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	<title>La rupture Internet &#187; Réflexion</title>
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	<description>La passion de Serge Soudoplatoff pour Internet</description>
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		<title>S&#8217;il fallait définir Internet en une phrase&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Mar 2012 09:11:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>serge</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[elevator pitch]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>

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		<description><![CDATA[Toute start-up sait qu&#8217;elle devra passer un jour un l&#8217;autre par le redoutable exercice de &#171;&#160;l&#8217;elevator pitch&#160;&#187;: expliquer sa raison d&#8217;être en quelques secondes. C&#8217;est un exercice difficile et passionnant, que celui de la synthèse. Il est plus facile de noyer le lecteur, l&#8217;auditeur, derrière une pléthore de mots, un fatras de concepts, un méli-mélo [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Toute start-up sait qu&#8217;elle devra passer un jour un l&#8217;autre par le redoutable exercice de &laquo;&nbsp;l&#8217;elevator pitch&nbsp;&raquo;: expliquer sa raison d&#8217;être en quelques secondes.</p>
<p>C&#8217;est un exercice difficile et passionnant, que celui de la synthèse. Il est plus facile de noyer le lecteur, l&#8217;auditeur, derrière une pléthore de mots, un fatras de concepts, un méli-mélo de phrases, une logorrhée infinie.</p>
<p>Être minimaliste et compréhensible est autrement plus difficile. Il faut éviter le piège de l&#8217;abscons, de l&#8217;abstrus, ou de l&#8217;absurde; Woody Allen qui disait &laquo;&nbsp;grâce à une méthode de lecture rapide, j&#8217;ai lu &laquo;&nbsp;Guerre et Paix&nbsp;&raquo; en un quart d&#8217;heure; ça parle de la Russie&nbsp;&raquo;. Raymond Devos qui chantait &laquo;&nbsp;Se coucher tard&#8230; Nuit&nbsp;&raquo;; et puis encore plus court &laquo;&nbsp;&#8230; Nuit&nbsp;&raquo; sol-do.<span id="more-2454"></span></p>
<p>On me pose parfois cette question : comment définir ce qu&#8217;est Internet en une phrase. Inutile de googéliser &laquo;&nbsp;Internet en une phrase&nbsp;&raquo;, on tombe très vite sur des conseils de drague. Googéliser &laquo;&nbsp;Définir Internet en une phrase&nbsp;&raquo; nous amène sur le site de futura-sciences, <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/definition/t/internet-2/d/internet_3983/" target="_blank">qui dit</a> <em>&laquo;&nbsp;Réseau informatique mondial constitué d&#8217;un ensemble de réseaux nationaux, régionaux et privés qui sont reliés par le protocole de communication TCP/IP et qui coopèrent dans le but d&#8217;offrir une interface unique à leurs utilisateurs</em>&nbsp;&raquo; . Cette définition est purement dans le champ technologique, et ne rend pas compte de l&#8217;impact qu&#8217;a Internet sur la relation au savoir, la relation aux autres.</p>
<p>Reprenons l&#8217;idée que nous rentrons dans <a href="http://owni.fr/2011/02/19/la-societe-de-l%E2%80%99interaction-et-de-la-complexite/" target="_blank">la société de l&#8217;interaction et de la complexité</a>. Dans un tel schéma, il est de plus en plus difficile pour une seule personne d&#8217;être sur l&#8217;intégralité des flux informationnels et décisionnels. Le modèle hiérarchique, qui n&#8217;existe que si chaque nœud analyse tous les flux informationnels venant de ses sous-branches, est alors mis à mal. D&#8217;où le fameux syndrome &laquo;&nbsp;j&#8217;ai trop d&#8217;emails&nbsp;&raquo;. Oui, mais peut-on se plaindre d&#8217;avoir trop d&#8217;email tout en voulant contrôler tous ce qui se passe sous le nœud?</p>
<p>Une solution simple consiste à prendre son temps. Cette méthode, <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/gerard-blondel-delegue-syndical-central-cfe-cgc-de-renault-notre-intranet-contribue-a-isoler-les-salaries-39367621.htm" target="_blank">prônée par un syndicaliste célèbre</a>, a comme conséquence l&#8217;allongement inexorable du temps mis à décider, conduisant directement à ce qui se nomme &laquo;&nbsp;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Thrashing_%28computer_science%29" target="_blank">le trashing</a>&nbsp;&raquo; en informatique, à savoir que plus aucun traitement n&#8217;est effectué. En français, on nomme ce phénomène la procrastination.</p>
<p>La bonne méthode, <a href="http://blog.almatropie.org/2009/12/lentreprise-2-0-ou-la-completude-du-modele-lippi/" target="_blank">que l&#8217;on trouve appliquée chez Lippi</a> par exemple, consiste à laisser faire en mode peer to peer tout ce qui peux l&#8217;être, et à remplacer l&#8217;email par un mur informationnel, soit un twitter privé, soit un <a href="http://status.net/open-source" target="_blank">statusnet</a> installé sur un Intranet, méthode que je préconise.</p>
<p>Nous sommes en présence d&#8217;une reconfiguration de l&#8217;entreprise en mode collaboratif; ce que des sociologues ont nommé &laquo;&nbsp;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence_collective_sur_internet" target="_blank">l&#8217;intelligence collective</a>&nbsp;&raquo; , dont Internet est le support indispensable. Mais il n&#8217;y a pas que l&#8217;entreprise, Wikipedia, qui est pour moi <a href="http://blog.almatropie.org/2009/03/les-ruptures-de-wikipedia/" target="_blank">la plus belle aventure de l&#8217;Internet</a>, est une instance de la fameuse <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Noosph%C3%A8re" target="_blank">noosphère</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous pourrions alors proposer la phrase suivante: &laquo;&nbsp;Internet est ce qui permet de passer d&#8217;une somme d&#8217;intelligences individuelles à une intelligence collective&nbsp;&raquo;.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les systémiciens le savent, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pens%C3%A9e_complexe" target="_blank">&laquo;&nbsp;le tout est moins que la somme des parties, mais le tout est plus que la somme des parties</a>&nbsp;&raquo; . Une somme d&#8217;intelligences individuelles ne fait pas une intelligence collective.</p>
<p>Dans un championnat du monde d&#8217;athlétisme, les coureuses américaines du quatre fois cent mètres étaient plus rapides que les françaises. Mais ce sont les françaises qui ont gagné, parce que le passage du témoin était plus efficace. Ce qui fait gagner cette course n&#8217;est pas la vitesse des coureurs, mais la vitesse du bâton.</p>
<p>Dans un monde complexe, les problèmes se situent alors aux interfaces. Considérons par exemple un système fait d&#8217;une start-up parisienne, et de l&#8217;administration française. L&#8217;administration interagit avec la start-up de manière positive, avec par exemple OSEO, mais aussi de manière négative, avec par exemple l&#8217;arrogance de l&#8217;URSSAF qui a le pouvoir de la tuer. Si l&#8217;URSSAF et OSEO collaboraient, l&#8217;interface entre l&#8217;administration et la start-up serait plus efficace. Mais ces deux administrations, qui sont pourtant composées d&#8217;individus brillants et supérieurement intelligents, ne se passent pas le témoin.</p>
<p>Les modèles gagnants dans un monde complexes sont les modèles coopératifs. A quoi sert un grand chercheur s&#8217;il n&#8217;a pas toute une équipe avec lui ? Le système scolaire français fabrique de très grands chercheurs, mais pourquoi certains <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fuite_des_cerveaux#France" target="_blank">vont-ils à l&#8217;étranger</a>, si ce n&#8217;est pour y trouver des équipes ?</p>
<p>Dans ce débat électoral actuel, non seulement il n&#8217;y a rien sur le numérique comme facteur structurant de la société, mais en plus il n&#8217;y a rien sur la création collective de valeur. Contrairement à ce qui nous est asséné régulièrement, les fondamentaux français, qui ne comprennent pas grand chose de l&#8217;ordre du collectif, ne sont pas bons. Nous ne parlons que consommation, et pas production. Pourtant, le fameux &laquo;&nbsp;made in France&nbsp;&raquo; cher à tous nos candidats nécessite de mettre en marche un appareil productif efficace, donc basé sur le collectif.</p>
<p>A moins que le futur président n&#8217;applique les principes de l&#8217;intelligence collective (et pas collectiviste), et donc qu&#8217;il construise sa société en se basant sur Internet et le numérique, nous pouvons nous attendre à une crise très violente dans les années à venir.</p>
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		<title>Les compagnons du devoir</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Sep 2011 19:53:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>serge</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mondes réels]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[beauté]]></category>
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		<description><![CDATA[Je sors d&#8217;une conférence effectuée devant les compagnons du devoir, rue de l&#8217;hôtel de ville. Je suis déjà intervenu devant eux, en 2004. Une expérience inoubliable. Je voue une profonde admiration pour les compagnons, admiration qui pourrait s&#8217;expliquer, s&#8217;il fallait être concis, par « la sublime beauté du geste ». Au sein des Compagnons, je me confrontais, dans la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je sors d&#8217;une conférence effectuée devant les <a href="http://www.compagnons-du-devoir.com/">compagnons du devoir</a>, rue de l&#8217;hôtel de ville. Je suis déjà intervenu devant eux, en 2004. Une expérience inoubliable.</p>
<p>Je voue une profonde admiration pour les compagnons, admiration qui pourrait s&#8217;expliquer, s&#8217;il fallait être concis, par « la sublime beauté du geste ». Au sein des Compagnons, je me confrontais, dans la salle, à une vingtaine de prévôts, ceux qui gèrent des centres d&#8217;hébergement, qui assurent l&#8217;animation et la direction d&#8217;une maison de compagnons, accueillant entre 50 et 120 jeunes compagnons lors de leur tour de France.</p>
<p>Ils me posaient de bonnes questions : quel est l&#8217;impact d&#8217;Internet sur leur métier de prévôt ? Quelle est la réelle importance des réseaux sociaux? Comment doivent-ils se comporter avec les jeunes compagnons qui sont, du moins à leurs yeux, plus à l&#8217;aise avec Internet ? Ils me demandaient quelques clés. Pour des raisons purement personnelles, j&#8217;ai même beaucoup échangé avec l&#8217;un d&#8217;entre eux, un Russe, compagnon plâtrier, qui rêvait d&#8217;introduire les principes du compagnonnage en Russie. Mais pas qu&#8217;avec lui, j&#8217;aurais passé des heures avec n&#8217;importe lequel, ou laquelle (il y avait trois femmes) d&#8217;entre eux ou d&#8217;entre elles.<span id="more-2362"></span></p>
<p>C&#8217;était une des rares fois où je me trouvais en face de personnes qui souhaitaient simplement comprendre, qui sentaient bien l&#8217;importance du sujet, mais qui cherchaient par quel port l&#8217;aborder. L&#8217;un des compagnons me posa la question la plus difficile parce que la plus simple : quel conseil leur donner pour aborder le problème d&#8217;Internet, des réseaux sociaux, des jeunes.</p>
<p>Inspiré par la magie du lieu, je me suis permis une réponse outrageusement simple : Internet favorise l&#8217;éthique, plus que la morale. Je leur ai conseillé d&#8217;aller dans Internet, avec le regard d&#8217;un Levy-Strauss : pour comprendre. Puis d&#8217;aider les autres à comprendre. Le seul mot d&#8217;éthique leur a suffit, ils ont acquiescé en silence&#8230;</p>
<p>Je ne cessais de me dire : « tu devrais te taire, tu as plus à apprendre d&#8217;eux qu&#8217;eux de toi »; hélas, je ne sais pas me taire. Paradoxalement, c&#8217;est leurs questions qui m&#8217;ont nourri. J&#8217;ai appris, de leur manière ouverte, comment aborder le monde. J&#8217;ai senti que, quelque part, les valeurs Internet de partage, de communauté, d&#8217;éthique, de neutralité, leur parlaient, à eux, les compagnons, qui sont dans la simple beauté du travail bien fait. Le TAO de l&#8217;IETF, &laquo;&nbsp;nous croyons au consensus grossier, et au code qui fonctionne&nbsp;&raquo; leur a parlé en direct.</p>
<p>Internet n&#8217;existe pas, pas plus que l&#8217;alphabet. Ce qui est important est l&#8217;alphabétisation. Tout comme la fabrication du papier ne passionne plus les foules, les métiers spécifique à l&#8217;Internet vont, à terme, disparaître. Les programmeurs vont rester. Mais les chefs de projet Internet vont devenir des chefs de projets. Les &laquo;&nbsp;marketeux&nbsp;&raquo; Internet vont devenir des &laquo;&nbsp;marketeux&nbsp;&raquo;. Les &laquo;&nbsp;spécialistes&nbsp;&raquo; Internet vont devenir&#8230;</p>
<p>Les compagnons vont rester.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Mode anglais, mode français : de la contestation</title>
		<link>http://blog.almatropie.org/2011/06/mode-anglais-mode-francais-de-la-contestation/</link>
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		<pubDate>Fri, 10 Jun 2011 17:41:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>serge</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Hadopi]]></category>
		<category><![CDATA[haine]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce billet fait suite à mon premier : &#171;&#160;Mode anglais, mode français : de la décision&#171;&#160;. Il est motivé par la montée de l&#8217;extrémisme que je perçois dans plein de domaines, dont un qui cristallise bien des tensions, Hadopi. Mon ami Jean-Michel Planche a raconté ici des éléments intéressants: lui qui est un entrepreneur militant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce billet fait suite à mon premier : &laquo;&nbsp;<a href="http://blog.almatropie.org/2011/04/mode-anglais-mode-francais/">Mode anglais, mode français : de la décision</a>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Il est motivé par la montée de l&#8217;extrémisme que je perçois dans plein de domaines, dont un qui cristallise bien des tensions, Hadopi. Mon ami Jean-Michel Planche <a href="http://www.jmp.net/2011/06/tout-ce-que-tu-feras-sera-derisoire/">a raconté ici</a> des éléments intéressants: lui qui est un entrepreneur militant de l&#8217;Internet se voit conspué, voué aux gémonies, parce qu&#8217;il a, comme moi, accepté de favoriser les ponts plutôt que les murs.</p>
<p>Une première remarque s&#8217;impose : la coopération est un équilibre instable. Ceux qui pratiquent la théorie des jeux le savent bien : A &amp; B discutent. C&#8217;est une matrice à quatre cases : A &amp; B jouent la coopération (gagnant-gagnant en d&#8217;autres termes), A la joue et B non, l&#8217;inverse, et aucun des deux ne la jouent. La première case est la seule à aboutir à un résultat accepté conjointement. Mais elle est instable: il suffit que l&#8217;un des deux la quitte pour que l&#8217;autre frustré, la quitte aussi, et tout le monde se retrouve dans la case affrontement (perdant-perdant); Bing. Insistons bien: seule la case coopérative est créatrice de valeur, les autres sont destructrices.<span id="more-2279"></span></p>
<p>Comment se sort-on de la case perdant-perdant? Comme cette case est un équilibre instable, il faut développer une énergie phénoménale. Qu&#8217;est ce qui fait que certains y arrivent : la confiance a priori. Et quelle est la base de la confiance: l&#8217;information. Les haines, les guerres, la violence, le fascisme, se nourrissent de l&#8217;absence d&#8217;information. Faut-il rappeler qu&#8217;à l&#8217;époque du communisme, un annuaire était considéré comme un secret d&#8217;état. J&#8217;ai fait, en 1983, avec les géographes Galia et Guy Burgel, une analyse comparative du plan &laquo;&nbsp;officiel&nbsp;&raquo; de la ville de Moscou, et d&#8217;une image Landsat de cette ville. Ya pas photo, dirait-on aujourd&#8217;hui, la carte était sciemment fausse, même si elle était homéomorphe.</p>
<p>Alors voilà une des beautés de l&#8217;Internet: parce qu&#8217;il fait circuler l&#8217;information, Internet favorise la coopération. Les valeurs de l&#8217;Internet sont des valeurs d&#8217;intelligence collective, de travail en commun, même quand les points de vue sont opposés. Avec Internet, la révolte des Cipayes n&#8217;aurait pas eu lieu !</p>
<p>Revenons donc à Hadopi. Qu&#8217;il y ait des anti hadopi est normal. Maintenant, comparons deux modèles.</p>
<p>Tout d&#8217;abord le site &laquo;&nbsp;<a href="http://www.dontmakemesteal.com/fr/">Ne m&#8217;obligez pas à voler</a>&laquo;&nbsp;. C&#8217;est un site Européen, qui explique l&#8217;attente des &laquo;&nbsp;consommateurs du numérique&nbsp;&raquo; vis à vis des fournisseurs de contenu. Traduit en plusieurs langues, ce manifeste est très intéressant à lire, et contient des fondamentaux qui correspondent bien à plusieurs attentes et frustrations qui sont exprimées ici et la.</p>
<p>Ensuite, une version franco-française, &laquo;&nbsp;<a href="http://pourquoijepirate.fr/">Pourquoi je pirate</a>&laquo;&nbsp;. Rien que le titre fait rêver, là où le premier site exprime son attente, le second explique pourquoi il a envie d&#8217;être négatif. La où le premier jette les bases d&#8217;un travail coopératif, donc tente la case gagnant gagnant, l&#8217;autre se place d&#8217;emblée dans la case refus, et donc ne peut que conduire à la case perdant perdant. L&#8217;ennemi est con, disait Desproges, car il croit que c&#8217;est nous l&#8217;ennemi, alors que c&#8217;est lui.</p>
<p>C&#8217;est dommage. C&#8217;est d&#8217;autant plus dommage que certaines idées du second site sont très proches du manifeste du premier&#8230;</p>
<p>Dans un monde Internet, les valeurs de coopération sont celles qui sont efficaces. Les valeurs d&#8217;affrontement stérile, de combat de coq, en sont l&#8217;antithèse. Les enfants gâtés qui demandent tout de l&#8217;autre et n&#8217;offrent rien eux-même n&#8217;ont pas leur place.</p>
<p>L&#8217;esprit de contestation, tout comme l&#8217;administration, doit se mettre en mode 2.0.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Mode anglais, mode français : de la décision</title>
		<link>http://blog.almatropie.org/2011/04/mode-anglais-mode-francais/</link>
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		<pubDate>Sat, 02 Apr 2011 18:02:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>serge</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[décision]]></category>
		<category><![CDATA[linguistique]]></category>

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		<description><![CDATA[Le français et l&#8217;anglais, c&#8217;est une histoire d&#8217;amour et de haine. Les influences des deux langues sont profondes, et parfois surprenantes. Qui sait que le mot &#171;&#160;Mushroom&#160;&#187; vient en fait du vieux français &#171;&#160;le moucheron&#160;&#187;, qui est devenu notre mousseron des prés? Je ne peux que conseiller l&#8217;extraordinaire livre de Henriette Walter, Honni soit qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le français et l&#8217;anglais, c&#8217;est une histoire d&#8217;amour et de haine. Les influences des deux langues sont profondes, et parfois surprenantes. Qui sait que le mot &laquo;&nbsp;Mushroom&nbsp;&raquo; vient en fait du vieux français &laquo;&nbsp;le moucheron&nbsp;&raquo;, qui est devenu notre mousseron des prés? Je ne peux que conseiller l&#8217;extraordinaire livre de Henriette Walter, <a  href="http://www.amazon.com/gp/product/222108165X?ie=UTF8&linkCode=as2&camp=1634&creative=6738&tag=lipawe-20&creativeASIN=222108165X">Honni soit qui mal y pense : L'incroyable histoire d'amour entre le français et l'anglais</a>, qui, entre autres, recense 3200 mots qui s&#8217;écrivent de la même manière et ont le même sens dans nos deux langues.<span id="more-2145"></span></p>
<p>Il y a néanmoins de profondes différences. Souvent, le français décrit un concept par son contenu, et l&#8217;Anglais par sa destination. Pour aller skier, nous achetons &laquo;&nbsp;un forfait&nbsp;&raquo; (description du contenu : une offre tarifaire forfaitaire) là où les Anglais acquièrent &laquo;&nbsp;a ski pass&nbsp;&raquo; (description du but : passer les portillons). Le français est parfois stressant, là où l&#8217;anglais est agréable. A l&#8217;aéroport, nous nous parquons sur &laquo;&nbsp;une dépose minute&nbsp;&raquo;, là où les Anglais vont dans la zone &laquo;&nbsp;kiss and fly&nbsp;&raquo;.</p>
<p>La différence qui me semble être la plus marquante est à propos d&#8217;un acte pas facile : la décision.</p>
<p>En français, &laquo;&nbsp;on prend une décision&nbsp;&raquo;.</p>
<p>En anglais, &laquo;&nbsp;you make a decision&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Prendre une décision est un acte grave, qui a une première conséquence: elle n&#8217;appartient plus à personne d&#8217;autre. Elle est à celui qui l&#8217;a prise, qui peut donc en faire ce qu&#8217;il souhaite, parfois même rien du tout. Prendre une décision collective est virtuellement difficile: chacun n&#8217;en possède-t-il qu&#8217;une partie, ou bien est-elle duplicable à l&#8217;infini, quitte à devenir alors universelle, donc à perdre son sens?</p>
<p>A l&#8217;inverse, faire une décision est un acte de création. Elle peut être fabriquée collectivement, elle prend un sens propre, c&#8217;est une oeuvre unique, dont on peut retracer les origines. Comme le dit le magnifique <a  href="http://www.amazon.com/gp/product/2849022365?ie=UTF8&linkCode=as2&camp=1634&creative=6738&tag=lipawe-20&creativeASIN=2849022365">Dictionnaire historique de la langue française</a>, &laquo;&nbsp;<em>le verbe latin exprime le fait de saisir physiquement et par l&#8217;esprit</em>&nbsp;&raquo; .</p>
<p>Alors, il ne faut pas nous étonner si nous raisonnons plus en stock qu&#8217;en flux. Notre propre langue nous pousse à considérer que le monde doit être saisi, stocké, gardé; là où les anglais cherchent à diffuser, partager, échanger. Ce serait la principale raison pour laquelle nos &laquo;&nbsp;décideurs&nbsp;&raquo; n&#8217;aiment pas Internet, qui pousse à faire, et pas à prendre.</p>
<p>Et si, dans notre quotidien, nous changions juste ce petit point, qui consisterait à dire, à partir de maintenant &laquo;&nbsp;nous allons faire une décision&nbsp;&raquo;. Peut-être que notre rapport aux autres et au monde changerait dans le bon sens ???</p>
<p>&nbsp;</p>
<div class="evernoteSiteMemory"><a href="javascript:" onclick="Evernote.doClip({title: 'Mode anglais, mode français : de la décision on La rupture Internet',url: 'http://blog.almatropie.org/2011/04/mode-anglais-mode-francais/',contentID: 'post-2145',suggestTags: 'décision,linguistique',providerName: 'La rupture Internet',styling: 'text' });return false" class="evernoteSiteMemoryLink"><img src="http://static.evernote.com/article-clipper-vert.png" class="evernoteSiteMemoryButton" />
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		<title>Essai pour la politique du futur</title>
		<link>http://blog.almatropie.org/2011/03/essai-pour-la-politique-du-futur/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Mar 2011 22:23:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>serge</dc:creator>
				<category><![CDATA[Gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[politique2.0]]></category>

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		<description><![CDATA[Internet est actuellement un formidable vecteur de transformations, qui impacte tous les secteurs de la société. La politique n&#8217;est pas épargnée, et les hommes politiques aujourd&#8217;hui sont de plus en plus secoués par la force des communautés qui ont, avec internet, trouvé enfin l&#8217;outil qui leur permet d&#8217;être plus efficace. Il ne faut pas être [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Internet est actuellement un formidable vecteur de transformations, qui impacte tous les secteurs de la société. La politique n&#8217;est pas épargnée, et les hommes politiques aujourd&#8217;hui sont de plus en plus secoués par la force des communautés qui ont, avec internet, trouvé enfin l&#8217;outil qui leur permet d&#8217;être plus efficace.</p>
<p>Il ne faut pas être aveuglé par ce qui s&#8217;est passé en Tunisie, en Egypte, et ce qui se passe maintenant dans d&#8217;autres pays Arabes. Tout les régimes, tous les hommes politiques, qu&#8217;ils vivent dans des démocraties, ou des régimes totalitaires, sont secoués, non pas par Internet, mais par l&#8217;irruption des peuples dans la vie politique, mouvement qui n&#8217;est pas récent, mais s&#8217;appuie sur le réseau pour prendre de la puissance.</p>
<p>Il n&#8217;est pas inutile de rappeler les fondamentaux de l&#8217;Internet: c&#8217;est un réseau neutre, du moins, pour l&#8217;instant, qui interconnecte des individus en mode pair à pair, et leur permet d&#8217;échanger, et d&#8217;exprimer leur créativité. Internet est donc l&#8217;antithèse du schéma hiérarchique traditionnel, qui fait encore aujourd&#8217;hui du monde des entreprises, où l&#8217;information est plus dans un flux vertical qu&#8217;horizontal. Internet, parce qu&#8217;il favorise la mise en réseau des intelligences, est un outil qui favorise la confiance, ou plutôt, qui ne peut fonctionner que sur des schémas humains basés sur la confiance.<span id="more-2096"></span></p>
<p>Le versant négatif de l&#8217;impact d&#8217;Internet est le filtrage. Plusieurs pays menacent, ou ont mis en place des filtres qui permettent de contrôler ce qui se passe aux frontières. La Chine est un gigantesque Intranet, un ministre Australien menace de filtrer le pays, et chez nous, la LOOPSI est du même acabit.</p>
<p>Le versant positif se nomme « gouvernement 2.0 ». Rappelons brièvement qu&#8217;il s&#8217;agit de <a href="http://blog.almatropie.org/2010/03/pour-un-gouvernement-2-0/">trois éléments</a>: l&#8217;ouverture des données, l&#8217;utilisation des outils du web 2.0 pour améliorer la relation avec les citoyens, et la transformation interne des administrations pour se mettre en mode coopératif.</p>
<p>Un des points importants du gouvernement 2.0, tel qu&#8217;il est défini par Tim O&#8217;Reilly, est « <a href="http://opengovernment.labs.oreilly.com/">Government as a platform</a> ». Le principe est le suivant: pourquoi ne pas appliquer les paradigmes de construction des logiciels libres, et de l&#8217;Internet, à la gestion d&#8217;un pays. On voit alors se dessiner un signal étonnamment faible, peut-être parce qu&#8217;il est aveuglant: la politique est, avant tout, une affaire de pragmatisme et pas de dogmatisme.</p>
<p>Nous retrouvons deux éléments fondamentaux dans le TAO de l&#8217;IETF : &laquo;&nbsp;<em>nous rejetons les rois, les présidents, et le vote, nous croyons au consensus schématique (rough consensus) et au code qui fonctionne.</em>&laquo;&nbsp;. Tout d&#8217;abord, le consensus grossier : nous savons tous au fond de nous-même, que la meilleure méthode pour ne pas prendre une décision est d&#8217;aller dans les détails. Internet a compris que &laquo;&nbsp;le tout est plus que la somme des parties, mais moins que la somme des parties&nbsp;&raquo;. Mais surtout, il s&#8217;agit d&#8217;une technologie qui doit fonctionner; il serait illusoire de construire Internet si le substrat technologique n&#8217;était pas à la hauteur.</p>
<p>Quel va être l&#8217;impact de ce mouvement sur la politique? Osons appliquer le TAO de l&#8217;IETF à la politique; nous voyons alors deux éléments fondamentaux apparaître : la logique d&#8217;affrontement des partis devient stérile, puisque contraire au consensus schématique et le gouvernement doit avant tout faire fonctionner le pays, à tous les niveaux. Permettons-nous un moment de rêve. Il est déjà frappant de constater à quel point, dans nos démocraties, les résultats des élections, dans le cas des système bi partisans, s&#8217;approchent de l&#8217;égalité, 50% 50%. En France, il a fallu que le FN s&#8217;invite au second tour pour que nous assistions à un déséquilibre, justement parce que la démocratie était en danger. La récente élection Australienne, en 2010, a été très éclairante: aucun des deux grands partis n&#8217;avait le nombre de sièges nécessaire pour nommer le premier ministre, et la décision a été emportée <a href="http://www.fondapol.org/politique-2-0/1926/">grâce au choix de deux indépendants</a>, qui ont favorisé un parti plus que l&#8217;autre, tout en étant prêts à basculer dans l&#8217;autre camp s&#8217;ils ne sont plus satisfaits du premier.</p>
<p>Les indépendants présentent généralement deux particularités intéressantes: ils sont innovants, et pragmatiques. Rappelons que le choix des indépendants en Australie s&#8217;est fait en favorisant le parti qui avait un programme d&#8217;investissement dans la fibre optique sur l&#8217;ensemble du territoire.</p>
<p>Lorsque l&#8217;on combine tous ces éléments, il est permis de se demander si, finalement, le désir des citoyens n&#8217;est pas tout simplement d&#8217;avoir un gouvernement qui fonctionne, en dehors de toute idéologie, et donc en dehors de la logique des partis. Internet permet alors, à l&#8217;instar de ce que font les gouvernements US et Anglais, de rendre le gouvernement « accountable » de ses actions, au travers de l&#8217;ouverture de bases de données, le fameux « open data ». Par exemple, la base de données <a href="http://data.gov.uk/dataset/coins">COINS</a>, en Angleterre, ouvre au public toutes les dépenses de l&#8217;administration. En Angleterre, ce n&#8217;est pas seulement l&#8217;open data qui est remarquable, mais le fait que Cameron a repris l&#8217;idée même si elle venait de son prédécesseur, donc de l&#8217;autre parti; un bel exemeple de pragmatisme intelligent, que je rêverais de voir s&#8217;appliquer en France&#8230;</p>
<p>Ce ne seront donc plus des hommes politiques au sens traditionnels, issus de partis, que les électeurs favoriseront, mais des managers, des personnalités reconnues pour leurs compétences à faire fonctionner des organismes complexes, comme les institutions, et qui seront jugés au résultat a posteriori, pas sur des idées a priori. Le rôle des partis dans ce cas de figure serait réduit alors à alimenter ces manageurs en idées, et pourquoi pas en se basant sur des méthodes de crowdsourcing comme il en émergent de plus en plus sur Internet.</p>
<p>Un tel schéma serait extrêmement révolutionnaire. Est-ce une utopie ? Il est important de voir ce qui va se jouer dans des pays comme l&#8217;Egypte, la Tunisie, l&#8217;Angleterre ou l&#8217;Australie, dans les prochaines années, pour comprendre si vraiment la politique des partis, basée sur l&#8217;affrontement stérile, a encore de beaux jours devant elle, ou si le peuple, finalement, n&#8217;est pas lassé de toutes ces vains débats qui ne riment à rien, et va finir par déboulonner les hommes politiques dogmatiques, et les remplacer par des manageurs efficaces.</p>
<p>La beauté d&#8217;Internet, c&#8217;est qu&#8217;étant un réseau neutre, il n&#8217;est ni de gauche, ni de droite. Profitons-en !!!</p>
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		<title>La société de l&#8217;interaction et de la complexité</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Feb 2011 14:28:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>serge</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[complexité]]></category>
		<category><![CDATA[interaction]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Internet n&#8217;est pas la première technologie de l&#8217;histoire de notre humanité qui accompagne des bouleversements fondamentaux. J&#8217;ai coutume de dire que l&#8217;invention de l&#8217;alphabet est la révolution la plus proche de l&#8217;Internet, et son usage n&#8217;a probablement pas été facile à ses débuts. Il n&#8217;est pas neutre de passer d&#8217;un dessin à une série de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Internet n&#8217;est pas la première technologie de l&#8217;histoire de notre humanité qui accompagne des bouleversements fondamentaux. J&#8217;ai coutume de dire que l&#8217;invention de l&#8217;alphabet est la révolution la plus proche de l&#8217;Internet, et son usage n&#8217;a probablement pas été facile à ses débuts. Il n&#8217;est pas neutre de passer d&#8217;un dessin à une série de symboles abstraits.</p>
<p>Mais la construction de l&#8217;Internet est aussi une manière de résoudre des problèmes. La lecture du livre &laquo;&nbsp;<a  href="http://www.amazon.com/gp/product/2226062130?ie=UTF8&linkCode=as2&camp=1634&creative=6738&tag=lipawe-20&creativeASIN=2226062130">L'homme et la matière</a>&nbsp;&raquo; d&#8217;André Leroi-Gourhan nous montre bien que l&#8217;idée de co-construction entre l&#8217;humain et l&#8217;outil est un des fondamentaux de l’humanité: &laquo;&nbsp;la main forge l&#8217;outil, et l&#8217;outil change l&#8217;homme&nbsp;&raquo; . Ce constat permet d&#8217;éviter deux écueils: la technologie Dieu et la technologie Diable. Non, Internet n&#8217;est pas l&#8217;outil qui va rendre le monde meilleur. Mais Internet n&#8217;est pas non plus l&#8217;instrument qui pousse les enfants dans les griffes des pédophiles. Internet, comme l&#8217;écriture, est un média neutre. L&#8217;alphabet a permis de coder à la fois &laquo;&nbsp;La Divine Comédie&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Mein Kampf&nbsp;&raquo;, des recettes de cuisines délicieuses et des livres pornographiques, Molière et Emile Henriot. Internet, de par la neutralité de son architecture, véhicule tous les paquets de manière indifférenciée.<span id="more-1729"></span></p>
<p>Toutes les grandes révolutions technologiques qui ont marqué l&#8217;humanité ont toujours été présentes parce qu&#8217;elles permettaient de franchir des étapes importantes. L&#8217;invention de l&#8217;alphabet permet aux sociétés paysannes de s&#8217;installer. L&#8217;imprimerie est un outil indispensable de la révolution industrielle, qui a besoin d&#8217;une manière simple de dupliquer à bas coût les savoirs aux quatre coins de la planètes.</p>
<p>Quelle est donc la société qu&#8217;Internet nous aide à créer? On parle souvent de la société de la connaissance. Je suis dubitatif, l&#8217;humanité a passé son temps à créer, gérer, partager et utiliser des connaissances, et je ne vois pas en quoi notre monde est différent. Le partage des connaissances est, certes, rapide avec Internet; mais en moins quinze mille, les connaissances technologiques étaient non seulement de très haut niveau, mais elles se diffusaient en Europe de manière très rapide, comme le montre bien le livre de Sophie de Beaune &laquo;&nbsp;<a  href="http://www.amazon.com/gp/product/2012355242?ie=UTF8&linkCode=as2&camp=1634&creative=6738&tag=lipawe-20&creativeASIN=2012355242">Les hommes au temps de Lascaux</a>&nbsp;&raquo; . On parle parfois de société des médias, mais le concept de spectacle est très ancien, et de tous temps les individus se déplaçaient pour assister à des fêtes ou à des spectacles, comme le montre cet autre livre extraordinaire, &laquo;&nbsp;<a  href="http://www.amazon.com/gp/product/2213030979?ie=UTF8&linkCode=as2&camp=1634&creative=6738&tag=lipawe-20&creativeASIN=2213030979">Voyager dans l'antiquité</a>&nbsp;&raquo; dans lequel on apprend qu&#8217;à l&#8217;antiquité, il était très coutumier de voyager pour participer à des cérémonies &laquo;&nbsp;planétaires&nbsp;&raquo;, au sens du bassin Méditerranéen en tout cas. Que la fête vienne chez soi via la télévision est une évolution, mais pas forcément une révolution, puisque l&#8217;idée de partage s&#8217;en trouve affaiblie.</p>
<p>Il est toujours bon de retourner aux fondamentaux. Il est souvent coutume de dire que le monde d&#8217;avant n&#8217;est pas le même que celui de maintenant, qu&#8217;il était meilleur, etc. en oubliant bien sûr tous les défauts horribles du passé. On voit toujours son paradis dans l&#8217;enfer des autres, surtout ceux d&#8217;antan.</p>
<p>A l&#8217;inverse, il est intéressant de chercher les invariants de l&#8217;humanité. Parmi ceux-ci, il y en a un qui est très amusant: le temps moyen que passe un urbain dans les transports. Il est le même à Londres, Tokyo, New-York, Los Angeles, Paris, San Francisco, il est d&#8217;une heure et demie (voir le livre &laquo;&nbsp;<a  href="http://www.amazon.com/gp/product/2849410020?ie=UTF8&linkCode=as2&camp=1634&creative=6738&tag=lipawe-20&creativeASIN=2849410020">Le territoire des hommes</a>&nbsp;&raquo; de Jean Poulit) . Donc, le RER ou les transports régionaux ne servent pas du tout à raccourcir les temps de trajet, contrairement à ce que beaucoup de décideurs déclament, ils servent à agrandir la ville. Plus intéressant: ce chiffre est le même depuis 40 ans, et les historiens disent qu&#8217;il est le même depuis le moyen-âge. En revanche, ce qui a fondamentalement changé, c&#8217;est la quantité d&#8217;interactions qui a lieu pendant cette heure et demie. Nous côtoyons plus de personnes, nous lisons des journaux, nous écoutons de la musique, nous recevons des textos et bientôt des twitts, nous lisons nos emails, etc.</p>
<p>Voici une véritable rupture : depuis 60 ans, la population mondiale est passée de 2 à 6,5 milliards d&#8217;individus. A l&#8217;échelle de l&#8217;humanité, la progression est vertigineuse.</p>
<p><a href="http://blog.almatropie.org/wordpress/../_img_/2011/02/courbe-population-wiki.png"><img class="alignnone size-full wp-image-2029" title="courbe-population-wiki" src="http://blog.almatropie.org/wordpress/../_img_/2011/02/courbe-population-wiki.png" alt="" width="550" height="275" /></a></p>
<p>Les êtres humains étant, pour la plupart, des animaux sociaux, ne vivent que parce qu&#8217;ils interagissent. Et voici donc le problème qui se pose : comme gérer une multitude d&#8217;interactions ? C&#8217;est la propriété d&#8217;un système complexe, que d&#8217;avoir de multiples interactions, parce qu&#8217;à chaque instant, le champs des possibles est immense.</p>
<p>Nous sommes donc rentrés dans une nouvelle société, que je propose d&#8217;appeler &laquo;&nbsp;<strong>la société de l&#8217;interaction et de la complexité</strong>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Pour gérer cette société, nous avons besoin d&#8217;un outil qui nous permet de rester efficace, et de ne pas nous laisser déborder par la complexité du monde. Ce n&#8217;est pas pas hasard si Internet s&#8217;installe. A ceux qui me disent qu&#8217;ils croulent sous la complexité, je répond qu&#8217;Internet est la solution, à condition de l&#8217;utiliser correctement, c&#8217;est à dire de changer nos comportements, nos structures, pour nous adapter. Chaque fois qu&#8217;un PDG me dit &laquo;&nbsp;comment je fais pour gérer toute l&#8217;information qui m&#8217;écrase&nbsp;&raquo;, je répond que ce n&#8217;est plus à lui de gérer cette information, mais qu&#8217;il doit transformer son entreprise pour la mettre dans un mode d&#8217;intelligence collective, seule forme d&#8217;organisation capable de gérer la complexité</p>
<p>Nous sommes encore en situation d&#8217;apprenant de l&#8217;Internet. Gardons nous bien de détourner, ou de détruire, ce merveilleux outil. Il est la condition d&#8217;un monde vivable pour nous, et pour les générations à venir, qui seront encore plus dans l&#8217;interaction et la complexité.</p>
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		<title>Business model de l&#8217;Internet:  des moments noirs à venir ?</title>
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		<pubDate>Sun, 23 Jan 2011 12:18:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>serge</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[neutralité]]></category>
		<category><![CDATA[opérateurs]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous avons de la chance en France, d&#8217;avoir Free, qui a forcé les opérateurs de télécommunications traditionnels à adopter des modèles tarifaires forfaitaires, non basés sur l&#8217;usage. Pour comprendre comment cela est possible, il faut rappeler l&#8217;un des papiers fondateurs de l&#8217;Internet, si ce n&#8217;est le premier, publié en 1961 par Leonard Kleinrock, &#171;&#160;Information flow [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous avons de la chance en France, d&#8217;avoir Free, qui a forcé les opérateurs de télécommunications traditionnels à adopter des modèles tarifaires forfaitaires, non basés sur l&#8217;usage.</p>
<p>Pour comprendre comment cela est possible, il faut rappeler l&#8217;un des papiers fondateurs de l&#8217;Internet, si ce n&#8217;est le premier, publié en 1961 par Leonard Kleinrock, &laquo;&nbsp;<a href="http://www.lk.cs.ucla.edu/LK/Bib/REPORT/PhD/">Information flow in Large Communication Network</a>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Kleinrock s&#8217;intéressait à un problème simple : quel est le meilleur protocole pour faire communiquer deux ordinateurs entre eux. Après avoir étudié les protocoles des opérateurs de télécommunication, il a conclu que ce n&#8217;était pas un bon paradigme, et sa thèse a porté sur le choix du paquet plutôt que de la commutation.<span id="more-1853"></span></p>
<p>Pour dire les choses simplement, les protocoles des opérateurs de télécommunication sont basés sur le paradigme du train: la voie est ouverte et réservée, donc le train passera sans encombre. C&#8217;est la même chose avec le téléphone traditionnel : même s&#8217;il n&#8217;y a pas de voix sur la voie, celle-ci est réservée. A l&#8217;inverse, le protocole par paquet est basé sur le paradigme du camion: les messages sont mis dans des paquets qui sont mis dans des camions qui empruntent soit la route, soit l&#8217;autoroute, etc.</p>
<p>On voit tout de suite l&#8217;importance du choix. Les protocoles de télécommunication sont basés sur une économie de la rareté: lorsque le nombre de communications atteint le nombre de canaux d&#8217;une antenne 3G, alors plus aucune communication supplémentaire ne passe, sauf à &laquo;&nbsp;virer&nbsp;&raquo; l&#8217;une des communications (ce que, semble-t-il, les opérateurs 3G font, sans franchement en faire de la publicité; cela se nomme &laquo;&nbsp;les classes de service&nbsp;&raquo;). A l&#8217;inverse, le protocole par paquet est basé sur une économie d&#8217;abondance: jamais on ne refusera l&#8217;accès à l&#8217;autoroute sous pretexte qu&#8217;il y a trop de voitures. Tout au plus, le gestionnaire fera de la régulation de traffic. C&#8217;est la même chose dans le monde internet, jamais des paquets sont refusés, sauf à vraiment atteindre la saturation absolue. Heureusement, jusqu&#8217;à présent, toutes les prédictions d&#8217;effondrement du réseau se sont révélées fausses. <a href="http://blog.almatropie.org/2009/01/nkm/">On le sait aussi dans l&#8217;économie du disque</a>, le MP3 est dans une logique d&#8217;économie de l&#8217;abondance, alors que le disque est dans une logique d&#8217;économie de la rareté.</p>
<p>Le propre d&#8217;une économie de la rareté est de fournir de la très haute qualité, ce que les opérateurs nomment &laquo;&nbsp;la qualité totale&nbsp;&raquo;; son inconvénient est d&#8217;être très chère de manière indifférenciée. Le propre de l&#8217;économie d&#8217;abondance est d&#8217;être efficace. Elle rationalise l&#8217;usage des moyens, elle profite de coûts de duplication faible. Son inconvénient est qu&#8217;elle privilégie le concept de &laquo;&nbsp;best effort&nbsp;&raquo; au détriment d&#8217;une garantie de service. La structure même de l&#8217;Internet, qui est &laquo;&nbsp;un réseau de réseau&nbsp;&raquo; et pas un réseau unique, est basé sur un jeu de légo. Des entreprises font des routeurs, d&#8217;autres des navigateurs, d&#8217;autres des moteurs de recherche, d&#8217;autres des réseaux sociaux, et tout ceci concoure à une économie à faible coût, chacun restant dans son domaine. Toute tentative de gérer l&#8217;ensemble des services de l&#8217;Internet s&#8217;est d&#8217;ailleurs soldée par un échec: AOL Time-Warner, VivendiUniversal, sont autant de rêves mégalos qui n&#8217;ont abouti qu&#8217;à des dépenses inutiles.</p>
<p>L&#8217;impact du modèle économique sur les usages est fondamental. Prenons l&#8217;exemple du stockage : à moins de 50 euros &laquo;&nbsp;street price&nbsp;&raquo; le tera octet, le coût de stockage d&#8217;un fichier est ridiculement faible, donc sa duplication ne pose aucun problème. Google, en créant gmail, a fait le pari de l&#8217;abondance, alors que les directions informatiques des grandes entreprises sont toujours dans une logique de rareté. Résultat : il vaut mieux avoir gmail qu&#8217;un email professionnel, on ne perd pas de temps à ranger et archiver. Prenons la bande passante : avec des offres forfaitaires illimitées, les fournisseurs d&#8217;accès sont dans une logique d&#8217;abondance; alors qu&#8217;en faisant payer les directions informatiques au volume, elles sont dans une logique de rareté. Résultat : il faut être chez soi plutôt qu&#8217;au travail pour voir des vidéos indispensables dans le cadre professionnel, ce qui est contraire au code du travail. Bref, ne nous étonnons pas si la France est un gros consommateur d&#8217;antidépresseurs.</p>
<p>Regardons maintenant la situation mondiale des fournisseurs d&#8217;accès. Nous avons la chance, en France, d&#8217;avoir Free. Sans Free, nous n&#8217;aurions pas d&#8217;offre triple play forfaitaire, avec des communications téléphoniques illimités vers les fixes et les mobiles de 120 pays. Est-ce la cas partout ? Non.</p>
<p>En Australie, par exemple, aucun des grands ISP n&#8217;a d&#8217;offre illimité. <a href="http://go.bigpond.com/broadband/?ref=Net-Head-Int-Plans-Broadband">Telstra</a>, par exemple, limite l&#8217;usage, et lorsque cette limite est atteinte, baisse dramatiquement la bande passante. C&#8217;est le cas pour <a href="http://broadbandguide.com.au/broadband-bundle">la grande majorité des ISP en Australie</a>, avec des limites entre 2 et 200G par mois. A l&#8217;inverse, aux états-unis, <a href="http://www.ispcompared.com/broadband.htm">la guerre fait rage sur la baisse des prix</a>, qui sont en ce moment entre 20 et 50 dollars par mois en illimité. <a href="http://www.ispreview.co.uk/isp_list/ISP_List_Fixed_Line_Broadband.php">En Angleterre</a>, la situation ressemble à celle de l&#8217;Australie, avec d&#8217;une côté des opérateurs de télécommunication qui limitent l&#8217;usage, et de l&#8217;autre des nouveaux entrants qui offrent de l’illimité. En Allemagne, l&#8217;opérateur historique, T-Mobile, propose des package illimité pour 35 euros par mois, avec possibilité de migrer vers le VDSL.</p>
<p>Maintenant, regardons ce qui se passe dans le mobile. En France, nous avons, sur le territoire, des offres en data illimitées. Même s&#8217;il faut faire attention lorsque l&#8217;on franchit les frontières, car le prix va jusqu’à 10 euros par Mega octet, en fonction de règles qui sont totalement absconses, lorsqu&#8217;on reste bien franchouillard, il est possible de surfer de manière quasi illimité. Que va faire free en terme de modèle tarifaire lorsqu&#8217;il installera son service? Va-t-il nous proposer des illimités dans le monde entier ou presque à bas prix ? Ou bien va-t-il se mettre dans une logique économique de rareté et facturer à l&#8217;usage ?</p>
<p>J&#8217;ai coutume de dire que l&#8217;économie de l&#8217;Internet suit, avec une dizaine d&#8217;années de retard, celle du transport aérien. Or, les compagnies low cost, qui ont des points communs avec la logique de free, ont toutes décidée, il y a quelques années, de faire payer les services un par un : le nombre de bagages, la priorité aux comptoirs, les kilogrammes, jusqu&#8217;à tester l&#8217;idée, émise par le PDG de Ryanair, de <a href="http://www.businesstravel.fr/201004074494/newsflashes/newsflash/ryanair-va-faire-payer-les-toilettes-a-bord.html">faire payer les toilettes</a>, voire de faire payer pour un vrai siège, <a href="http://www.ryanair.com/fr/nouvelles/passagers-de-voter-au-sujet-des-voyages-debout">les autres étant debout</a>. On le voit bien, la tentation est grande de revenir à une tarification à l&#8217;acte.</p>
<p>Cela peux-t-il se passer dans le monde de l&#8217;Internet ? J&#8217;en ai bien peur. Les fournisseurs d&#8217;accès en mobile commencent à parler d&#8217;abandonner le forfait pour aller à une tarification en fonction des données consommées. Les trois opérateurs français actuels, pour lesquels le mobile représente le revenu le plus important, ne pourront plus laisser faire un nouvel entrant avec d&#8217;autres logiques plus efficaces. Si Free arrive avec des offres forfaitaires en mobile, alors il n&#8217;y aura plus aucun gisement de revenus pour les trois autres, situation aggravée si la migration des clients est conséquente. France Telecom, qui a encore un nombre de salariés impressionnant, dont beaucoup de fonctionnaires difficilement transférables ailleurs, sera le plus touché. Etant en plus fortement syndicalisé, il est probable que 2013 verra des manifestations violentes de SUD et de la CGT, une version moderne de la révolte des canuts. Il n&#8217;est pas facile de prédire comment le gouvernement, quel qu&#8217;il soit, réagira; mais il est sûr que les caisses de l&#8217;état, déjà très basses, ne permettront pas un modèle à la Bull; et donc France telecom sera abandonné, sauf à avoir un gouvernement communiste dans son esprit, ce qui, hélas n&#8217;est pas impossible. Il ne restera donc que la solution d&#8217;une entente entre Free et les trois autres, sur des accords de roaming sympathiques par exemple; la tentation sera alors grande pour Free de faire payer l&#8217;Internet mobile à l&#8217;usage. De plus, étant capable de rationaliser ses coûts, entre autre par l&#8217;utilisation d&#8217;antennes 3G sur les freebox, Free aura une marge nettement supérieure aux autres opérateurs. Ça ne se refuse pas&#8230;</p>
<p>Et alors, si l&#8217;internet mobile devient au paiement à la durée, quid du fixe ??? La tentation est grande de faire payer au volume, avec une première étape de limite supérieure, comme cela se pratique dans certains pays, comme on l&#8217;a vu.</p>
<p>Nous allons vivre quelques moments noirs. Les modèles économiques traditionnels risquent de revenir en force. Il faudra alors lutter, et trouver des solutions alternatives, par exemple des coopératives Télécom, comme ce qui se pratique à <a href="http://www.onsnetnuenen.nl/">Nuenen</a> en Hollande, au <a href="http://www.cooptel.qc.ca/fr-cooptel-historique.php">Canada</a>, ou bien ce que fait notre ami Billaut-San à <a href="http://billaut.typepad.com/jm/2010/07/la-fibre-%C3%A0-villiers-le-mahieu-int%C3%A9ressante-r%C3%A9union-hier-6-juillet-2010-%C3%A0-la-mairie.html">Villiers le Mahieu</a>.</p>
<p>Je crois au modèle des coopératives télécom, pour contrebalancer les modèles économiques des opérateurs. Mais alors, que feront les ARCEP du monde entier ? Que décideront les politiques ??? Ceci est la clé. Les réseaux sont vraiment un acte politique de gestion du territoire.</p>
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		<title>Bonne année 2011, une année première</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Jan 2011 10:27:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>serge</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[2011]]></category>
		<category><![CDATA[bonne année]]></category>
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		<description><![CDATA[(english version here) Le mathématicien qui, en moi, a refusé de s&#8217;endormir , me fait remarquer que 2011 est un nombre premier. Ce sera donc une année première. Alors, que souhaiter ? Au monde des entreprises, de se mettre en mode coopératif, en comprenant qu&#8217;Internet n&#8217;est pas le problème, mais la solution pour créer de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blog.almatropie.org/wordpress/../_img_/2011/01/RussianNew-Year1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1807" title="RussianNew Year" src="http://blog.almatropie.org/wordpress/../_img_/2011/01/RussianNew-Year1.jpg" alt="" width="238" height="356" /></a><br />
<em> (english version <a href="http://blog.hyperdoxe.net/2011/01/happy-new-year-2011-a-prime-year/">here</a>)</em></p>
<p>Le mathématicien qui, en moi, a refusé de s&#8217;endormir , me fait remarquer que 2011 est un nombre premier.</p>
<p>Ce sera donc une année première.</p>
<p>Alors, que souhaiter ?</p>
<ul>
<li>Au monde des entreprises, de se mettre en mode coopératif, en comprenant qu&#8217;Internet n&#8217;est pas le problème, mais la solution pour créer de la valeur collective.</li>
<li>Au monde de la politique, de comprendre les vertus du modèle du gouvernement 2.0, tel que les pays anglo-saxons commencent à l&#8217;aborder.</li>
<li>A tout le monde, d&#8217;avoir confiance en l&#8217;avenir, car il n&#8217;y a pas d&#8217;innovation sans risque, et pas de risque sans confiance.</li>
</ul>
<p>Finalement, n&#8217;oublions pas que l&#8217;avenir n&#8217;est pas dans les astres, mais dans la tête de ceux qui le construisent.</p>
<p>Je nous souhaite donc, à nous tous, de mettre de la joie et de la beauté dans nos constructions communes !</p>
<p><em>time past, and time future,<br />
what might have been, and what has been<br />
point to one end, which is always present<br />
&#8230; </em></p>
<p><em>Only through time time is conquered.</em></p>
<p><em> </em></p>
<div class="evernoteSiteMemory"><a href="javascript:" onclick="Evernote.doClip({title: 'Bonne année 2011, une année première on La rupture Internet',url: 'http://blog.almatropie.org/2011/01/bonne-annee-2011-une-annee-premiere/',contentID: 'post-1800',suggestTags: '2011,bonne année,nouvel an',providerName: 'La rupture Internet',styling: 'text' });return false" class="evernoteSiteMemoryLink"><img src="http://static.evernote.com/article-clipper-vert.png" class="evernoteSiteMemoryButton" />
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		<title>pub et Internet</title>
		<link>http://blog.almatropie.org/2010/12/pub-internet/</link>
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		<pubDate>Sun, 19 Dec 2010 10:39:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>serge</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entreprises]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[air france]]></category>
		<category><![CDATA[marketing]]></category>
		<category><![CDATA[perrier]]></category>
		<category><![CDATA[pub]]></category>
		<category><![CDATA[publicité]]></category>

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		<description><![CDATA[En ce moment de Noël, la neige tombant à gros flocons, j&#8217;ai envie d&#8217;aborder avec légèreté un sujet important: la publicité et Internet. Le marketing et la pub, comme beaucoup d&#8217;activités, ne peuvent plus se faire de la même manière dans un monde Internétisé. Il ne suffit plus d&#8217;affirmer ou de scénariser; le message en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En ce moment de Noël, la neige tombant à gros flocons, j&#8217;ai envie d&#8217;aborder avec légèreté un sujet important: la publicité et Internet.</p>
<p>Le marketing et la pub, comme beaucoup d&#8217;activités, ne peuvent plus se faire de la même manière dans un monde Internétisé. Il ne suffit plus d&#8217;affirmer ou de scénariser; le message en soi n&#8217;est plus suffisant, il doit être cohérent avec le fond.</p>
<p>Une illustration est la suivante. J&#8217;ai effectué en 2006 un travail pour Renault, qui consistait à analyser dans les forums de discussion le buzz autour du quidam qui prétendait que son régulateur de vitesse était bloqué à 190km/h. Renault avait fait parler Jean-Pierre Beltoise sur France 2, mais hélas, celui-ci raconta que les lagunas étaient des voitures fiables, avec comme preuve qu&#8217;il suffisait de retirer la clé de contact si problème&#8230; Les forums ont buzzé de manière inimaginable sur cette énormité, et je vous livre ici deux extraits qui résument bien la réaction de la toile.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://blog.almatropie.org/wordpress/../_img_/2010/12/jpb.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1750" title="jpb" src="http://blog.almatropie.org/wordpress/../_img_/2010/12/jpb.jpg" alt="" width="545" height="222" /></a></p>
<p>Nous étions en 2006&#8230;</p>
<p>Dans les années 1990, à la création du web, tout le monde le confondait avec la télévision. C&#8217;était normal, l&#8217;internet avant le web était en vrai mode peer to peer, tandis que le web, qui revenait à une architecture séparant un client et un serveur, était un retour vers une forme verticale de transmission de l&#8217;information, poussée du site web vers l&#8217;utilisateur. D&#8217;ailleurs, lorsqu&#8217;on me demande de synthétiser ce qu&#8217;est le web 2.0, je réponds qu&#8217;il s&#8217;agit du retour au paradigme originel de l&#8217;Internet, à savoir un media fait pour que les gens parlent entre eux, mais qui se fait au travers d&#8217;un navigateur web, et très souvent alimenté par du contenu.</p>
<p>Donc, les entreprises se sont mises à faire de la communication web comme à la télévision. Le résultat peut être désastreux. Lorsque sont oubliés les fondamentaux d&#8217;Internet, à savoir que c&#8217;est, contrairement à la presse, la radio ou la télévision, un media neutre qui fonctionne essentiellement en peer to peer, qui met l&#8217;intelligence aux extrémités, et qui permet d&#8217;exprimer la connaissance globale (tout le monde sait que les autres savent), la situation peut, pour une entreprise, devenir un cauchemar. Le cas <a href="http://fr.readwriteweb.com/2010/03/30/a-la-une/greenpeace-nestl-sur-facebook-lart-de-guerre/">Nestlé contre Greenpeace</a> est un exemple à méditer avec beaucoup d&#8217;attention.</p>
<p>Lorsqu&#8217;il y a une catastrophe aérienne médiatique, il m&#8217;arrive de regarder comment les compagnies changent leur site web. Lors des attentats du 11 septembre, United et American Airlines avaient, dans la foulée, changé leur home page par un énorme bandeau sur la catastrophe, avec un lien discret vers le site traditionnel. Lors de l&#8217;accident du vol Air France Rio Paris, il y avait un tout petit message en rouge à peine visible sur le site d&#8217;Air France, un bandeau qui avait la même importance visuelle que lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de signaler des grèves ou des intempéries. Lors de l&#8217;accident du boeing de Charm-El-Cheikh en 2004, non seulement le site de Fram (80% des passagers) avait ignoré l&#8217;évènement, mais on y voyait une publicité qui disait &laquo;&nbsp;Charm-El-Cheikh, une destination de rêve&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p>La pub devrait, selon moi, reposer sur trois fondamentaux : le fun (pas la moquerie), la valeur ajoutée (pas le message), et l&#8217;honnêteté (pas la transparence).</p>
<p>Le fun, parce que le monde moderne, post seconde guerre mondiale, n&#8217;est pas drôle. Parce qu&#8217;il suffit de regarder les gens dans le métro pour se rendre compte à quel point le rire est trop peu utilisé. Parce que le monde du travail, comme le monde de l&#8217;école secondaire, sont trop axés sur le sérieux, et oublient la dimension plaisir. De toutes façons, si la marque ne se met pas au fun, les internautes, au travers du remix, le feront eux-mêmes.</p>
<p>Ensuite, la constante quête du message a fait oublier que la complexité  du monde nécessite de plus en plus de modes d&#8217;emploi. Si les réseaux  sociaux sont plutôt pauvres sur le sujet, les forums de discussion sont  des lieux d&#8217;entraide. Il est important pour une marque non seulement de savoir ce qui  se passe dans la couche usage de ses produits, mais d&#8217;y apporter de la valeur. Même sans parler de pub, combien de marques mettent en téléchargement la notice d&#8217;emploi (pas la brochure commerciale, la vraie notice d&#8217;emploi) en téléchargement ? Mon appareil photo Canon, je peux. Mon piaggio MP3, je ne peux pas. C&#8217;est, pour moi, un vrai test. Non seulement la pub peut contenir de la valeur ajoutée, mais, en renversant la proposition, l&#8217;apport intellectuel passe encore mieux par le rire.</p>
<p>Enfin, la demande constante du public pour de la transparence n&#8217;est pas réalisable. Pour reprendre les propos de mon ami <a href="http://www.amazon.fr/Management-philosophie-lentreprise-Dominique-Christian/dp/2091763179/siteprofessio-21">Dominique Christian</a>, une entreprise transparente est inhumaine. En étant vulgaire, dans les camps de concentration, les latrines étaient ouvertes, de la vraie transparence. Personnellement, je préfère concept d’honnêteté. Lorsque Lego a sorti <a href="http://designbyme.lego.com/en-us/default.aspx">son premier simulateur</a>, en 2005, celui-ci était bogué. Furieux, les clients hackers ont pénétré le site web de Lego pour télécharger la base de donnée des briques, sont rentrés dans le code du simulateur pour l&#8217;améliorer, et ont renvoyé le tout en injuriant Lego pour son mauvais travail. La réaction de Lego a été un modèle du genre: l&#8217;entreprise s&#8217;est excusée, et <a href="http://news.cnet.com/Hackings-a-snap-in-Legoland/2100-1046_3-5865751.html">les a remerciés.</a> Un exemple parfait non pas de transparence, mais d’honnêteté.</p>
<p>Tout ceci n&#8217;est pas nouveau. La pub en France a une très forte tradition d&#8217;humour, et je me permets de rappeler l&#8217;une des plus grandes publicités, qui serait, aujourd&#8217;hui, considérée hélas comme pas très acceptable :</p>
<p><object id="playerObject" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="442" height="370" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="name" value="playerObject" /><param name="flashvars" value="VideoDebut=0&amp;RPath=www.culturepub.fr/videos&amp;HD=0&amp;Media=78760&amp;Ref=&amp;TypeRef=&amp;SeuilBD=600&amp;Rld=1&amp;SauveBP=200&amp;NoCache=0&amp;MMplayerType=PlugIn&amp;MMdoctitle=67791&amp;Wait" /><param name="src" value="http://www.culturepub.fr/videoplayer/player.swf" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="quality" value="high" /><embed id="playerObject" type="application/x-shockwave-flash" width="442" height="370" src="http://www.culturepub.fr/videoplayer/player.swf" quality="high" allowfullscreen="true" flashvars="VideoDebut=0&amp;RPath=www.culturepub.fr/videos&amp;HD=0&amp;Media=78760&amp;Ref=&amp;TypeRef=&amp;SeuilBD=600&amp;Rld=1&amp;SauveBP=200&amp;NoCache=0&amp;MMplayerType=PlugIn&amp;MMdoctitle=67791&amp;Wait" name="playerObject"></embed></object></p>
<p>Alors, même si la pub suivante est très connue, je ne peux m&#8217;empêcher de la rediffuser ici. Bien sûr, c&#8217;est pour <a href="http://www.usbwine.com">un site de vente de vins en ligne</a> !</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="360" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/x3jwe0?width=480&amp;theme=denim&amp;foreground=%2392ADE0&amp;highlight=%23A2ACBF&amp;background=%23202226&amp;start=&amp;animatedTitle=&amp;iframe=0&amp;additionalInfos=0&amp;autoPlay=0&amp;hideInfos=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="360" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/x3jwe0?width=480&amp;theme=denim&amp;foreground=%2392ADE0&amp;highlight=%23A2ACBF&amp;background=%23202226&amp;start=&amp;animatedTitle=&amp;iframe=0&amp;additionalInfos=0&amp;autoPlay=0&amp;hideInfos=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong>Joyeuse neige à toutes et à tous !</strong></p>
<div class="evernoteSiteMemory"><a href="javascript:" onclick="Evernote.doClip({title: 'pub et Internet on La rupture Internet',url: 'http://blog.almatropie.org/2010/12/pub-internet/',contentID: 'post-1678',suggestTags: 'air france,marketing,perrier,pub,publicité',providerName: 'La rupture Internet',styling: 'text' });return false" class="evernoteSiteMemoryLink"><img src="http://static.evernote.com/article-clipper-vert.png" class="evernoteSiteMemoryButton" />
				</a>				<div class="evernoteSiteMemoryClear">&nbsp;</div>
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		<title>Les liaisons numériques dangereuses</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Nov 2010 21:40:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>serge</dc:creator>
				<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[danger]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsque je suis sollicité pour faire des conférences sur les ruptures induites par Internet, il arrive que l&#8217;on me demande de parler des dangers de l&#8217;Internet. Cela avait commencé il y a quelques années, lorsque j&#8217;avais été demandé sur ce sujet dans une émission de télévision semble-t-il connue, animée par Delarue, &#171;&#160;ça se discute&#160;&#187;. J&#8217;avais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque je suis sollicité pour faire des conférences sur les ruptures induites par Internet, il arrive que l&#8217;on me demande de parler des dangers de l&#8217;Internet.</p>
<p>Cela avait commencé il y a quelques années, lorsque j&#8217;avais été demandé sur ce sujet dans une émission de télévision semble-t-il connue, animée par Delarue, &laquo;&nbsp;ça se discute&nbsp;&raquo;. J&#8217;avais alors répondu que ce sujet n&#8217;était pas très intéressant en tant que tel, et que, paraphrasant mon ami André-Yves Portnoff, le seul grand danger de l&#8217;Internet est de ne pas y aller.</p>
<p>Cette émission fût d&#8217;ailleurs bizarre: une collection hétéroclite de &laquo;&nbsp;drames&nbsp;&raquo; humains. Une femme qui montrait ses seins devant une webcam; une mère dont l&#8217;enfant passait 17 heures par jour à jouer en réseau; une enseignante qui quintuplait son salaire en se prostituant luxueusement (le lien avec l&#8217;émission ? elle trouvait ses clients grâce à Internet&#8230;); une femme qui avait découvert l&#8217;âme sœur sur Meetic, et qui au bout de trois mois d&#8217;échanges d&#8217;emails passionnés, passe enfin deux heures folles à partager physiquement, les yeux bandés, avec son amant virtuel devenu réel pour découvrir au bout de ces deux heures que c&#8217;était une autre femme&#8230; Bref, la vie telle qu&#8217;elle existe depuis longtemps. J&#8217;avais d&#8217;ailleurs rappelé que, par exemple, les emails amoureux n&#8217;étaient que de pales copies des <a href="http://5ko.free.fr/fr/sand.html">échanges entre Georges Sand et Alfred de Musset</a>, ce qui avait engendré dans les yeux de Delarue un moment de découragement (&laquo;&nbsp;eh bien, elle est intellectuelle cette émission&nbsp;&raquo;, s&#8217;était-il exclamé&#8230;).</p>
<p>Il faut rappeler un fondamental: Internet est un média neutre. Dans sa construction même, il avait été décidé de ne mettre aucune intelligence dans le réseau, et de reporter cette intelligence aux extrémités. La pensée originale, à savoir le peer to peer, avait imposé un schéma dans lequel le réseau routait avec égalité tous les paquets et ne s&#8217;intéressait pas à leurs contenus. Cette fameuse &laquo;&nbsp;neutralité du net&nbsp;&raquo;, qui fait débat actuellement, était l&#8217;antithèse des réseaux des opérateurs de télécommunication, qui encore aujourd&#8217;hui implémentent le concept de classe de service, c&#8217;est à dire de priorité des communications les unes par rapport aux autres. La qualité totale sur laquelle sont bâtis les réseaux de télécommunication classiques impose effectivement une logique de rareté, à savoir que la ligne est ouverte et réservée même si rien ne passe dessus, logique de rareté qui impose de faire des priorités. Internet, à l&#8217;inverse, est basé sur le principe d&#8217;abondance, et donc de partage égalitaire.</p>
<p>Donc, Internet transporte indifféremment ce qu&#8217;on lui injecte. La beauté passera dans le réseau sans aucune priorité sur la laideur. L&#8217;intelligence et la bêtise y sont  transportés de manière équivalente. Où se fait alors le filtre ? Aux extrémités. Ceci est vrai pour la technologie, mais aussi pour l&#8217;usage. C&#8217;est à l&#8217;utilisateur de faire la différence entre le bien et le mal. Celui qui s&#8217;intéresse au conflit du golfe par exemple n&#8217;a aucun problème à ouvrir à la fois CNN, al jazeera, et un forum de discussion, et à se faire sa propre idée.</p>
<p>Une conséquence directe est cette proposition qu&#8217;Internet rend évidente : beaucoup de vérités sont contextuelles.</p>
<p>Une autre conséquence est rassurante : le réseau contient aussi l&#8217;antidote. Lors de l&#8217;émission de Delarue, le vrai drame était une femme dont la fille s&#8217;était pendue après avoir surfé sur des sites gothiques. J&#8217;ai respecté en direct ce cas, mais j&#8217;ai eu une discussion à la suite avec la mère, qui au début en voulait à Internet, pour à la fin me dire qu&#8217;elle s&#8217;en était sorti en fondant une association de parents, et qu&#8217;elle avait créé des liens avec d&#8217;autres associations dans le monde, grâce, bien sûr, à Internet.</p>
<p>Alors, quels sont les dangers de l&#8217;Internet ? J&#8217;en vois trois principaux.</p>
<p>Le premier est effectivement de ne pas y aller, d&#8217;ignorer le phénomène. De faire comme si Internet était une simple technologie, qui ne remet pas en cause certains fondamentaux. De ne se contenter que de l&#8217;email par exemple.</p>
<p>Le deuxième est de s&#8217;y opposer. Déclarer que wikipedia est de mauvaise qualité, comme une de mes étudiantes me l&#8217;avait affirmé (cf. <a href="http://blog.almatropie.org/2009/03/les-ruptures-de-wikipedia/">ma réponse ici</a>). Déclarer que &laquo;&nbsp;dans Internet, il n&#8217;y a que des emmerdeurs&nbsp;&raquo;, comme me l&#8217;avait dit en 2006 un directeur marketing d&#8217;une entreprise du CAC40. Sans parler des lois sur le filtrage qui ne sont pas seulement l&#8217;apanage de la France, même si nous sommes, pour une fois, plutôt en pointe sur ce sujet, hélas.</p>
<p>Le troisième est de ne pas se transformer. Pour aborder Internet et en tirer le meilleur, il faut déjà se former. Les élèves des écoles devraient être formés, non pas aux dangers de l&#8217;Internet, mais à son mode d&#8217;emploi. Les salariés des entreprises devraient tous avoir des cycles de formation au numérique, à l&#8217;instar de <a href="http://blog.almatropie.org/2009/12/lentreprise-2-0-ou-la-completude-du-modele-lippi/">ce que fait Lippi</a>. Puis il faut se changer, au niveau individuel mais aussi au niveau collectif. Les entreprises et les administrations doivent se mettre en mode 2.0, et tant pis si ce concept est flou, au moins il force à réfléchir. Internet s&#8217;est construit sur la base de consensus grossier, sans planification. Le résultat est deux milliards d&#8217;individus interconnectés en moins de vingt ans.</p>
<p>A part ces trois dangers, je ne vois pas d&#8217;autre réelle menace différente de ce que la vie nous réserve, lorsqu&#8217;elle est cruelle et brutale. Simplement, Internet est un extraordinaire amplificateur des sentiments humains, bons ou mauvais, et c&#8217;est cela qu&#8217;il faut, avant tout, retenir.</p>
<p>Internet, parce qu&#8217;il met en commun une intelligence qui se situe aux extrémités, est le contraire du pouvoir central qui &laquo;&nbsp;pense&nbsp;&raquo; à la place des autres. Internet, quelque part, favorise plus une éthique que la morale.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas l&#8217;attitude la plus facile. Mais, pour paraphraser un moment important du film &laquo;&nbsp;<a href="http://www.dailymotion.com/video/xhcbe_himalaya-lenfance-dun-chef">Himalaya, l&#8217;enfance d&#8217;un chef</a>&nbsp;&raquo; : &laquo;&nbsp;Lorsque deux chemins se présentent à toi, choisis toujours le plus difficile&nbsp;&raquo;. C&#8217;est sur ces chemins que l&#8217;on apprend le plus.</p>
<p>Les chemins de l&#8217;Internet sont complexes, profitons-en.</p>
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