Messages étiquettés femtocell

Les femtocell, encore et toujours…

Le 7 octobre 2008, j’écrivais que les femtocell étaient une révolution technologique qui allaient avoir un impact fondamental pour les opérateurs de télécommunication. Entre autre, j’expliquais que le combinaison de cette technologie avec un modèle économique communautaire, comme celui promus par FON, était une rupture potentielle inimaginable. Très probablement, elle allait déstabiliser les opérateurs de télécommunication, du moins ceux qui refusaient de comprendre que le modèle économique allait devoir changer.

Déjà, l’iPhone a permis de promouvoir les accès data illimités, enfin, tant qu’on reste en France. A l’étranger, le modèle de base d’Orange à 10 euros le mega-octet est proprement injurieux.

A la mi-juin, ce rêve est proche de devenir réalité, grâce à Bewan, qui a lancé sa femtocell, nommé la iBox. Elle est destinée aux ISP, mais à ce jour, aucun ne l’a annoncé. Orange semble s’intéresser au marché des PME, SFR du grand public.

Mais rappelons nous que la technologie ne suffit pas: l’important est le modèle économique qui la sous-tend.

Or, les opérateurs de télécommunication ne sont pas très innovants en ce qui concerne les modèles économiques. J’ai déjà eu l’occasion de présenter ma vision de modèles économiques en peer to peer, qui sont pour moi ce qui va être le modèle prédominant du futur. Si les opérateurs nous installent des femtocell, mais dans le seul but de mailler le territoire en se servant de leurs clients, alors ils courent à l’échec. Quel sera l’intérêt du particulier d’installer ce routeur qui ne lui servira à rien ?

En revanche, si un opérateur propose des modèles économiques en peer to peer, avec échange de bande passante, alors le particulier y trouvera son intérêt. A proximité d’une femtocell de son opérateur, il pourra alors bénéficier de sa bande passante, qui sera encore plus importante lorsque la fibre optique sera installée (rappelons, s’il en est besoin, que le A de ADSL signifie asymétrie…).

Alors, à quand la quatrième licence ???? Il est grand temps de comprendre que l’économie a besoin, entre autres, de communication à bas coût pour repartir.

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Message ouvert pour Madame Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à la prospective et au développement de l’économie numérique

« Le téléchargement illégal fait mal, ça détruit »

Madame le Ministre,

si c’est ainsi que vous commencez votre travail, je suis très inquiet.

Sans faire un cours d’économie, je dirais simplement la chose suivante: l’économie de l’immatériel est une économie d’abondance, alors que l’économie matérielle est une économie de rareté. Lorsqu’on partage un bien matériel, il se divise. Lorsqu’on partage un bien immatériel, il se multiplie. Les règles économiques qui gèrent la vente de pizza ne sont absolument pas les mêmes que les règles économiques qui gèrent la vente de la musique. J’ai déjà expliqué cela dans un ouvrage écrit en 2004 et paru aux éditions du Pommier.

Internet porte les valeurs de l’économie de l’abondance. Or, tout le jeu actuel de l’industrie du contenu (musique comme film) est de nier ce fait, et de retourner le plus possible à une économie de rareté, par exemple avec les DRM (stupidité qui est actuellement en train d’être abandonnée…) ou bien en infligeant de lourdes amendes à des « pirates » qui ont mis à disposition du contenu.

Madame le Ministre, avez-vous lu l’excellente analyse de Roberto di Cosmo en 2006, qui montrait que le modèle économique nouveau de l’Internet apportait plus d’argent au créateur que le modèle ancien ? Avez-vous regardé des sites comme Sellaband, qui sont des modèles en peer to peer où des passionnés investissent dans des créateurs  pour leur permettre de lancer un CD ? Avez-vous lu cet article paru en 2002 dans le New York Times, écrit par Kevin Kelly, un des deux fondateurs de Wired magazine, qui montrait déjà le déplacement de la valeur dans l’industrie de la musique ?

Madame le Ministre, savez-vous ce qui va se passer si l’on continue de protéger les retardataires qui refusent de comprendre que le monde change ? C’est très simple, l’industrie du contenu va mourir, parce que toute protection empêche une industrie de se transformer en innovant. Et comment va-t-elle mourir ? Par assèchement de son catalogue. L’objectif numéro un d’un créateur moderne est de se faire connaître, et justement Internet le permet, en favorisant la transmission rapide de sa musique. Une excellente étude de 2003 publiée par la Sloan School a montré qu’Internet, au travers de l’effet « longue traine » (effet pas toujours très bien compris) avait apporté 500 millions de dollars supplémentaires à l’industrie du livre, uniquement en vendant des livres peu connus. Si elle ne pense pas la modernité, l’industrie traditionnelle du contenu va peu à peu réduire son catalogue à un mélange d’artistes vieillissants et de « Star Academy ». Ce n’est pas très palpitant…

Maintenant, deuxième point : quels sont les vrais problèmes ? Madame le Ministre, je ne me permettrai en aucun cas de faire votre métier, je me contenterai de trois simples réflexions.

En premier lieu, je citerais le problème du très haut débit. L’ADSL est une absurdité, pas seulement à cause de son débit ridicule, mais à cause de son « A ». Peu de personnes en connaissent sa signification : « Asymétrique ». car l’ADSL a été inventé par des ingénieurs des Télécommunications, qui ont raisonné en terme de vidéo à la demande. Ils ont donc privilégié le download, au prix d’un upload à très bas débit (entre 512kb/s et  1Mb/s). Ils ont raisonné culturellement en pensant un monde où les relations sont verticales; ce monde ancien que, justement, l’industrie du contenu veut maintenir.

Seulement, Madame le Ministre, Internet n’est pas la télévision, Internet est une technologie de pair à pair, horizontale. A partir de là, le citoyen veut uploader son contenu, que ce soit sur youtube, dailymotion, flickr, ou bien tout simplement pour envoyer ses photos à ses amis, à sa famille. Pourquoi diantre obérer ainsi l’upload ? Il faut donc du très haut débit symétrique. La solution existe, elle a déjà été déployée ailleurs, la fibre optique. D’autres hommes politiques ont eu le courage de construire des routes, des autoroutes, des chemins de fer. Il faut avoir le courage aujourd’hui de construire un véritable réseau en fibre optique (oserais-je rappeler ce qui est arrivé à Tours, à Orléans, qui par conformisme ont refusé le train???), et là se situe fondamentalement le rôle de l’état.

Continuons sur les grands chantiers: la mobilité est en retard en terme d’usage. Pourquoi? Essentiellement le modèle économique outrancier des opérateurs de télécommunication (savez-vous que, dès que vous surfez en dehors de la France, il vous est facturé entre 5 et 10 euros par mega-octet transféré ??? Ce n’est pas comme ça que nous aiderons nos PME à aller vendre à l’étranger…). Un quatrième opérateur, qui viendrait avec une culture Internet, des modèles économiques en pair à pair, qui aiderait par exemple à installer des Femtocells partout, cela ferait un grand bien, cela permettrait véritablement de donner les conditions d’un nouvel élan économique, au travers de l’explosion des usages en mobilité.

Autre exemple, il faut moderniser l’image des métiers de l’Internet. La DUI a lancé le portail des métiers de l’Internet, dont la deuxième version va sortir prochainement. Il est surprenant de constater que, pour beaucoup de personnes, travailler dans l’Internet signifie être assimilé à un Geek, un « nolife », bref, à quelqu’un de perdu. C’est du gâchis. Lorsque j’ai créé en 2000 ma première start-up, et je me suis aperçu, en allant ouvrir la filiale Américaine dans la Silicon Valley, que la technologie française était extraordinairement considérée. Il ne faudrait pas que nos compétences naturelles se perdent, il faut favoriser l’enseignement de l’Internet dans l’enseignement supérieur, dans ses dimensions technologiques, économiques, sociales, comme je l’ai déjà exprimé ici.

Madame le Ministre, vous savez que ce n’est pas par la consommation que nous nous sortirons de la crise, mais par la production intelligente et la valorisation de tous nos savoirs-faire. La première mission que les Français attendent de votre administration ne serait-elle pas de faire en sorte, par tous les moyens, qu’Internet soit le vecteur de transformation, et qu’il aide les entreprises à innover, et les citoyens à participer? Si la complexité chère à l’administration de notre pays vous empêche d’en avoir tous les moyens, auriez-vous au moins la rage de convaincre  les autres administrations qu’il faut travailler autrement? Car, Madame le Ministre, Internet n’est plus le monde du « OU », mais celui du « ET ».

Le monde évolue et devient un lieu d’échange en pair à pair. Aux modèles économiques verticaux classiques de l’industrie, Internet supporte la transformation vers un modèle horizontal, de place de marché. C’est là que se situe le rôle principal de l’État: faire en sorte que cette place de marché soit porteuse de nombreuses interactions. L’État se doit de fluidifier les échanges, votre administration se doit d’y contribuer, en apportant aux entreprises et aux citoyens la meilleure infrastructure au meilleur coût. Les services y viendront par eux-même.

Madame le Ministre, laissons-donc les vieux modèles économiques mourir de leur belle mort, et construisons tous le futur, un futur qui sera supporté par un réseau à très haut débit symétrique.

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La révolution des FemtoCell et la quatrième licence

Dans un article accordé au Point le 3 septembre, Xavier Niel, fondateur d’Iliad, a déclaré pouvoir diviser par deux la facture de téléphonie mobile des Français. Intéressant, mais sa réponse est très floue sur la question du comment… Et moi, je me demande si Xavier Niel n’a pas en tête les Femtocell…

Qu’est-ce qu’une Femtocell ? C’est comme un routeur wifi, sauf que l’antenne wifi est une antenne 3G (cf Wikipedia en Anglais). Donc c’est un device qui reçoit Internet d’un côté, et délivre du 3G de l’autre.

Pourquoi est-ce une rupture potentielle ? Rappelons quelques principes de base :

1) le spectre des fréquences est très encadré par les états, on ne peut pas émettre comme ça, il faut des autorisations. D’où les fameuses licences 3G accordées avec parcimonie (pourquoi Grand Dieu ??? Impénétrables sont les décisions de l’administration, surtout dans un monde en peer to peer…)

2) Le génie du Wifi est d’avoir utilisé une fréquence libre, celle du four à micro-onde (avec au passage un effet secondaire peu connu: dès qu’il pleut, ou que les feuilles des arbres poussent, le signal wifi se dégrade). Le problème du Wifi est la limite des puissances, donc des portées. Le deuxième problème est la faiblesse du nombre de PDA qui se connectent en Wifi.

3) Les opérateurs de télécom sont encore dans des vieux schémas : ils offrent des services à leurs clients dans une pure relation verticale, mais ne font rien pour faire circuler de la valeur en horizontal entre leurs clients. Dommage pourtant, c’est là qu’elle se déplace…

4) pourtant, des modèles alternatifs de partage de bande passante en peer to peer entre les clients existent. Fon est est un exemple magnifique ! Seulement, il n’y a, hélas, en 2008, pas beaucoup d’abonnés à Fon… Car, entre autres, il faut avoir un terminal PDA wifi pour appeler…

On voit la boucle commencer à se boucler: imaginons que Free (ou un autre player qui est dans la culture Internet, pas telco) obtienne demain sa quatrième licence; imaginons que Free équipe petit à petit ses freebox de Femtocell; imaginons que Free invente un business model de type Fon: tout abonné de Free qui passe à proximité d’une freebox équipée de femtocell peut appeler et surfer dans le cadre de son forfait…

Allons plus loin: dans une grande entreprise, les usages font que les employés s’appellent plus souvent sur leurs portables que sur les téléphones fixes. Imaginons que Free déploie des Femtocell pour les entreprises, dans un cadre tarifaire forfaitaire.

Ce schéma est d’autant plus intéressant que les industriels sont prêts: Nokia, Alcatel, entres autres, ont développé des Femtocell.

Pourquoi ces offres ne sont-elles pas encore déployées ? Parce que les opérateurs traditionnels ne sont pas ravi à l’idée de changer leur business modèle classique, des modèles verticaux et des tarifs plus ou moins liés à la consommation.

Seul un nouvel entrant avec une culture de peer to peer, tel que je l’ai expliqué dans un précédent post, pourra vraiment profiter des Femtocell…

Est-ce une raison pour laquelle Free a tellement de mal à obtenir sa quatrième licence ???

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