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Innovation pour le travail en groupe, CP2i 1994, le digital desk

En 1994, je m’occupais du CP2i, le cercle pour les projets innovants en informatique, un think tank qui regroupait l’Inria, le Syntec, le CIGREF, le CEA, France Telecom, EDF, le CNRS, et d’autres acteurs de l’informatique en France.

J’avais organisé une conférence sur « l’Innovation pour le travail en groupe », et j’avais demandé à la junior entreprise de l’INT de me faire un CD-ROM de cette conférence. Nicolas Guillard l’avait réalisé, et à ma grande surprise, Nicolas que j’ai vu ce midi m’a remis le dernier exemplaire du CD-ROM qu’il a réussi à conserver.

Inutile de vous dire que c’est un format difficilement lisible aujourd’hui, du macromedia, et de toutes façons c’est un executable windows qui ne fonctionne pas sur mon Mac.

Néanmoins, il y a cinq vidéos, quatre de Xerox et une de l’Inria.

Comme j’adore l’archéologie, je mets à votre disposition ici celle qui m’avait le plus marqué à l’époque : le digital desk de Xerox. Le principe m’avait fasciné: une caméra qui filme des interactions, et qui les interprète.

Il est de mon bon plaisir de le partager. Ce n’est pas de la qualité vidéo exceptionnelle, mais le contenu est respecté. Surtout, par rapport à la technologie actuelle, n’oubliez pas que ce qui est montré ici date de plus de 17 ans…

 

 

 

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Les forums : ou la fin des études de marché ?

Nous avons baigné dans un environnement scolaire français qui nous a appris que, lorsqu’un problème se présente, il faut le résoudre, et le résoudre tout seul, sans aide. Ce n’est qu’en arrivant dans un milieu professionnel que nous pouvons enfin appliquer la recette la plus rapide pour résoudre un problème: trouver quelqu’un qui est déjà passé par le même chemin, et l’a résolu. Le copiage est une excellente méthode, la bonne question devenant alors: «qui a déjà résolu ce problème? qui sait quoi sur tel sujet ?».

De tous les lieux où s’expriment une véritable intelligence collective, le forum de discussion est probablement le plus puissant. C’est le lieu idéal du pair à pair où l’on trouve à la fois de l’empathie, de l’entraide, et de l’intelligence. Il permet de répondre à la question pré-citée.

Une définition simple s’impose: le forum de discussion est une plateforme où tout internaute peut poser une question à une communauté, question qui peut rester sans réponse, ou bien à l’inverse engendrer jusqu’à plusieurs mois de discussions passionnantes. Dans le forum des passionnés de la marque Renault, un fil de discussion a commencé le 14 mars 2005 pour se terminer le 7 juillet 2008, avec plus de mille messages, à propos d’un problème de régulateur de vitesse…

Un détour par l’histoire s’impose. Les forums ont été, avec l’email, les premiers services à être proposés sur Internet. Cela s’appelait la hiérarchie usenet, elle fut inventée en 1981. On les appelait aussi les newsgroup. Comme le web n’existait pas à cette époque, l’interface était simple. C’était l’époque où il n’y avait pas de dangers dans Internet, donc pas besoin de s’enregistrer; l’email suffisait comme identifiant; email qui, à cette époque, était généralement prénom.nom@fai.qqchose . Cette hiérarchie Usenet a donné lieu à des centaines de millions de messages. Son mode de gouvernance était simple: un nouveau groupe était créé suite à un vote, ensuite, il n’y avait pas de contraintes.

Deux éléments ont changé la donne: l’augmentation du nombre d’abonnés Internet, et l’arrivée du web.

Internet, comme toute vraie innovation, est passé d’un cercle de gens ouverts et curieux à un public plus large. Ceci est souhaitable, mais le prix à payer est la dilution d’une philosophie initiale, fondée sur l’entraide en mode pair à pair. Sont donc arrivés dans ces forums des personnes plus inclines à s’exposer, généralement au travers de messages provocants, que d’aider la communauté. Elles portent un nom délicieux: les trolls. La vie est ainsi faite que la coopération est un équilibre instable, dans le sens où elle réclame que toutes les parties soient d’accord, alors que l’affrontement est un équilibre stable, dans le sens où un seul suffit pour déclarer la guerre. Ces forums se sont vites trouvés pollués par des individus qu’il était difficile de border, la technologie ne proposant pas de couche d’administration sophistiquée.

Puis arrive le web, qui, comme je l’ai signalé, est une régression, dans le sens où l’on revient à une recherche de contenus plus que de connaissance. Les forums de discussion n’étaient pas dans la logique informatique du web, ils avaient besoin de logiciels client, dits lecteurs de news. Dans le début des années 2000, sont nés des logiciels permettant de gérer des forums de discussion, dont le célèbre phpbb, qui gère 80% des forums.

Deux bonnes nouvelles sont alors arrivées, la première était l’accessibilité au travers du navigateur web, ce qui simplifiait la tache pour l’internaute, la deuxième était la possibilité d’administrer plus finement le forum, d’abord en forçant un processus d’authentification, puis en définissant des rôles (lecteur, contributeur, modérateur, administrateur), et surtout en proposant au créateur du forum de pouvoir le structurer dans une hiérarchie à deux ou trois niveaux. C’est ainsi que sont nés et ont littéralement explosé les forums de discussion.

Ces forums présentent un avantage, c’est de pouvoir montrer le nombre d’inscrits, et le nombre de messages publiés depuis le début du forum. Le rapport des deux donne une indication de sa dynamique.

Ces forums sont nombreux, et parfois surprenant. Ainsi, face au géant Doctissimo,  qui est le premier forum francophone, il y a le forum vivre sans thyroïde, créé par une femme qui avait des problèmes de santé de ce type, et a réussi à créer une communauté très active de plus de 10.000 membres. Le forum des enseignants du primaire, qui unit plus de 90.000 enseignants qui s’échangent des bonnes pratiques, forum d’une très grande intelligence, a été créé par un enseignant de l’île de la réunion, sans nécessiter l’intervention de l’éducation nationale. Que penser du surprenant forum des passionnés de gros tracteurs, où plus de 10.000 agriculteurs se sont échangés près de 600.000 messages sur les tracteurs et leur adéquation aux technique agricoles !

Voici une petite collection de forums francophones, représentatifs de plusieurs thématiques. Les chiffres datent du 30 septembre 2010.

Forum Thématique Membres Messages ratio
Doctissimodoctissimo santé 2402085 201355878 83,8
Forum thyroïdeforum thyroide santé 10307 248323 24,1
Hardware.frHardware.fr hightech 813250 78154292 96,1
Le repairele repaire hightech 112542 1063594 9,5
Home cinémahomecinéma hightech 128258 7193978 56,1
Forum VoyageForum voyages voyages 582236 3072893 5,3
Forum météoInfoclimat sciences 8992 1288776 143,3
Futura scienceFutura science sciences 418211 3149488 7,5
Jeux on lineJeux On Line jeux 189299 21369683 112,9
SkiSki sport 58087 2128536 36,6
Vélo vertVélo vert sport 100771 3751028 37,2
Caradisiaccaradisiac auto/moto 863848 45858793 53,1
MotoCrazy moto auto/moto 94325 9252957 98,1
Cyber bricoleurCyber bricoleur brico/jardin 110875 3226753 29,1
forum jardinaujardin brico/jardin 56543 1729799 30,6
forum contruireconstruire brico/jardin 58687 1429860 24,4
Les gros tracteursLes gros tracteurs agriculture 10128 592056 58,5
Enseignants du primaireenseignants du primaire enseignement 99192 4692024 47,3
Classes prépaclasses prépas enseignement 19752 306198 15,5
Forum mathsforum maths enseignement 68908 685801 10,0

Le plus grand forum de discussion est Gaia, qui réunit plus de 24 millions de personnes ayant échangé plus de 1,8 milliards de messages.

Pour qu’un forum de discussion soit actif, il faut qu’il s’y passent de vrais échanges. Un forum où s’échangent de bonnes pratiques, des trucs ou astuces, ou bien de l’empathie, est un forum de qualité. A l’inverse, les forums liés à la politique, parfois liés aux journaux, sont des lieux rarement intéressants, car sans utilité pratique.

Lorsqu’un forum de discussion est actif, alors c’est un endroit important pour le monde de l’entreprise, car les clients s’échangent beaucoup d’informations. Moore le disait explicitement, dans son livre crossing the chasm: «il vaut mieux trois clients qui se parlent que dix clients qui ne se parlent pas». La justification première était de réduire le coût des ventes. Mais l’intérêt est surtout d’apprendre comment les clients s’approprient les produits et services des entreprises.

La méthode traditionnelle pour faire des études de marché est de définir des questions à poser, puis de trouver un échantillon représentatif (de 1000 personnes, ce qui est faible…), et de recueillir les avis. Toute personne qui a été du côté des sondés sait très bien que la réalité est plus complexe que les questions qui sont posées; qu’on ne sait pas répondre par «oui ou non» car la réalité est souvent «oui» dans un contexte et «non» dans un autre; que les messages qui semblent importants au sondé sont, comme par hasard, absents du sondage; etc. Le sondeur a perdu du temps et de l’argent, le sondé a perdu du temps et gagné de l’énervement.

En revanche, les forums de discussion permettent deux choses que les sondages ne permettent pas : un, de faire émerger les questions des utilisateurs, et deux de les faire réagir entre eux. La connaissance que l’on peut avoir est largement supérieure à tout sondage.

Les spécialistes de l’informatique théorique ont l’habitude de structurer la connaissance en trois niveaux : la connaissance individuelle (quelqu’un sait), la connaissance collective (tout le monde sait), et la connaissance globale (tout le monde sait que les autres savent). Le fameux quatrième pouvoir des médias consiste à savoir faire passer du niveau un au niveau deux; tout le monde (ou presque) ayant lu les journaux, écouté la radio, vu la télévision. La grande puissance d’Internet est de faire passer du niveau deux au niveau trois.

La méthode, par rapport à une question posée, consiste à trouver les bons forums, puis à en extraire les tendances lourdes, les signaux faibles, et d’agrémenter tout cela d’une bonne dose de verbatim.

Il n’est pas facile de trouver les bons forums, car il n’existe pas de moteur de recherche. La partie «forum» de Google est en fait l’indexation de la hiérarchie Usenet, que Google a acquis au travers de dejanews.com qui avait repris tous les fichiers de cette hiérarchie.

Ensuite, il faut, au travers des moteurs de recherche internes, trouver les messages intéressants, et ramasser les pépites. Lors de l’observation d’un forum automobile, un fil de discussion était lancé sur le sujet de la qualité du concessionnaire. La plupart étant des passionnés de haut niveau, la note moyenne n’était pas excellente… Sauf un passionné qui a avoué que son concessionnaire était un membre actif du forum qui ne s’était jamais déclaré, qu’ils s’étaient un jour aperçu que l’un était le client de l’autre, et que le concessionnaire lui avait demandé de le contacter à chaque fois qu’il irait dans une concession afin de lui mettre à disposition un technicien pointu. Voici un concessionnaire qui, au lieu d’attendre que le client vienne chez lui, allait là où ils se trouvaient, à savoir dans un forum, savait détecter un client pas comme les autres, et établir une relation particulière.

Seul le forum de discussion permet de mettre en valeur une telle démarche intelligente, qui passera inaperçu à toute étude de marché. Il est plus difficile de poser la bonne question que de trouver la bonen réponse. Le forum permet de trouver souvent les bonnes questions.

Un forum est essentiellement un lieu d’observation. Toute tentative que pourrait avoir une entreprise d’y intervenir directement pour tout autre objet que d’aider la communauté est voué à l’échec. Ce sont des lieux où le faux devient vite évident, la communauté étant très forte pour les détecter, et les rejeter. En revanche, le rôle principal d’une entreprise est de délivrer de l’information dont l’objectif principal est de faire discuter les clients entre eux. Et surtout, l’entreprise ne doit pas empêcher ces discussions, elle doit les favoriser. Citons comme exemple de ce qu’il ne faut pas pas faire un grand distributeur qui n’avait pas aimé ce qu’on disait de lui dans un forum de passionnés de Canon Eos Numériques, avec comme conséquence la transformation dans les message de son nom d’enseigne en f**c …

Allons même plus loin : beaucoup de passionnés mettent comme signature automatique leur configuration, que ce soit leur voiture, leur chaîne hifi, ou bien les softs sur leur téléphone portable. Combien d’entreprises dépensent de l’argent pour savoir de quoi sont équipés leurs clients, alors qu’ils le disent spontanément dans les forums.

Les conversations dans les réseau sociaux atteignent rarement le degré d’intérêt qui existe dans les forums. La simplicité du bouton «j’aime» de facebook ne pousse pas à écrire des commentaires réfléchis. Le forum de discussion reste encore, en 2010, un lieu intéressant pour y gagner de la connaissance au travers des échanges de bonnes pratiques et d’opinion entre les internautes.

 

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La force de la communauté : réflexion pour un ISP

En ce dimanche de mai, sous le signe du muguet, j’ai envie de parler de mes ISP, et de leur communauté.

Je devrais dire, de leurs communautés.

Etant un peu geek sur les bords, j’ai une installation à la maison qui se décompose de la manière suivante :

  • un accès Numéricable fibre optique, théoriquement en 100 Mb/s download et seulement 5 Mb/s upload, et de fait en 25 download / 3,5 upload mesuré
  • un accès free, hélas en ADSL seulement (Billaut-San, toi qui a un lien de peering direct avec Dieu, tu veux pas demander à Xavier qu’il m’installe un NRO près de chez moi ???)
  • un routeur Netgear FVS336G connecté aux deux ISP, routeur qui fait du load balancing, mais que j’ai mis en fail over, vu la différence de débit (25 Numericable, 7 chez Free). Au passage, je pensais que jamais les deux ISP tomberaient en panne en même temps; eh bien si, je suis resté sans ISP pendant une semaine (free) et trois semaines (numéricable) en même temps, en novembre 2009; rageant !
  • puis quelques trucs : un point d’accès wifi, un téléphone Dect IP Siemens, une imprimante, quelques ordinateurs et serveurs de fichiers, etc..

Aujourd’hui, pour tout ce qui est très hightech, par exemple quand j’achète un matériel, ou un soft, mon premier réflexe est d’aller voir s’il y a une communauté. S’il n’y a pas de vraie communauté, i.e. un endroit où s’échangent trucs et astuces, alors je n’achète pas. Mes serveurs de fichiers sont des synology, non seulement parce qu’ils sont bons, mais parce que l’entreprise offre tous les outils nécessaires pour discuter avec sa communauté: un blog, un wiki que tout le monde peut éditer, un très bon forum, et, bien sur, un compte twitter. Synology a, de plus, la politesse de signaler les forums non officiels. C’est un exemple remarquable d’une entreprise qui ouvre tous ses canaux pour ses clients.

Free est presque dans ce même cas de figure, à la différence que les communautés sont spontanées, donc nombreuses, avec tout ce que cela signifie comme gauloiserie. Il y a : l’ADUF (93.000 membres et 960.000 messages, soit une dynamique de 10,27), freenews (85.000 membres et 760.000 messages, soit une dynamique de 9), Freeplayer autour de la partie multimedia (50.000 membres et 62.000 messages, soit 1,2), Freephonie autour de la voix sur IP (34.000 membres et 30.000 messages, soit 0,85), Freeks (21.000 membres et 492.000 messages, soit 23.4), Freebox forum (14500 membres, 71400 messages soit 5), Univers freebox, le journal des freenautes, et Freeportail, qui sont des sites de news, Freebox news (4500 membres et 17.800 messages, soit 3,9), Le freenaute (2500 membres et 63800 messages, soit 25), les freenautes sur mac (850 membres et 4800 messages, soit 5,7), et des sites plus spécialisés, comme Freebre pour la fibre. Il faut aussi signaler que, dans la logique open API, Free laisse les internautes faire des sites d’informations, ce qui permet à frimousse de nous offrir en temps réel l’état des DSLAM, de connaître la progression du dégroupage ou celle de la fibre optique. Enfin, une innovation que je trouve remarquable: depuis le 19 mars, des clients de free ont ouvert un concept store à Nancy. Free a l’habitude de discuter avec ses communautés une fois par an. Signalons enfin, car il mérite d’être rempli, que Free a ouvert un wiki.

Maintenant, Numericable. Il y a Misericable (10.000 membres et 38.000 messages, soit 3,8), le forum génération cable (4500 membres pour 155.000 messages, soit 34; il faut signaler qu’il y a des techniciens de numericable qui répondent sur ce forum, ce qui le rend très intéressant), Cable-info (7500 membres), Cable-box (786 membres et 2300 messages, soit 3). Mais c’est sur le forum de Netgear (60.000 membres pour 383.000 messages, soit 6.4), dans sa sous-section consacrée aux routeurs spécifiques utilisés par numéricable, que se trouve une communauté très active.

Un peu de technologie, avec mes excuses. Free laisse le choix à ses internautes de se servir de la Freebox comme simple modem, ou bien comme modem routeur. Numericable, à l’inverse, a décidé de ne pas proposer cette alternative (alors qu’elle était disponible auparavant). Cette logique n’est pas acceptable pour des clients qui veulent séparer la fonction routeur de la fonction modem. Il fallait donc passer par une horrible astuce: ouvrir une DMZ sur le routeur de Numericable, puis mettre le routeur derrière en IP fixe sur cette DMZ. L’impact est connu: cascade de protocoles, donc perte de débit.

Mais voilà que deux membres de la communauté, ingénieurs de talent (Jer0me24 et spierrel) ont réussi à contourner cette contrainte, et viennent de proposer une méthode (que je viens de réaliser) pour mettre le Netgear en mode modem seul. Bravo à eux.

Alors, que va-t-il se passer? Soit Numericable commet l’erreur de se facher, et va donc changer de firmware et fermer définitivement l’accès SSH, ce qui rendra la communauté furieuse. Soit, comme l’a fait Lego quand des internautes ont hacké le site de lego factory pour améliorer son simulateur, Numericable remercie la communauté de sa coopération, et décide d’offrir officiellement la possibilité de mettre l’équipement en mode modem simple.

Numericable aurait tord d’aller vers la première solution. Le monde évolue de plus en plus vers le codesign, et la capacité d’une entreprise à travailler avec sa communauté sera un plus. L’exemple de Dell ideastorm, où la communauté a proposé 13.000 idées, dont plus de 400 sont déjà dans les produits de Dell, est là pour nous le montrer. Le fait que Numericable ait porté plainte contre un site qui montrait le déploiement de sa fibre ne me laisse guère d’espoir…

 

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Test wifi : CDG 2D salon Air France

Jeudi 26 novembre, 16H30, le salon d’Air France CDG 2D

Je m’énerve, parce que le wifi offert par orange est pourri. Ping de 180ms, un download de 150kb/s, et un upload tellement bas que speedtest n’arrive même pas à uploader mon fichier, et se met en carafe.

Alors, ça m’a donné l’idée de poster ici mes résultats de débits dans les lieux publics. J’utilise speedtest, qui certes n’est pas parfait, n’est plus ce qu’il était, mais qui au moins offre la possibilité de changer de serveur, et aussi de mettre les résultats dans un blog ou un forum. Et puis j’aime bien leur appli iPhone.

En me déplaçant légèrement, j’ai pu mener le test jusqu’au bout. J’avais l’air stupide, debout dans le salon, mon mac ouvert à la main…

Et voici le résultat.

CDG 2D, salon Air France, 26/11/2009

CDG 2D, salon Air France, 26/11/2009

 

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Une révolution dans le livre électronique …

Il se passe des choses assez innovantes du côté des livres électroniques. Bien, sûr tout le monde a l’oeil rivé sur le kindle d’Amazon, disponible maintenant chez nous.

Mais Amazon n’est pas tout, voici que Barnes & Nobles, la chaîne traditionnelle brick and mortar de livres vient de sortir son propre live numérique, le nook !

Le nook
le Nook

Tout comme le kindle, le nook permet de télécharger du contenu, en 3G mais aussi en wifi. Il est en couleur. Néanmoins, plutôt que d’écrire un long post sur la différence avec le kindle, je vous conseille ce lien qui le fait très bien.

Quelques éléments intéressant néanmoins : il est basé sur Android; mais surtout il utilise le wifi, mais surtout le wifi disponible dans les boutiques Barnes & Nobles, qui permet au lecteur de télécharger encore plus de contenu !

Mais surtout, le Nook possède une caractéristique fascinante : la possibilité de louer le contenu à d’autres internautes (Lendme technology). Lisez bien le paragraphe suivant, tiré de la FAQ sur le site de Barnes & Nobles :

Can I lend eBooks from my nook?

XYes. With our new LendMe™ technology, you can now share from nook to nook. But it doesn’t stop there. Starting Nov. 30th, you can lend to and from any device with the Barnes & Noble eReader app, including PC, Mac OS®, BlackBerry®, iPhone™ and iPod® touch. All you need to know is your friend’s email address. You can lend many of your eBooks one time for a maximum of 14 days. When you use our LendMe™ technology, you will not be able to read your eBook while it is on loan, but you alwaysget it back.

Un appareil en peer to peer, vendu par un marchand de livre traditionnel que tout le monde disait mort… La révolution est en marche !!!

 

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Petit quizz…

Petite question : que fait cet homme ?

photo...

 

Comparaison Second Life – Vastpark

(Note : ceci est une traduction d’un article de mon blog en Anglais)

Suite à ma discussion très intéressante avec Greg More, du RMIT, je me suis penché un peu plus sur son affirmation que « Second Life est comme écrire de l’html, et Vastpark comme coder en php ».

Ceci me semble très pertinent dans le cadre des usages business, ou Intranet des mondes virtuels, dont le travail collaboratif est le plus important actuellement, avec l’apprentissage.

Les deux entreprises ont annoncé des outils pour le monde des entreprises. Linden Lab au travers de son portail, et Vastpark qui a lancé une beta de son outil 3C. Le portail de Linden Lab n’est, pour l’instant, qu’un outil marketing de promotion des usages innovants de sa plateforme, il n’y a pas d’annonce révolutionnaire en terme d’architecture.

L’architecture de Second Life est assez simple : une île est un processeur, les utilisateurs ont des outils pour créer du contenu, dont ils sont les propriétaires. L’authentification est effectuée via un serveur centralisé, en dehors du firewall de l’entreprise, un peu comme les OSS/BSS des opérateurs de télécommunication. Le client est open source, mais pas le serveur. En ce qui concerne les API, en dehors de SAP, mais qui semble se connecter via le client, et pas le serveur, les seules API ouvertes concernent la création de compte, la cartographie, la recherche, et quelques statistiques. Les objets créés sont stockés sur la plateforme, et la duplication est faite à la main.

Tout ceci me rappelle les premiers sites de e-commerce, où il fallait transférer manuellement les catalogues en créant le code hml à partir des données. Puis, vint php, mysql, les mashups, javascript, Ajax, etc… et, d’une seul coup, la vie est devenue à la fois plus simple, et plus riche.

Maintenant, Vastpark. C’est une plateforme open source, constituée de quatre produits, tous téléchargeable (le code source est disponible) : le client (reader), le créateur, le Publisher, et le serveur. Reader, creator, server sont faciles à comprendre. Mais qu’est-ce que le Publisher ?

L’architecture de Vastpark est totalement différente. C’est une architecture distribuée basée sur des composants qui peuvent résider n’importe où. Lorsqu’un objet est créé, cet objet est publié quelque part, et peut être utilisé par n’importe quel serveur, par n’importe quel développeur. Le monde virtuel créé est alors une agrégation d’objets répartis, dans une logique de mashups. Il n’y a donc plus besoin de dupliquer des éléments dans le monde virtuel, la duplication de l’accès suffit.

Un autre élément intéressant de vatspark est que tout objet peut être décrit selon un langage de type XML, IMML, conçu pour cet usage. Partant, les objets du monde peuvent être générés à la volée, tout comme php qui génère du code html à la demande. Ceci peut être réalisé de trois manières : en utilisant les markup IMML, en utilisant un langage de script (LUA est actuellement supporté),  et au travers de plugin qui sont écrit dans des langages .net (Iron Python, C#, VB, etc..). Tous peuvent être écrit comme des widgets que les développeurs peuvent facilement inclure dans leur monde virtuel.

Dans Vatspark, presque tout est plugin. Le contrôle vocal est un plugin, le contrôle des avatars est un plugin. En poussant la logique jusqu’au bout, Vastpark est un réseau qui interconnecte des plugin. L’interconnection avec un serveur existant est alors facilitée. Actuellement, des connecteurs vers twitter, Flickr, ebay, et skype, sont déjà disponibles.

Cette architecture est largement plus distribuée que celle de SL (qui utilise trois fermes de serveurs, Seattle, San Francisco, et le Texas). Le partenariat avec Badumna permet de faciliter la distribution des objets sur le réseau planétaire.

La différence d’architecture est maintenant claire : l’approche composante de Vastpark permet une plus grande flexibilité et une meilleurs intégration des mondes virtuels dans les systèmes d’information des entreprises.  Cette approche fera une grande différence dans les années à venir pour les usages corporate.

 

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Message ouvert pour Madame Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à la prospective et au développement de l’économie numérique

« Le téléchargement illégal fait mal, ça détruit »

Madame le Ministre,

si c’est ainsi que vous commencez votre travail, je suis très inquiet.

Sans faire un cours d’économie, je dirais simplement la chose suivante: l’économie de l’immatériel est une économie d’abondance, alors que l’économie matérielle est une économie de rareté. Lorsqu’on partage un bien matériel, il se divise. Lorsqu’on partage un bien immatériel, il se multiplie. Les règles économiques qui gèrent la vente de pizza ne sont absolument pas les mêmes que les règles économiques qui gèrent la vente de la musique. J’ai déjà expliqué cela dans un ouvrage écrit en 2004 et paru aux éditions du Pommier.

Internet porte les valeurs de l’économie de l’abondance. Or, tout le jeu actuel de l’industrie du contenu (musique comme film) est de nier ce fait, et de retourner le plus possible à une économie de rareté, par exemple avec les DRM (stupidité qui est actuellement en train d’être abandonnée…) ou bien en infligeant de lourdes amendes à des « pirates » qui ont mis à disposition du contenu.

Madame le Ministre, avez-vous lu l’excellente analyse de Roberto di Cosmo en 2006, qui montrait que le modèle économique nouveau de l’Internet apportait plus d’argent au créateur que le modèle ancien ? Avez-vous regardé des sites comme Sellaband, qui sont des modèles en peer to peer où des passionnés investissent dans des créateurs  pour leur permettre de lancer un CD ? Avez-vous lu cet article paru en 2002 dans le New York Times, écrit par Kevin Kelly, un des deux fondateurs de Wired magazine, qui montrait déjà le déplacement de la valeur dans l’industrie de la musique ?

Madame le Ministre, savez-vous ce qui va se passer si l’on continue de protéger les retardataires qui refusent de comprendre que le monde change ? C’est très simple, l’industrie du contenu va mourir, parce que toute protection empêche une industrie de se transformer en innovant. Et comment va-t-elle mourir ? Par assèchement de son catalogue. L’objectif numéro un d’un créateur moderne est de se faire connaître, et justement Internet le permet, en favorisant la transmission rapide de sa musique. Une excellente étude de 2003 publiée par la Sloan School a montré qu’Internet, au travers de l’effet « longue traine » (effet pas toujours très bien compris) avait apporté 500 millions de dollars supplémentaires à l’industrie du livre, uniquement en vendant des livres peu connus. Si elle ne pense pas la modernité, l’industrie traditionnelle du contenu va peu à peu réduire son catalogue à un mélange d’artistes vieillissants et de « Star Academy ». Ce n’est pas très palpitant…

Maintenant, deuxième point : quels sont les vrais problèmes ? Madame le Ministre, je ne me permettrai en aucun cas de faire votre métier, je me contenterai de trois simples réflexions.

En premier lieu, je citerais le problème du très haut débit. L’ADSL est une absurdité, pas seulement à cause de son débit ridicule, mais à cause de son « A ». Peu de personnes en connaissent sa signification : « Asymétrique ». car l’ADSL a été inventé par des ingénieurs des Télécommunications, qui ont raisonné en terme de vidéo à la demande. Ils ont donc privilégié le download, au prix d’un upload à très bas débit (entre 512kb/s et  1Mb/s). Ils ont raisonné culturellement en pensant un monde où les relations sont verticales; ce monde ancien que, justement, l’industrie du contenu veut maintenir.

Seulement, Madame le Ministre, Internet n’est pas la télévision, Internet est une technologie de pair à pair, horizontale. A partir de là, le citoyen veut uploader son contenu, que ce soit sur youtube, dailymotion, flickr, ou bien tout simplement pour envoyer ses photos à ses amis, à sa famille. Pourquoi diantre obérer ainsi l’upload ? Il faut donc du très haut débit symétrique. La solution existe, elle a déjà été déployée ailleurs, la fibre optique. D’autres hommes politiques ont eu le courage de construire des routes, des autoroutes, des chemins de fer. Il faut avoir le courage aujourd’hui de construire un véritable réseau en fibre optique (oserais-je rappeler ce qui est arrivé à Tours, à Orléans, qui par conformisme ont refusé le train???), et là se situe fondamentalement le rôle de l’état.

Continuons sur les grands chantiers: la mobilité est en retard en terme d’usage. Pourquoi? Essentiellement le modèle économique outrancier des opérateurs de télécommunication (savez-vous que, dès que vous surfez en dehors de la France, il vous est facturé entre 5 et 10 euros par mega-octet transféré ??? Ce n’est pas comme ça que nous aiderons nos PME à aller vendre à l’étranger…). Un quatrième opérateur, qui viendrait avec une culture Internet, des modèles économiques en pair à pair, qui aiderait par exemple à installer des Femtocells partout, cela ferait un grand bien, cela permettrait véritablement de donner les conditions d’un nouvel élan économique, au travers de l’explosion des usages en mobilité.

Autre exemple, il faut moderniser l’image des métiers de l’Internet. La DUI a lancé le portail des métiers de l’Internet, dont la deuxième version va sortir prochainement. Il est surprenant de constater que, pour beaucoup de personnes, travailler dans l’Internet signifie être assimilé à un Geek, un « nolife », bref, à quelqu’un de perdu. C’est du gâchis. Lorsque j’ai créé en 2000 ma première start-up, et je me suis aperçu, en allant ouvrir la filiale Américaine dans la Silicon Valley, que la technologie française était extraordinairement considérée. Il ne faudrait pas que nos compétences naturelles se perdent, il faut favoriser l’enseignement de l’Internet dans l’enseignement supérieur, dans ses dimensions technologiques, économiques, sociales, comme je l’ai déjà exprimé ici.

Madame le Ministre, vous savez que ce n’est pas par la consommation que nous nous sortirons de la crise, mais par la production intelligente et la valorisation de tous nos savoirs-faire. La première mission que les Français attendent de votre administration ne serait-elle pas de faire en sorte, par tous les moyens, qu’Internet soit le vecteur de transformation, et qu’il aide les entreprises à innover, et les citoyens à participer? Si la complexité chère à l’administration de notre pays vous empêche d’en avoir tous les moyens, auriez-vous au moins la rage de convaincre  les autres administrations qu’il faut travailler autrement? Car, Madame le Ministre, Internet n’est plus le monde du « OU », mais celui du « ET ».

Le monde évolue et devient un lieu d’échange en pair à pair. Aux modèles économiques verticaux classiques de l’industrie, Internet supporte la transformation vers un modèle horizontal, de place de marché. C’est là que se situe le rôle principal de l’État: faire en sorte que cette place de marché soit porteuse de nombreuses interactions. L’État se doit de fluidifier les échanges, votre administration se doit d’y contribuer, en apportant aux entreprises et aux citoyens la meilleure infrastructure au meilleur coût. Les services y viendront par eux-même.

Madame le Ministre, laissons-donc les vieux modèles économiques mourir de leur belle mort, et construisons tous le futur, un futur qui sera supporté par un réseau à très haut débit symétrique.

 

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CNN et la réalité augmentée

En ce jour d’élection Américaine, qui a vu la victoire intéressante d’Obama, intéressante parce qu’Obama est très sensible à l’apport d’Internet et des nouvelles technologies (Jean-Pierre Corniou m’a promis qu’il allait écrire sur ce sujet sur son blog), CNN s’est permis de faire une expérience de réalité augmentée.

Tout simplement, une journaliste, Jessican Yellin, est filmée par 40 caméras à Chicago. Les signaux sont synchronisés, puis envoyés sur le plateau de CNN à New York. Les deux images sont ensuite mixée sur le même ordinateur.

Voici la vidéo :

Une forme de téléprésence déjà mise au point par Cisco sous une autre forme (il s’agit d’une retour sur un écran). A noter que France Telecom a aussi un magnifique mur de téléprésence qu’on aimerait bien voir plus valorisé…

 

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La révolution des FemtoCell et la quatrième licence

Dans un article accordé au Point le 3 septembre, Xavier Niel, fondateur d’Iliad, a déclaré pouvoir diviser par deux la facture de téléphonie mobile des Français. Intéressant, mais sa réponse est très floue sur la question du comment… Et moi, je me demande si Xavier Niel n’a pas en tête les Femtocell…

Qu’est-ce qu’une Femtocell ? C’est comme un routeur wifi, sauf que l’antenne wifi est une antenne 3G (cf Wikipedia en Anglais). Donc c’est un device qui reçoit Internet d’un côté, et délivre du 3G de l’autre.

Pourquoi est-ce une rupture potentielle ? Rappelons quelques principes de base :

1) le spectre des fréquences est très encadré par les états, on ne peut pas émettre comme ça, il faut des autorisations. D’où les fameuses licences 3G accordées avec parcimonie (pourquoi Grand Dieu ??? Impénétrables sont les décisions de l’administration, surtout dans un monde en peer to peer…)

2) Le génie du Wifi est d’avoir utilisé une fréquence libre, celle du four à micro-onde (avec au passage un effet secondaire peu connu: dès qu’il pleut, ou que les feuilles des arbres poussent, le signal wifi se dégrade). Le problème du Wifi est la limite des puissances, donc des portées. Le deuxième problème est la faiblesse du nombre de PDA qui se connectent en Wifi.

3) Les opérateurs de télécom sont encore dans des vieux schémas : ils offrent des services à leurs clients dans une pure relation verticale, mais ne font rien pour faire circuler de la valeur en horizontal entre leurs clients. Dommage pourtant, c’est là qu’elle se déplace…

4) pourtant, des modèles alternatifs de partage de bande passante en peer to peer entre les clients existent. Fon est est un exemple magnifique ! Seulement, il n’y a, hélas, en 2008, pas beaucoup d’abonnés à Fon… Car, entre autres, il faut avoir un terminal PDA wifi pour appeler…

On voit la boucle commencer à se boucler: imaginons que Free (ou un autre player qui est dans la culture Internet, pas telco) obtienne demain sa quatrième licence; imaginons que Free équipe petit à petit ses freebox de Femtocell; imaginons que Free invente un business model de type Fon: tout abonné de Free qui passe à proximité d’une freebox équipée de femtocell peut appeler et surfer dans le cadre de son forfait…

Allons plus loin: dans une grande entreprise, les usages font que les employés s’appellent plus souvent sur leurs portables que sur les téléphones fixes. Imaginons que Free déploie des Femtocell pour les entreprises, dans un cadre tarifaire forfaitaire.

Ce schéma est d’autant plus intéressant que les industriels sont prêts: Nokia, Alcatel, entres autres, ont développé des Femtocell.

Pourquoi ces offres ne sont-elles pas encore déployées ? Parce que les opérateurs traditionnels ne sont pas ravi à l’idée de changer leur business modèle classique, des modèles verticaux et des tarifs plus ou moins liés à la consommation.

Seul un nouvel entrant avec une culture de peer to peer, tel que je l’ai expliqué dans un précédent post, pourra vraiment profiter des Femtocell…

Est-ce une raison pour laquelle Free a tellement de mal à obtenir sa quatrième licence ???

 

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