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	<title>La rupture Internet &#187; Internet</title>
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	<description>La passion de Serge Soudoplatoff pour Internet</description>
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		<title>S&#8217;il fallait définir Internet en une phrase&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Mar 2012 09:11:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>serge</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[elevator pitch]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>

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		<description><![CDATA[Toute start-up sait qu&#8217;elle devra passer un jour un l&#8217;autre par le redoutable exercice de &#171;&#160;l&#8217;elevator pitch&#160;&#187;: expliquer sa raison d&#8217;être en quelques secondes. C&#8217;est un exercice difficile et passionnant, que celui de la synthèse. Il est plus facile de noyer le lecteur, l&#8217;auditeur, derrière une pléthore de mots, un fatras de concepts, un méli-mélo [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Toute start-up sait qu&#8217;elle devra passer un jour un l&#8217;autre par le redoutable exercice de &laquo;&nbsp;l&#8217;elevator pitch&nbsp;&raquo;: expliquer sa raison d&#8217;être en quelques secondes.</p>
<p>C&#8217;est un exercice difficile et passionnant, que celui de la synthèse. Il est plus facile de noyer le lecteur, l&#8217;auditeur, derrière une pléthore de mots, un fatras de concepts, un méli-mélo de phrases, une logorrhée infinie.</p>
<p>Être minimaliste et compréhensible est autrement plus difficile. Il faut éviter le piège de l&#8217;abscons, de l&#8217;abstrus, ou de l&#8217;absurde; Woody Allen qui disait &laquo;&nbsp;grâce à une méthode de lecture rapide, j&#8217;ai lu &laquo;&nbsp;Guerre et Paix&nbsp;&raquo; en un quart d&#8217;heure; ça parle de la Russie&nbsp;&raquo;. Raymond Devos qui chantait &laquo;&nbsp;Se coucher tard&#8230; Nuit&nbsp;&raquo;; et puis encore plus court &laquo;&nbsp;&#8230; Nuit&nbsp;&raquo; sol-do.<span id="more-2454"></span></p>
<p>On me pose parfois cette question : comment définir ce qu&#8217;est Internet en une phrase. Inutile de googéliser &laquo;&nbsp;Internet en une phrase&nbsp;&raquo;, on tombe très vite sur des conseils de drague. Googéliser &laquo;&nbsp;Définir Internet en une phrase&nbsp;&raquo; nous amène sur le site de futura-sciences, <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/definition/t/internet-2/d/internet_3983/" target="_blank">qui dit</a> <em>&laquo;&nbsp;Réseau informatique mondial constitué d&#8217;un ensemble de réseaux nationaux, régionaux et privés qui sont reliés par le protocole de communication TCP/IP et qui coopèrent dans le but d&#8217;offrir une interface unique à leurs utilisateurs</em>&nbsp;&raquo; . Cette définition est purement dans le champ technologique, et ne rend pas compte de l&#8217;impact qu&#8217;a Internet sur la relation au savoir, la relation aux autres.</p>
<p>Reprenons l&#8217;idée que nous rentrons dans <a href="http://owni.fr/2011/02/19/la-societe-de-l%E2%80%99interaction-et-de-la-complexite/" target="_blank">la société de l&#8217;interaction et de la complexité</a>. Dans un tel schéma, il est de plus en plus difficile pour une seule personne d&#8217;être sur l&#8217;intégralité des flux informationnels et décisionnels. Le modèle hiérarchique, qui n&#8217;existe que si chaque nœud analyse tous les flux informationnels venant de ses sous-branches, est alors mis à mal. D&#8217;où le fameux syndrome &laquo;&nbsp;j&#8217;ai trop d&#8217;emails&nbsp;&raquo;. Oui, mais peut-on se plaindre d&#8217;avoir trop d&#8217;email tout en voulant contrôler tous ce qui se passe sous le nœud?</p>
<p>Une solution simple consiste à prendre son temps. Cette méthode, <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/gerard-blondel-delegue-syndical-central-cfe-cgc-de-renault-notre-intranet-contribue-a-isoler-les-salaries-39367621.htm" target="_blank">prônée par un syndicaliste célèbre</a>, a comme conséquence l&#8217;allongement inexorable du temps mis à décider, conduisant directement à ce qui se nomme &laquo;&nbsp;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Thrashing_%28computer_science%29" target="_blank">le trashing</a>&nbsp;&raquo; en informatique, à savoir que plus aucun traitement n&#8217;est effectué. En français, on nomme ce phénomène la procrastination.</p>
<p>La bonne méthode, <a href="http://blog.almatropie.org/2009/12/lentreprise-2-0-ou-la-completude-du-modele-lippi/" target="_blank">que l&#8217;on trouve appliquée chez Lippi</a> par exemple, consiste à laisser faire en mode peer to peer tout ce qui peux l&#8217;être, et à remplacer l&#8217;email par un mur informationnel, soit un twitter privé, soit un <a href="http://status.net/open-source" target="_blank">statusnet</a> installé sur un Intranet, méthode que je préconise.</p>
<p>Nous sommes en présence d&#8217;une reconfiguration de l&#8217;entreprise en mode collaboratif; ce que des sociologues ont nommé &laquo;&nbsp;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence_collective_sur_internet" target="_blank">l&#8217;intelligence collective</a>&nbsp;&raquo; , dont Internet est le support indispensable. Mais il n&#8217;y a pas que l&#8217;entreprise, Wikipedia, qui est pour moi <a href="http://blog.almatropie.org/2009/03/les-ruptures-de-wikipedia/" target="_blank">la plus belle aventure de l&#8217;Internet</a>, est une instance de la fameuse <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Noosph%C3%A8re" target="_blank">noosphère</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous pourrions alors proposer la phrase suivante: &laquo;&nbsp;Internet est ce qui permet de passer d&#8217;une somme d&#8217;intelligences individuelles à une intelligence collective&nbsp;&raquo;.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les systémiciens le savent, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pens%C3%A9e_complexe" target="_blank">&laquo;&nbsp;le tout est moins que la somme des parties, mais le tout est plus que la somme des parties</a>&nbsp;&raquo; . Une somme d&#8217;intelligences individuelles ne fait pas une intelligence collective.</p>
<p>Dans un championnat du monde d&#8217;athlétisme, les coureuses américaines du quatre fois cent mètres étaient plus rapides que les françaises. Mais ce sont les françaises qui ont gagné, parce que le passage du témoin était plus efficace. Ce qui fait gagner cette course n&#8217;est pas la vitesse des coureurs, mais la vitesse du bâton.</p>
<p>Dans un monde complexe, les problèmes se situent alors aux interfaces. Considérons par exemple un système fait d&#8217;une start-up parisienne, et de l&#8217;administration française. L&#8217;administration interagit avec la start-up de manière positive, avec par exemple OSEO, mais aussi de manière négative, avec par exemple l&#8217;arrogance de l&#8217;URSSAF qui a le pouvoir de la tuer. Si l&#8217;URSSAF et OSEO collaboraient, l&#8217;interface entre l&#8217;administration et la start-up serait plus efficace. Mais ces deux administrations, qui sont pourtant composées d&#8217;individus brillants et supérieurement intelligents, ne se passent pas le témoin.</p>
<p>Les modèles gagnants dans un monde complexes sont les modèles coopératifs. A quoi sert un grand chercheur s&#8217;il n&#8217;a pas toute une équipe avec lui ? Le système scolaire français fabrique de très grands chercheurs, mais pourquoi certains <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fuite_des_cerveaux#France" target="_blank">vont-ils à l&#8217;étranger</a>, si ce n&#8217;est pour y trouver des équipes ?</p>
<p>Dans ce débat électoral actuel, non seulement il n&#8217;y a rien sur le numérique comme facteur structurant de la société, mais en plus il n&#8217;y a rien sur la création collective de valeur. Contrairement à ce qui nous est asséné régulièrement, les fondamentaux français, qui ne comprennent pas grand chose de l&#8217;ordre du collectif, ne sont pas bons. Nous ne parlons que consommation, et pas production. Pourtant, le fameux &laquo;&nbsp;made in France&nbsp;&raquo; cher à tous nos candidats nécessite de mettre en marche un appareil productif efficace, donc basé sur le collectif.</p>
<p>A moins que le futur président n&#8217;applique les principes de l&#8217;intelligence collective (et pas collectiviste), et donc qu&#8217;il construise sa société en se basant sur Internet et le numérique, nous pouvons nous attendre à une crise très violente dans les années à venir.</p>
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		<title>Business model de l&#8217;Internet:  des moments noirs à venir ?</title>
		<link>http://blog.almatropie.org/2011/01/business-model-de-linternet-des-moments-noirs-a-venir/</link>
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		<pubDate>Sun, 23 Jan 2011 12:18:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>serge</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[neutralité]]></category>
		<category><![CDATA[opérateurs]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous avons de la chance en France, d&#8217;avoir Free, qui a forcé les opérateurs de télécommunications traditionnels à adopter des modèles tarifaires forfaitaires, non basés sur l&#8217;usage. Pour comprendre comment cela est possible, il faut rappeler l&#8217;un des papiers fondateurs de l&#8217;Internet, si ce n&#8217;est le premier, publié en 1961 par Leonard Kleinrock, &#171;&#160;Information flow [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous avons de la chance en France, d&#8217;avoir Free, qui a forcé les opérateurs de télécommunications traditionnels à adopter des modèles tarifaires forfaitaires, non basés sur l&#8217;usage.</p>
<p>Pour comprendre comment cela est possible, il faut rappeler l&#8217;un des papiers fondateurs de l&#8217;Internet, si ce n&#8217;est le premier, publié en 1961 par Leonard Kleinrock, &laquo;&nbsp;<a href="http://www.lk.cs.ucla.edu/LK/Bib/REPORT/PhD/">Information flow in Large Communication Network</a>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Kleinrock s&#8217;intéressait à un problème simple : quel est le meilleur protocole pour faire communiquer deux ordinateurs entre eux. Après avoir étudié les protocoles des opérateurs de télécommunication, il a conclu que ce n&#8217;était pas un bon paradigme, et sa thèse a porté sur le choix du paquet plutôt que de la commutation.<span id="more-1853"></span></p>
<p>Pour dire les choses simplement, les protocoles des opérateurs de télécommunication sont basés sur le paradigme du train: la voie est ouverte et réservée, donc le train passera sans encombre. C&#8217;est la même chose avec le téléphone traditionnel : même s&#8217;il n&#8217;y a pas de voix sur la voie, celle-ci est réservée. A l&#8217;inverse, le protocole par paquet est basé sur le paradigme du camion: les messages sont mis dans des paquets qui sont mis dans des camions qui empruntent soit la route, soit l&#8217;autoroute, etc.</p>
<p>On voit tout de suite l&#8217;importance du choix. Les protocoles de télécommunication sont basés sur une économie de la rareté: lorsque le nombre de communications atteint le nombre de canaux d&#8217;une antenne 3G, alors plus aucune communication supplémentaire ne passe, sauf à &laquo;&nbsp;virer&nbsp;&raquo; l&#8217;une des communications (ce que, semble-t-il, les opérateurs 3G font, sans franchement en faire de la publicité; cela se nomme &laquo;&nbsp;les classes de service&nbsp;&raquo;). A l&#8217;inverse, le protocole par paquet est basé sur une économie d&#8217;abondance: jamais on ne refusera l&#8217;accès à l&#8217;autoroute sous pretexte qu&#8217;il y a trop de voitures. Tout au plus, le gestionnaire fera de la régulation de traffic. C&#8217;est la même chose dans le monde internet, jamais des paquets sont refusés, sauf à vraiment atteindre la saturation absolue. Heureusement, jusqu&#8217;à présent, toutes les prédictions d&#8217;effondrement du réseau se sont révélées fausses. <a href="http://blog.almatropie.org/2009/01/nkm/">On le sait aussi dans l&#8217;économie du disque</a>, le MP3 est dans une logique d&#8217;économie de l&#8217;abondance, alors que le disque est dans une logique d&#8217;économie de la rareté.</p>
<p>Le propre d&#8217;une économie de la rareté est de fournir de la très haute qualité, ce que les opérateurs nomment &laquo;&nbsp;la qualité totale&nbsp;&raquo;; son inconvénient est d&#8217;être très chère de manière indifférenciée. Le propre de l&#8217;économie d&#8217;abondance est d&#8217;être efficace. Elle rationalise l&#8217;usage des moyens, elle profite de coûts de duplication faible. Son inconvénient est qu&#8217;elle privilégie le concept de &laquo;&nbsp;best effort&nbsp;&raquo; au détriment d&#8217;une garantie de service. La structure même de l&#8217;Internet, qui est &laquo;&nbsp;un réseau de réseau&nbsp;&raquo; et pas un réseau unique, est basé sur un jeu de légo. Des entreprises font des routeurs, d&#8217;autres des navigateurs, d&#8217;autres des moteurs de recherche, d&#8217;autres des réseaux sociaux, et tout ceci concoure à une économie à faible coût, chacun restant dans son domaine. Toute tentative de gérer l&#8217;ensemble des services de l&#8217;Internet s&#8217;est d&#8217;ailleurs soldée par un échec: AOL Time-Warner, VivendiUniversal, sont autant de rêves mégalos qui n&#8217;ont abouti qu&#8217;à des dépenses inutiles.</p>
<p>L&#8217;impact du modèle économique sur les usages est fondamental. Prenons l&#8217;exemple du stockage : à moins de 50 euros &laquo;&nbsp;street price&nbsp;&raquo; le tera octet, le coût de stockage d&#8217;un fichier est ridiculement faible, donc sa duplication ne pose aucun problème. Google, en créant gmail, a fait le pari de l&#8217;abondance, alors que les directions informatiques des grandes entreprises sont toujours dans une logique de rareté. Résultat : il vaut mieux avoir gmail qu&#8217;un email professionnel, on ne perd pas de temps à ranger et archiver. Prenons la bande passante : avec des offres forfaitaires illimitées, les fournisseurs d&#8217;accès sont dans une logique d&#8217;abondance; alors qu&#8217;en faisant payer les directions informatiques au volume, elles sont dans une logique de rareté. Résultat : il faut être chez soi plutôt qu&#8217;au travail pour voir des vidéos indispensables dans le cadre professionnel, ce qui est contraire au code du travail. Bref, ne nous étonnons pas si la France est un gros consommateur d&#8217;antidépresseurs.</p>
<p>Regardons maintenant la situation mondiale des fournisseurs d&#8217;accès. Nous avons la chance, en France, d&#8217;avoir Free. Sans Free, nous n&#8217;aurions pas d&#8217;offre triple play forfaitaire, avec des communications téléphoniques illimités vers les fixes et les mobiles de 120 pays. Est-ce la cas partout ? Non.</p>
<p>En Australie, par exemple, aucun des grands ISP n&#8217;a d&#8217;offre illimité. <a href="http://go.bigpond.com/broadband/?ref=Net-Head-Int-Plans-Broadband">Telstra</a>, par exemple, limite l&#8217;usage, et lorsque cette limite est atteinte, baisse dramatiquement la bande passante. C&#8217;est le cas pour <a href="http://broadbandguide.com.au/broadband-bundle">la grande majorité des ISP en Australie</a>, avec des limites entre 2 et 200G par mois. A l&#8217;inverse, aux états-unis, <a href="http://www.ispcompared.com/broadband.htm">la guerre fait rage sur la baisse des prix</a>, qui sont en ce moment entre 20 et 50 dollars par mois en illimité. <a href="http://www.ispreview.co.uk/isp_list/ISP_List_Fixed_Line_Broadband.php">En Angleterre</a>, la situation ressemble à celle de l&#8217;Australie, avec d&#8217;une côté des opérateurs de télécommunication qui limitent l&#8217;usage, et de l&#8217;autre des nouveaux entrants qui offrent de l’illimité. En Allemagne, l&#8217;opérateur historique, T-Mobile, propose des package illimité pour 35 euros par mois, avec possibilité de migrer vers le VDSL.</p>
<p>Maintenant, regardons ce qui se passe dans le mobile. En France, nous avons, sur le territoire, des offres en data illimitées. Même s&#8217;il faut faire attention lorsque l&#8217;on franchit les frontières, car le prix va jusqu’à 10 euros par Mega octet, en fonction de règles qui sont totalement absconses, lorsqu&#8217;on reste bien franchouillard, il est possible de surfer de manière quasi illimité. Que va faire free en terme de modèle tarifaire lorsqu&#8217;il installera son service? Va-t-il nous proposer des illimités dans le monde entier ou presque à bas prix ? Ou bien va-t-il se mettre dans une logique économique de rareté et facturer à l&#8217;usage ?</p>
<p>J&#8217;ai coutume de dire que l&#8217;économie de l&#8217;Internet suit, avec une dizaine d&#8217;années de retard, celle du transport aérien. Or, les compagnies low cost, qui ont des points communs avec la logique de free, ont toutes décidée, il y a quelques années, de faire payer les services un par un : le nombre de bagages, la priorité aux comptoirs, les kilogrammes, jusqu&#8217;à tester l&#8217;idée, émise par le PDG de Ryanair, de <a href="http://www.businesstravel.fr/201004074494/newsflashes/newsflash/ryanair-va-faire-payer-les-toilettes-a-bord.html">faire payer les toilettes</a>, voire de faire payer pour un vrai siège, <a href="http://www.ryanair.com/fr/nouvelles/passagers-de-voter-au-sujet-des-voyages-debout">les autres étant debout</a>. On le voit bien, la tentation est grande de revenir à une tarification à l&#8217;acte.</p>
<p>Cela peux-t-il se passer dans le monde de l&#8217;Internet ? J&#8217;en ai bien peur. Les fournisseurs d&#8217;accès en mobile commencent à parler d&#8217;abandonner le forfait pour aller à une tarification en fonction des données consommées. Les trois opérateurs français actuels, pour lesquels le mobile représente le revenu le plus important, ne pourront plus laisser faire un nouvel entrant avec d&#8217;autres logiques plus efficaces. Si Free arrive avec des offres forfaitaires en mobile, alors il n&#8217;y aura plus aucun gisement de revenus pour les trois autres, situation aggravée si la migration des clients est conséquente. France Telecom, qui a encore un nombre de salariés impressionnant, dont beaucoup de fonctionnaires difficilement transférables ailleurs, sera le plus touché. Etant en plus fortement syndicalisé, il est probable que 2013 verra des manifestations violentes de SUD et de la CGT, une version moderne de la révolte des canuts. Il n&#8217;est pas facile de prédire comment le gouvernement, quel qu&#8217;il soit, réagira; mais il est sûr que les caisses de l&#8217;état, déjà très basses, ne permettront pas un modèle à la Bull; et donc France telecom sera abandonné, sauf à avoir un gouvernement communiste dans son esprit, ce qui, hélas n&#8217;est pas impossible. Il ne restera donc que la solution d&#8217;une entente entre Free et les trois autres, sur des accords de roaming sympathiques par exemple; la tentation sera alors grande pour Free de faire payer l&#8217;Internet mobile à l&#8217;usage. De plus, étant capable de rationaliser ses coûts, entre autre par l&#8217;utilisation d&#8217;antennes 3G sur les freebox, Free aura une marge nettement supérieure aux autres opérateurs. Ça ne se refuse pas&#8230;</p>
<p>Et alors, si l&#8217;internet mobile devient au paiement à la durée, quid du fixe ??? La tentation est grande de faire payer au volume, avec une première étape de limite supérieure, comme cela se pratique dans certains pays, comme on l&#8217;a vu.</p>
<p>Nous allons vivre quelques moments noirs. Les modèles économiques traditionnels risquent de revenir en force. Il faudra alors lutter, et trouver des solutions alternatives, par exemple des coopératives Télécom, comme ce qui se pratique à <a href="http://www.onsnetnuenen.nl/">Nuenen</a> en Hollande, au <a href="http://www.cooptel.qc.ca/fr-cooptel-historique.php">Canada</a>, ou bien ce que fait notre ami Billaut-San à <a href="http://billaut.typepad.com/jm/2010/07/la-fibre-%C3%A0-villiers-le-mahieu-int%C3%A9ressante-r%C3%A9union-hier-6-juillet-2010-%C3%A0-la-mairie.html">Villiers le Mahieu</a>.</p>
<p>Je crois au modèle des coopératives télécom, pour contrebalancer les modèles économiques des opérateurs. Mais alors, que feront les ARCEP du monde entier ? Que décideront les politiques ??? Ceci est la clé. Les réseaux sont vraiment un acte politique de gestion du territoire.</p>
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		<title>Les liaisons numériques dangereuses</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Nov 2010 21:40:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>serge</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[danger]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsque je suis sollicité pour faire des conférences sur les ruptures induites par Internet, il arrive que l&#8217;on me demande de parler des dangers de l&#8217;Internet. Cela avait commencé il y a quelques années, lorsque j&#8217;avais été demandé sur ce sujet dans une émission de télévision semble-t-il connue, animée par Delarue, &#171;&#160;ça se discute&#160;&#187;. J&#8217;avais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque je suis sollicité pour faire des conférences sur les ruptures induites par Internet, il arrive que l&#8217;on me demande de parler des dangers de l&#8217;Internet.</p>
<p>Cela avait commencé il y a quelques années, lorsque j&#8217;avais été demandé sur ce sujet dans une émission de télévision semble-t-il connue, animée par Delarue, &laquo;&nbsp;ça se discute&nbsp;&raquo;. J&#8217;avais alors répondu que ce sujet n&#8217;était pas très intéressant en tant que tel, et que, paraphrasant mon ami André-Yves Portnoff, le seul grand danger de l&#8217;Internet est de ne pas y aller.</p>
<p>Cette émission fût d&#8217;ailleurs bizarre: une collection hétéroclite de &laquo;&nbsp;drames&nbsp;&raquo; humains. Une femme qui montrait ses seins devant une webcam; une mère dont l&#8217;enfant passait 17 heures par jour à jouer en réseau; une enseignante qui quintuplait son salaire en se prostituant luxueusement (le lien avec l&#8217;émission ? elle trouvait ses clients grâce à Internet&#8230;); une femme qui avait découvert l&#8217;âme sœur sur Meetic, et qui au bout de trois mois d&#8217;échanges d&#8217;emails passionnés, passe enfin deux heures folles à partager physiquement, les yeux bandés, avec son amant virtuel devenu réel pour découvrir au bout de ces deux heures que c&#8217;était une autre femme&#8230; Bref, la vie telle qu&#8217;elle existe depuis longtemps. J&#8217;avais d&#8217;ailleurs rappelé que, par exemple, les emails amoureux n&#8217;étaient que de pales copies des <a href="http://5ko.free.fr/fr/sand.html">échanges entre Georges Sand et Alfred de Musset</a>, ce qui avait engendré dans les yeux de Delarue un moment de découragement (&laquo;&nbsp;eh bien, elle est intellectuelle cette émission&nbsp;&raquo;, s&#8217;était-il exclamé&#8230;).</p>
<p>Il faut rappeler un fondamental: Internet est un média neutre. Dans sa construction même, il avait été décidé de ne mettre aucune intelligence dans le réseau, et de reporter cette intelligence aux extrémités. La pensée originale, à savoir le peer to peer, avait imposé un schéma dans lequel le réseau routait avec égalité tous les paquets et ne s&#8217;intéressait pas à leurs contenus. Cette fameuse &laquo;&nbsp;neutralité du net&nbsp;&raquo;, qui fait débat actuellement, était l&#8217;antithèse des réseaux des opérateurs de télécommunication, qui encore aujourd&#8217;hui implémentent le concept de classe de service, c&#8217;est à dire de priorité des communications les unes par rapport aux autres. La qualité totale sur laquelle sont bâtis les réseaux de télécommunication classiques impose effectivement une logique de rareté, à savoir que la ligne est ouverte et réservée même si rien ne passe dessus, logique de rareté qui impose de faire des priorités. Internet, à l&#8217;inverse, est basé sur le principe d&#8217;abondance, et donc de partage égalitaire.</p>
<p>Donc, Internet transporte indifféremment ce qu&#8217;on lui injecte. La beauté passera dans le réseau sans aucune priorité sur la laideur. L&#8217;intelligence et la bêtise y sont  transportés de manière équivalente. Où se fait alors le filtre ? Aux extrémités. Ceci est vrai pour la technologie, mais aussi pour l&#8217;usage. C&#8217;est à l&#8217;utilisateur de faire la différence entre le bien et le mal. Celui qui s&#8217;intéresse au conflit du golfe par exemple n&#8217;a aucun problème à ouvrir à la fois CNN, al jazeera, et un forum de discussion, et à se faire sa propre idée.</p>
<p>Une conséquence directe est cette proposition qu&#8217;Internet rend évidente : beaucoup de vérités sont contextuelles.</p>
<p>Une autre conséquence est rassurante : le réseau contient aussi l&#8217;antidote. Lors de l&#8217;émission de Delarue, le vrai drame était une femme dont la fille s&#8217;était pendue après avoir surfé sur des sites gothiques. J&#8217;ai respecté en direct ce cas, mais j&#8217;ai eu une discussion à la suite avec la mère, qui au début en voulait à Internet, pour à la fin me dire qu&#8217;elle s&#8217;en était sorti en fondant une association de parents, et qu&#8217;elle avait créé des liens avec d&#8217;autres associations dans le monde, grâce, bien sûr, à Internet.</p>
<p>Alors, quels sont les dangers de l&#8217;Internet ? J&#8217;en vois trois principaux.</p>
<p>Le premier est effectivement de ne pas y aller, d&#8217;ignorer le phénomène. De faire comme si Internet était une simple technologie, qui ne remet pas en cause certains fondamentaux. De ne se contenter que de l&#8217;email par exemple.</p>
<p>Le deuxième est de s&#8217;y opposer. Déclarer que wikipedia est de mauvaise qualité, comme une de mes étudiantes me l&#8217;avait affirmé (cf. <a href="http://blog.almatropie.org/2009/03/les-ruptures-de-wikipedia/">ma réponse ici</a>). Déclarer que &laquo;&nbsp;dans Internet, il n&#8217;y a que des emmerdeurs&nbsp;&raquo;, comme me l&#8217;avait dit en 2006 un directeur marketing d&#8217;une entreprise du CAC40. Sans parler des lois sur le filtrage qui ne sont pas seulement l&#8217;apanage de la France, même si nous sommes, pour une fois, plutôt en pointe sur ce sujet, hélas.</p>
<p>Le troisième est de ne pas se transformer. Pour aborder Internet et en tirer le meilleur, il faut déjà se former. Les élèves des écoles devraient être formés, non pas aux dangers de l&#8217;Internet, mais à son mode d&#8217;emploi. Les salariés des entreprises devraient tous avoir des cycles de formation au numérique, à l&#8217;instar de <a href="http://blog.almatropie.org/2009/12/lentreprise-2-0-ou-la-completude-du-modele-lippi/">ce que fait Lippi</a>. Puis il faut se changer, au niveau individuel mais aussi au niveau collectif. Les entreprises et les administrations doivent se mettre en mode 2.0, et tant pis si ce concept est flou, au moins il force à réfléchir. Internet s&#8217;est construit sur la base de consensus grossier, sans planification. Le résultat est deux milliards d&#8217;individus interconnectés en moins de vingt ans.</p>
<p>A part ces trois dangers, je ne vois pas d&#8217;autre réelle menace différente de ce que la vie nous réserve, lorsqu&#8217;elle est cruelle et brutale. Simplement, Internet est un extraordinaire amplificateur des sentiments humains, bons ou mauvais, et c&#8217;est cela qu&#8217;il faut, avant tout, retenir.</p>
<p>Internet, parce qu&#8217;il met en commun une intelligence qui se situe aux extrémités, est le contraire du pouvoir central qui &laquo;&nbsp;pense&nbsp;&raquo; à la place des autres. Internet, quelque part, favorise plus une éthique que la morale.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas l&#8217;attitude la plus facile. Mais, pour paraphraser un moment important du film &laquo;&nbsp;<a href="http://www.dailymotion.com/video/xhcbe_himalaya-lenfance-dun-chef">Himalaya, l&#8217;enfance d&#8217;un chef</a>&nbsp;&raquo; : &laquo;&nbsp;Lorsque deux chemins se présentent à toi, choisis toujours le plus difficile&nbsp;&raquo;. C&#8217;est sur ces chemins que l&#8217;on apprend le plus.</p>
<p>Les chemins de l&#8217;Internet sont complexes, profitons-en.</p>
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		<title>Sur les voies du patrimoine</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Feb 2008 11:30:27 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[L&#8217;excellent livre de Brigitte Munier Temime, &#171;&#160;Sur les voies du patrimoine, entre culture et politique&#160;&#187;, va sortir aux éditions de l&#8217;harmattan. J&#8217;y ai commis un article sur &#171;&#160;Chemins d&#8217;Alexandrie à Wikipedia&#160;&#187;. [amtap amazon:asin=2296047556] &#160;]]></description>
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<p><a href="http://blog.almatropie.org/wordpress/../_img_/2008/04/patri.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-35" title="Sur les voies du patrimoine" src="http://blog.almatropie.org/wordpress/../_img_/2008/04/patri.jpg" alt="" width="335" height="535" /></a></p>
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