique, délivrant plus de statistiques que son concurrent Lending Club.

Rappelons quelques principes de base de Prosper: toute personne désirant emprunter de l’argent dépose un listing. Le montant demandé ne peut dépasser 25000$. Chaque emprunteur possède un rating, qui va de AA (excellent) à HR (High Risk). Le taux d’intérêt est maintenant fixé par prosper, selon le tableau suivant.

Comme tout bon modèle communautaire, l’emprunteur se décrit lui-même, la raison de son emprunt, et va parfois même jusqu’à ouvrir son modèle économique personnel: revenus et dépenses mensuels. Une preuve de plus que l’information est partout, et surabondante.

Prosper, comme la plupart des plateformes de ce type, a été fermé par la SEC entre novembre 2008 et juillet 2009. A sa réouverture9, les règles sont devenus plus drastiques, entraînant une baisse significative des défaillances.

En novembre 2012, Prosper représente une communauté de 1,5 million de membres qui a déjà fait circuler 424 millions de dollars. Cette somme est impressionnante, sachant la limite supérieur des prêts.

Encore plus intéressant: le taux de défaillance est inférieur à 4%. La transparence étant la base de la communauté, Prosper fournit des statistiques globales, mais aussi des éléments détaillés sur la performance et sur la défaillance.

Sur le plan marketing, Prosper propose une offre d’affiliation permettant à tout référent de gagner un peu d’argent. Sur le plan technique, Prosper publie des interfaces de programmation (API), qui permettent à des développeurs d’accéder directement à son système d’information. Notons que cette combinaison d’API ouverte et de programme d’affiliation devrait être la base de toute innovation ouverte, comme je l’ai expliqué ici.

Pour terminer sur la dynamique aux US des prêts en peer to peer, Kiva qui est dans l’entraide pure, sans taux d’intérêt, a fait circuler 370M$ avec un taux de défaillance de l’ordre de 1%, et le numéro un, LendingClub, vient de dépasser le milliard de dollars.

A l’époque de la fermeture de Prosper, beaucoup de critiques avaient prédit la fin de ce genre de modèle en peer to peer. Le pragmatisme et la dynamique d’innovation Américaine ont montré l’inverse.

 

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Le marché du social lending est dans la tourmente aux US…

En France, enfin, arrive le social lending (prêts d’argent entre particuliers): FriendsClear vient d’ouvrir ses portes, ou plutôt, son site web. Nous ne pouvons que nous en réjouir : ce nouveau type de business, qui met en relation les préteurs et les emprunteurs dans une place de marché, est un type de business nouveau qui semble avoir plein d’avantages: un modèle communautaire, la confiance qui s’installe, les statistiques qui sont publiées, les particuliers qui trouvent de l’argent là où les banques ne prêtes plus; bref la combinaison intelligente de la tontine et d’ebay.

Seulement voilà, le social lending aux Etats-Unis tourne à la catastrophe : Prosper rentre dans une « période tranquille« , ce qui a priori signifie l’absence de publicité, mais en fait Prosper n’accepte plus de listings, est en face d’une class action lawsuit pour « unregistered securities« ,  vient de payer une amende de 1 millions de dollars, et donc des questions se posent sur son existence; Zopa ferme aux US; Loanio, ouvert le 1er octobre 2008, vient de fermer; seul LendingClub résiste. Pourquoi ? C’est le seul à être en règle avec la SEC, le gendarme de la finance aux US…

Aux Etats-Unis, toute offre de prêt doit être enregistrée auprès de la SEC. De tous les sites, seul LendingClub a fait cet effort, après avoir été, lui aussi, dans une « période calme ». Les autres sites ont négligé le problème. Difficile de dire si c’est pour aller vite, si c’est volontaire, bref quelle en est la vraie raison.

Dans cette période de tourmente financière, on voit bien s’exprimer le tiraillement entre plus de réglementation ou plus de libre échange. Les banques étant devenues frileuses, le marché du social lending a tout pour devenir une alternative précieuse. A condition que la réglementation ne le tue pas, ce qui est tentant dans un monde où, surtout aux Etats-Unis, le manque d’une réglementation intelligente a montré les limites du système.

C’est une affaire à suivre de très près.

 

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Le « social lending »

Note : article écrit originalement dans le blog de commonbox.

Chaque jour, Internet et le Web2.0 nous apportent des innovations bien dérangeantes pour les entreprises bien traditionnellement installées.

Dans cette catégorie, un nouveau concept est apparu en 2005, et fait fureur : il s’agit des prêts entre particuliers, en peer to peer. L’idée est toute simple: pourquoi ne pas marier le meilleur du modèle d’ebay avec le schéma traditionnel de la tontine.

Ce n’est donc plus la banque qui prête, mais la communauté. Prenons comme exemple le premier site à avoir popularisé ce système, prosper. Un individu s’inscrit (il faut vivre aux Etats-Unis), donne ses références bancaires, puis demande un prêt, qui doit être inférieur à 25.000$, en proposant lui-même un taux d’intérêt. Ensuite, des membres de la communauté s’engagent à prêter une somme d’argent, qui est généralement modique (parce que les remboursements ne sont pas garantis). Trois cas de figure : le taux d’intérêt proposé est très élevé, il y aura plus d’argent que demandé, et seuls sont retenus les préteurs qui ont proposé des taux plus faibles; ou bien le taux est trop bas, et au bout de la période, le montant demandé n’est pas atteint, et l’emprunteur doit recommencer avec un taux plus élevé; ou bien le montant est couvert, et l’emprunteur a son argent, qu’il remboursera mois par mois.

Comme Prosper est un site communautaire, il publie ses statistiques sur les accidents de paiement. Ceux-ci sont inférieurs à ce que connaît une banque traditionnelle. Seul l’effet communautaire permet une telle confiance; c’est pour celà que le nom donné à ce type de prêts est le « social lending ».

La progression du social lending est intéressante, même s’il ne s’agit encore que de signaux faibles. Le marché US a fait circuler 118M$ en 2005, 269M$ en 2006, et près de 800M$ en 2007. Gageons que la crise du système bancaire risque d’accélérer le phénomène.

Une liste de sites de prêts couvrant le monde entier se trouve ici. Il faut noter que la France est « épargnée » par la réglementation sur les activités bancaires, qui protège l’ordre établi et, partant, bloque toute innovation.

 

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