Archives pour la catégorie Réseaux sociaux

Les vraies statistiques de Google+1

On voit souvent sur Internet une statistique qui annonce que le bouton Google+1 est pressé 5 milliards de fois par jour. Je trouve cette statistique surprenante, surtout qu’il y a 3,2 milliards de like sur facebook. Plus de Google+1 que fb like me parait contre-intuitif.

J’ai donc fait une première étude qui me fait dire que le chiffre serait plutôt aux alentours de 500 millions par jour. Cette étude est sur mon blog anglais.

 

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Du crowdsourcing pour traduire des textes Chinois

Le crowdsourcing est maintenant bien ancré chez les internautes. Les exemples fleurissent, allant du célèbre wikipedia à la création de la base de données des dépenses des députés Anglais, en passant par du crowdsourcing « involontaire », comme le célèbre reCaptcha qui fait faire aux internautes de la reconnaissance de caractère gratuite pour Google.

Le crowdsourcing est une technique puissante, car elle utilise les « temps libres » de multiples contributeurs pour effectuer des tâches distribuées mais cohérentes. Il y a néanmoins une condition fondamentale pour qu’il fonctionne: il faut que la communauté profite de l’effort collectif. Si le crowdsourcing sert à alimenter les bases de Google gratis pro deo, alors la communauté va se lasser. A l’inverse, la traduction de Facebook en 70 langues a été réalisée en mode crowdsourcing parce que, justement, les communauté en ont profité, en ayant accès au réseau social dans leur langue natale. Lire le reste de cet article »

 

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Sondage versus twitter

J’ai déjà eu l’occasion d’opposer les méthodes des études de marché, qui sont basées sur logique où le matériau de base, à savoir l’opinion, est rare, avec l’observation de ce qui se dit dans Internet, où, à l’inverse, le matériau de base est surabondant.

Ceci peut aussi s’appliquer à la politique. Je propose ici de comparer les résultats de deux travaux de qualité: d’une part la synthèse des sondages qu’a effectuée fondapol, et d’autre part la visualisation en temps réel de ce qui se dit dans twitter sur chacun des candidats, fait par l’IRI et l’Inria, qui donne la synthèse sur la dernière semaine. Lire le reste de cet article »

 

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Créer et animer une communauté : l’exemple d’Enseignants du Primaire

J’ai toujours considéré le forum « Enseignants du Primaire »  fondé par André Jorge Payet, comme un magnifique exemple d’une rupture positive produite avec l’aide d’Internet.

J’ai eu quelques échanges intéressants avec André Jorge, enseignant à St Denis de la Réunion, qui m’a décrit comment sa communauté s’est structurée, et fonctionne.

Tout d’abord, un état des lieux, en ce mois de décembre 2011. La communauté est composée de 122.180 membres qui ont posté 4.098.710 messages. Avec un ratio de 33 messages par membre, ceci en fait un forum extrêmement actif. Le soir, il y a en moyenne 900 utilisateurs connectés. La communauté est composée d’enseignants du primaire, d’étudiants dont beaucoup en IUFM, et de quelques parents mais peu nombreux. Cela signifie qu’environ un tiers des enseignants du primaire échange sur ce forum. La très grande majorité résident en France, même s’il y a de temps en temps des Belges, Québécois ou Africains qui contribuent.

La structure du forum est caractéristique d’une communauté de pratique: les thèmes sont concrets, la navigation à trois niveaux est très claire. La plupart des rubriques sont professionnelles, liées au métier d’enseignant du primaire. Les parties thématiques sur les domaines d’activités est une excellente illustration des questions très intéressantes que se posent les enseignants dans le cadre de leur pratique, et les parents devraient la lire! Comme toute communauté qui fonctionne bien, il y a des coins loisirs, détentes et humour. Je vous suggère de lire certaines perles de parents d’élèves, qui m’ont presque empêché d’écrire cet article tellement je riais. Lire le reste de cet article »

 

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pub et Internet

En ce moment de Noël, la neige tombant à gros flocons, j’ai envie d’aborder avec légèreté un sujet important: la publicité et Internet.

Le marketing et la pub, comme beaucoup d’activités, ne peuvent plus se faire de la même manière dans un monde Internétisé. Il ne suffit plus d’affirmer ou de scénariser; le message en soi n’est plus suffisant, il doit être cohérent avec le fond.

Une illustration est la suivante. J’ai effectué en 2006 un travail pour Renault, qui consistait à analyser dans les forums de discussion le buzz autour du quidam qui prétendait que son régulateur de vitesse était bloqué à 190km/h. Renault avait fait parler Jean-Pierre Beltoise sur France 2, mais hélas, celui-ci raconta que les lagunas étaient des voitures fiables, avec comme preuve qu’il suffisait de retirer la clé de contact si problème… Les forums ont buzzé de manière inimaginable sur cette énormité, et je vous livre ici deux extraits qui résument bien la réaction de la toile.

Nous étions en 2006…

Dans les années 1990, à la création du web, tout le monde le confondait avec la télévision. C’était normal, l’internet avant le web était en vrai mode peer to peer, tandis que le web, qui revenait à une architecture séparant un client et un serveur, était un retour vers une forme verticale de transmission de l’information, poussée du site web vers l’utilisateur. D’ailleurs, lorsqu’on me demande de synthétiser ce qu’est le web 2.0, je réponds qu’il s’agit du retour au paradigme originel de l’Internet, à savoir un media fait pour que les gens parlent entre eux, mais qui se fait au travers d’un navigateur web, et très souvent alimenté par du contenu.

Donc, les entreprises se sont mises à faire de la communication web comme à la télévision. Le résultat peut être désastreux. Lorsque sont oubliés les fondamentaux d’Internet, à savoir que c’est, contrairement à la presse, la radio ou la télévision, un media neutre qui fonctionne essentiellement en peer to peer, qui met l’intelligence aux extrémités, et qui permet d’exprimer la connaissance globale (tout le monde sait que les autres savent), la situation peut, pour une entreprise, devenir un cauchemar. Le cas Nestlé contre Greenpeace est un exemple à méditer avec beaucoup d’attention.

Lorsqu’il y a une catastrophe aérienne médiatique, il m’arrive de regarder comment les compagnies changent leur site web. Lors des attentats du 11 septembre, United et American Airlines avaient, dans la foulée, changé leur home page par un énorme bandeau sur la catastrophe, avec un lien discret vers le site traditionnel. Lors de l’accident du vol Air France Rio Paris, il y avait un tout petit message en rouge à peine visible sur le site d’Air France, un bandeau qui avait la même importance visuelle que lorsqu’il s’agit de signaler des grèves ou des intempéries. Lors de l’accident du boeing de Charm-El-Cheikh en 2004, non seulement le site de Fram (80% des passagers) avait ignoré l’évènement, mais on y voyait une publicité qui disait « Charm-El-Cheikh, une destination de rêve »…

La pub devrait, selon moi, reposer sur trois fondamentaux : le fun (pas la moquerie), la valeur ajoutée (pas le message), et l’honnêteté (pas la transparence).

Le fun, parce que le monde moderne, post seconde guerre mondiale, n’est pas drôle. Parce qu’il suffit de regarder les gens dans le métro pour se rendre compte à quel point le rire est trop peu utilisé. Parce que le monde du travail, comme le monde de l’école secondaire, sont trop axés sur le sérieux, et oublient la dimension plaisir. De toutes façons, si la marque ne se met pas au fun, les internautes, au travers du remix, le feront eux-mêmes.

Ensuite, la constante quête du message a fait oublier que la complexité du monde nécessite de plus en plus de modes d’emploi. Si les réseaux sociaux sont plutôt pauvres sur le sujet, les forums de discussion sont des lieux d’entraide. Il est important pour une marque non seulement de savoir ce qui se passe dans la couche usage de ses produits, mais d’y apporter de la valeur. Même sans parler de pub, combien de marques mettent en téléchargement la notice d’emploi (pas la brochure commerciale, la vraie notice d’emploi) en téléchargement ? Mon appareil photo Canon, je peux. Mon piaggio MP3, je ne peux pas. C’est, pour moi, un vrai test. Non seulement la pub peut contenir de la valeur ajoutée, mais, en renversant la proposition, l’apport intellectuel passe encore mieux par le rire.

Enfin, la demande constante du public pour de la transparence n’est pas réalisable. Pour reprendre les propos de mon ami Dominique Christian, une entreprise transparente est inhumaine. En étant vulgaire, dans les camps de concentration, les latrines étaient ouvertes, de la vraie transparence. Personnellement, je préfère concept d’honnêteté. Lorsque Lego a sorti son premier simulateur, en 2005, celui-ci était bogué. Furieux, les clients hackers ont pénétré le site web de Lego pour télécharger la base de donnée des briques, sont rentrés dans le code du simulateur pour l’améliorer, et ont renvoyé le tout en injuriant Lego pour son mauvais travail. La réaction de Lego a été un modèle du genre: l’entreprise s’est excusée, et les a remerciés. Un exemple parfait non pas de transparence, mais d’honnêteté.

Tout ceci n’est pas nouveau. La pub en France a une très forte tradition d’humour, et je me permets de rappeler l’une des plus grandes publicités, qui serait, aujourd’hui, considérée hélas comme pas très acceptable :

Alors, même si la pub suivante est très connue, je ne peux m’empêcher de la rediffuser ici. Bien sûr, c’est pour un site de vente de vins en ligne !

Joyeuse neige à toutes et à tous !

 

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A propos du film « The social Network »

J’ai eu la chance d’assister en avant-première à la projection du film de David Fincher, « The social network ». J’étais invité par une sympathique association d’étudiants qui veulent créer des ponts entre le monde étudiant et l’entreprise, Inter-connexion. Dans une période où l’on créé plus de murs que de ponts, il faut saluer l’initiative !

C’est un excellent film, très drôle, mais aussi très instructif.

Très drôle par son rythme principalement. La description de Mark Zuckerberg en penseur fou qui zappe d’une idée à une autre, en revenant à la première avant même que son interlocutrice comprenne où il se trouve, est à mourir de rire.

Très instructif, parce que le film montre de manière très subtile comment, au-delà de l’informaticien fou, Mark est un homme de marketing communautaire. La méthode qu’il utilise pour commencer l’expansion du réseau à ses début devrait figurer comme un cas à Harvard.

C’est un film sur l’innovation. Le début du film illustre un fait connu: toute innovation commence par une désobéissance. Innover, c’est inventer de nouveaux chemins que personne n’a encore parcourus. Comme la nouveauté effraie, l’ordre établi met en place des interdits. Innover, c’est braver ces interdits.

C’est un film sur l’entrepreneuriat. L’entrepreneur développe une énergie folle, ce d’autant plus que, dès qu’il entreprend, il a aussitôt des boulets qui s’accrochent à lui et essayent de lui aspirer le maximum d’énergie pour le ramener à la normalité. Les frères Winklevoss sont un modèle du genre. En corollaire, c’est un film sur la querelle des anciens et des modernes. La scène hallucinante avec le prince de Monaco, ou celle avec le président de l’Université, sont un modèle du genre: comment se fourvoyer en voulant préserver le passé face à la puissance du futur.

C’est un film très humain. Il nous présente deux entrepreneurs, Mark Zuckerberg et Sean Parker (le fondateur de Napster), qui lancent leur entreprise en réaction à des problèmes amoureux. Ceci n’est pas nouveau, et me rappelle un évènement amusant : André Citroën (un immense entrepreneur) avait utilisé la tour Eiffel pour faire de la publicité pour sa marque. L’histoire raconte qu’en fait sa petite amie de l’époque l’avait abandonné, et que pour se venger, il avait profité du fait qu’elle habitait devant la tour Eiffel pour que, chaque matin en ouvrant ses volets, elle voie son nom en grand. Ah, la petite remarque d’Erica : « good luck with your… video game« .

Mais c’est aussi un magnifique conte de fée. On rêverait d’être l’un de ces étudiants ou l’un de ces geeks qui, à Harvard où à Stanford, inventent de nouvelles formes dans une atmosphère qui est probablement bien plus studieuse que ce que le film nous montre. On rêverait de ce modèle de la silicon valley où des individus font des chèques de 500.000 $ sur un coin de table pour que des génies puissent inventer. On rêverait de cette liberté d’entrepreneur créatif.

C’est un film qui va énormément déranger, qui va fortement perturber. Raison de plus pour aller le voir !

 

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