Archives pour la catégorie Réflexion

S’il fallait définir Internet en une phrase…

Toute start-up sait qu’elle devra passer un jour un l’autre par le redoutable exercice de « l’elevator pitch »: expliquer sa raison d’être en quelques secondes.

C’est un exercice difficile et passionnant, que celui de la synthèse. Il est plus facile de noyer le lecteur, l’auditeur, derrière une pléthore de mots, un fatras de concepts, un méli-mélo de phrases, une logorrhée infinie.

Être minimaliste et compréhensible est autrement plus difficile. Il faut éviter le piège de l’abscons, de l’abstrus, ou de l’absurde; Woody Allen qui disait « grâce à une méthode de lecture rapide, j’ai lu « Guerre et Paix » en un quart d’heure; ça parle de la Russie ». Raymond Devos qui chantait « Se coucher tard… Nuit »; et puis encore plus court « … Nuit » sol-do. Lire le reste de cet article »

 

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Les compagnons du devoir

Je sors d’une conférence effectuée devant les compagnons du devoir, rue de l’hôtel de ville. Je suis déjà intervenu devant eux, en 2004. Une expérience inoubliable.

Je voue une profonde admiration pour les compagnons, admiration qui pourrait s’expliquer, s’il fallait être concis, par « la sublime beauté du geste ». Au sein des Compagnons, je me confrontais, dans la salle, à une vingtaine de prévôts, ceux qui gèrent des centres d’hébergement, qui assurent l’animation et la direction d’une maison de compagnons, accueillant entre 50 et 120 jeunes compagnons lors de leur tour de France.

Ils me posaient de bonnes questions : quel est l’impact d’Internet sur leur métier de prévôt ? Quelle est la réelle importance des réseaux sociaux? Comment doivent-ils se comporter avec les jeunes compagnons qui sont, du moins à leurs yeux, plus à l’aise avec Internet ? Ils me demandaient quelques clés. Pour des raisons purement personnelles, j’ai même beaucoup échangé avec l’un d’entre eux, un Russe, compagnon plâtrier, qui rêvait d’introduire les principes du compagnonnage en Russie. Mais pas qu’avec lui, j’aurais passé des heures avec n’importe lequel, ou laquelle (il y avait trois femmes) d’entre eux ou d’entre elles. Lire le reste de cet article »

 

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Mode anglais, mode français : de la contestation

Ce billet fait suite à mon premier : « Mode anglais, mode français : de la décision« .

Il est motivé par la montée de l’extrémisme que je perçois dans plein de domaines, dont un qui cristallise bien des tensions, Hadopi. Mon ami Jean-Michel Planche a raconté ici des éléments intéressants: lui qui est un entrepreneur militant de l’Internet se voit conspué, voué aux gémonies, parce qu’il a, comme moi, accepté de favoriser les ponts plutôt que les murs.

Une première remarque s’impose : la coopération est un équilibre instable. Ceux qui pratiquent la théorie des jeux le savent bien : A & B discutent. C’est une matrice à quatre cases : A & B jouent la coopération (gagnant-gagnant en d’autres termes), A la joue et B non, l’inverse, et aucun des deux ne la jouent. La première case est la seule à aboutir à un résultat accepté conjointement. Mais elle est instable: il suffit que l’un des deux la quitte pour que l’autre frustré, la quitte aussi, et tout le monde se retrouve dans la case affrontement (perdant-perdant); Bing. Insistons bien: seule la case coopérative est créatrice de valeur, les autres sont destructrices. Lire le reste de cet article »

 

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Mode anglais, mode français : de la décision

Le français et l’anglais, c’est une histoire d’amour et de haine. Les influences des deux langues sont profondes, et parfois surprenantes. Qui sait que le mot « Mushroom » vient en fait du vieux français « le moucheron », qui est devenu notre mousseron des prés? Je ne peux que conseiller l’extraordinaire livre de Henriette Walter, [amazon asin=222108165X&text=Honni soit qui mal y pense : L'incroyable histoire d'amour entre le français et l'anglais], qui, entre autres, recense 3200 mots qui s’écrivent de la même manière et ont le même sens dans nos deux langues. Lire le reste de cet article »

 

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Essai pour la politique du futur

Internet est actuellement un formidable vecteur de transformations, qui impacte tous les secteurs de la société. La politique n’est pas épargnée, et les hommes politiques aujourd’hui sont de plus en plus secoués par la force des communautés qui ont, avec internet, trouvé enfin l’outil qui leur permet d’être plus efficace.

Il ne faut pas être aveuglé par ce qui s’est passé en Tunisie, en Egypte, et ce qui se passe maintenant dans d’autres pays Arabes. Tout les régimes, tous les hommes politiques, qu’ils vivent dans des démocraties, ou des régimes totalitaires, sont secoués, non pas par Internet, mais par l’irruption des peuples dans la vie politique, mouvement qui n’est pas récent, mais s’appuie sur le réseau pour prendre de la puissance.

Il n’est pas inutile de rappeler les fondamentaux de l’Internet: c’est un réseau neutre, du moins, pour l’instant, qui interconnecte des individus en mode pair à pair, et leur permet d’échanger, et d’exprimer leur créativité. Internet est donc l’antithèse du schéma hiérarchique traditionnel, qui fait encore aujourd’hui du monde des entreprises, où l’information est plus dans un flux vertical qu’horizontal. Internet, parce qu’il favorise la mise en réseau des intelligences, est un outil qui favorise la confiance, ou plutôt, qui ne peut fonctionner que sur des schémas humains basés sur la confiance. Lire le reste de cet article »

 

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La société de l’interaction et de la complexité

Internet n’est pas la première technologie de l’histoire de notre humanité qui accompagne des bouleversements fondamentaux. J’ai coutume de dire que l’invention de l’alphabet est la révolution la plus proche de l’Internet, et son usage n’a probablement pas été facile à ses débuts. Il n’est pas neutre de passer d’un dessin à une série de symboles abstraits.

Mais la construction de l’Internet est aussi une manière de résoudre des problèmes. La lecture du livre « [amazon asin=2226062130&text=L'homme et la matière] » d’André Leroi-Gourhan nous montre bien que l’idée de co-construction entre l’humain et l’outil est un des fondamentaux de l’humanité: « la main forge l’outil, et l’outil change l’homme » . Ce constat permet d’éviter deux écueils: la technologie Dieu et la technologie Diable. Non, Internet n’est pas l’outil qui va rendre le monde meilleur. Mais Internet n’est pas non plus l’instrument qui pousse les enfants dans les griffes des pédophiles. Internet, comme l’écriture, est un média neutre. L’alphabet a permis de coder à la fois « La Divine Comédie » et « Mein Kampf », des recettes de cuisines délicieuses et des livres pornographiques, Molière et Emile Henriot. Internet, de par la neutralité de son architecture, véhicule tous les paquets de manière indifférenciée. Lire le reste de cet article »

 

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Business model de l’Internet: des moments noirs à venir ?

Nous avons de la chance en France, d’avoir Free, qui a forcé les opérateurs de télécommunications traditionnels à adopter des modèles tarifaires forfaitaires, non basés sur l’usage.

Pour comprendre comment cela est possible, il faut rappeler l’un des papiers fondateurs de l’Internet, si ce n’est le premier, publié en 1961 par Leonard Kleinrock, « Information flow in Large Communication Network« .

Kleinrock s’intéressait à un problème simple : quel est le meilleur protocole pour faire communiquer deux ordinateurs entre eux. Après avoir étudié les protocoles des opérateurs de télécommunication, il a conclu que ce n’était pas un bon paradigme, et sa thèse a porté sur le choix du paquet plutôt que de la commutation. Lire le reste de cet article »

 

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Bonne année 2011, une année première


(english version here)

Le mathématicien qui, en moi, a refusé de s’endormir , me fait remarquer que 2011 est un nombre premier.

Ce sera donc une année première.

Alors, que souhaiter ?

  • Au monde des entreprises, de se mettre en mode coopératif, en comprenant qu’Internet n’est pas le problème, mais la solution pour créer de la valeur collective.
  • Au monde de la politique, de comprendre les vertus du modèle du gouvernement 2.0, tel que les pays anglo-saxons commencent à l’aborder.
  • A tout le monde, d’avoir confiance en l’avenir, car il n’y a pas d’innovation sans risque, et pas de risque sans confiance.

Finalement, n’oublions pas que l’avenir n’est pas dans les astres, mais dans la tête de ceux qui le construisent.

Je nous souhaite donc, à nous tous, de mettre de la joie et de la beauté dans nos constructions communes !

time past, and time future,
what might have been, and what has been
point to one end, which is always present

Only through time time is conquered.

 

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pub et Internet

En ce moment de Noël, la neige tombant à gros flocons, j’ai envie d’aborder avec légèreté un sujet important: la publicité et Internet.

Le marketing et la pub, comme beaucoup d’activités, ne peuvent plus se faire de la même manière dans un monde Internétisé. Il ne suffit plus d’affirmer ou de scénariser; le message en soi n’est plus suffisant, il doit être cohérent avec le fond.

Une illustration est la suivante. J’ai effectué en 2006 un travail pour Renault, qui consistait à analyser dans les forums de discussion le buzz autour du quidam qui prétendait que son régulateur de vitesse était bloqué à 190km/h. Renault avait fait parler Jean-Pierre Beltoise sur France 2, mais hélas, celui-ci raconta que les lagunas étaient des voitures fiables, avec comme preuve qu’il suffisait de retirer la clé de contact si problème… Les forums ont buzzé de manière inimaginable sur cette énormité, et je vous livre ici deux extraits qui résument bien la réaction de la toile.

Nous étions en 2006…

Dans les années 1990, à la création du web, tout le monde le confondait avec la télévision. C’était normal, l’internet avant le web était en vrai mode peer to peer, tandis que le web, qui revenait à une architecture séparant un client et un serveur, était un retour vers une forme verticale de transmission de l’information, poussée du site web vers l’utilisateur. D’ailleurs, lorsqu’on me demande de synthétiser ce qu’est le web 2.0, je réponds qu’il s’agit du retour au paradigme originel de l’Internet, à savoir un media fait pour que les gens parlent entre eux, mais qui se fait au travers d’un navigateur web, et très souvent alimenté par du contenu.

Donc, les entreprises se sont mises à faire de la communication web comme à la télévision. Le résultat peut être désastreux. Lorsque sont oubliés les fondamentaux d’Internet, à savoir que c’est, contrairement à la presse, la radio ou la télévision, un media neutre qui fonctionne essentiellement en peer to peer, qui met l’intelligence aux extrémités, et qui permet d’exprimer la connaissance globale (tout le monde sait que les autres savent), la situation peut, pour une entreprise, devenir un cauchemar. Le cas Nestlé contre Greenpeace est un exemple à méditer avec beaucoup d’attention.

Lorsqu’il y a une catastrophe aérienne médiatique, il m’arrive de regarder comment les compagnies changent leur site web. Lors des attentats du 11 septembre, United et American Airlines avaient, dans la foulée, changé leur home page par un énorme bandeau sur la catastrophe, avec un lien discret vers le site traditionnel. Lors de l’accident du vol Air France Rio Paris, il y avait un tout petit message en rouge à peine visible sur le site d’Air France, un bandeau qui avait la même importance visuelle que lorsqu’il s’agit de signaler des grèves ou des intempéries. Lors de l’accident du boeing de Charm-El-Cheikh en 2004, non seulement le site de Fram (80% des passagers) avait ignoré l’évènement, mais on y voyait une publicité qui disait « Charm-El-Cheikh, une destination de rêve »…

La pub devrait, selon moi, reposer sur trois fondamentaux : le fun (pas la moquerie), la valeur ajoutée (pas le message), et l’honnêteté (pas la transparence).

Le fun, parce que le monde moderne, post seconde guerre mondiale, n’est pas drôle. Parce qu’il suffit de regarder les gens dans le métro pour se rendre compte à quel point le rire est trop peu utilisé. Parce que le monde du travail, comme le monde de l’école secondaire, sont trop axés sur le sérieux, et oublient la dimension plaisir. De toutes façons, si la marque ne se met pas au fun, les internautes, au travers du remix, le feront eux-mêmes.

Ensuite, la constante quête du message a fait oublier que la complexité du monde nécessite de plus en plus de modes d’emploi. Si les réseaux sociaux sont plutôt pauvres sur le sujet, les forums de discussion sont des lieux d’entraide. Il est important pour une marque non seulement de savoir ce qui se passe dans la couche usage de ses produits, mais d’y apporter de la valeur. Même sans parler de pub, combien de marques mettent en téléchargement la notice d’emploi (pas la brochure commerciale, la vraie notice d’emploi) en téléchargement ? Mon appareil photo Canon, je peux. Mon piaggio MP3, je ne peux pas. C’est, pour moi, un vrai test. Non seulement la pub peut contenir de la valeur ajoutée, mais, en renversant la proposition, l’apport intellectuel passe encore mieux par le rire.

Enfin, la demande constante du public pour de la transparence n’est pas réalisable. Pour reprendre les propos de mon ami Dominique Christian, une entreprise transparente est inhumaine. En étant vulgaire, dans les camps de concentration, les latrines étaient ouvertes, de la vraie transparence. Personnellement, je préfère concept d’honnêteté. Lorsque Lego a sorti son premier simulateur, en 2005, celui-ci était bogué. Furieux, les clients hackers ont pénétré le site web de Lego pour télécharger la base de donnée des briques, sont rentrés dans le code du simulateur pour l’améliorer, et ont renvoyé le tout en injuriant Lego pour son mauvais travail. La réaction de Lego a été un modèle du genre: l’entreprise s’est excusée, et les a remerciés. Un exemple parfait non pas de transparence, mais d’honnêteté.

Tout ceci n’est pas nouveau. La pub en France a une très forte tradition d’humour, et je me permets de rappeler l’une des plus grandes publicités, qui serait, aujourd’hui, considérée hélas comme pas très acceptable :

Alors, même si la pub suivante est très connue, je ne peux m’empêcher de la rediffuser ici. Bien sûr, c’est pour un site de vente de vins en ligne !

Joyeuse neige à toutes et à tous !

 

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Les liaisons numériques dangereuses

Lorsque je suis sollicité pour faire des conférences sur les ruptures induites par Internet, il arrive que l’on me demande de parler des dangers de l’Internet.

Cela avait commencé il y a quelques années, lorsque j’avais été demandé sur ce sujet dans une émission de télévision semble-t-il connue, animée par Delarue, « ça se discute ». J’avais alors répondu que ce sujet n’était pas très intéressant en tant que tel, et que, paraphrasant mon ami André-Yves Portnoff, le seul grand danger de l’Internet est de ne pas y aller.

Cette émission fût d’ailleurs bizarre: une collection hétéroclite de « drames » humains. Une femme qui montrait ses seins devant une webcam; une mère dont l’enfant passait 17 heures par jour à jouer en réseau; une enseignante qui quintuplait son salaire en se prostituant luxueusement (le lien avec l’émission ? elle trouvait ses clients grâce à Internet…); une femme qui avait découvert l’âme sœur sur Meetic, et qui au bout de trois mois d’échanges d’emails passionnés, passe enfin deux heures folles à partager physiquement, les yeux bandés, avec son amant virtuel devenu réel pour découvrir au bout de ces deux heures que c’était une autre femme… Bref, la vie telle qu’elle existe depuis longtemps. J’avais d’ailleurs rappelé que, par exemple, les emails amoureux n’étaient que de pales copies des échanges entre Georges Sand et Alfred de Musset, ce qui avait engendré dans les yeux de Delarue un moment de découragement (« eh bien, elle est intellectuelle cette émission », s’était-il exclamé…).

Il faut rappeler un fondamental: Internet est un média neutre. Dans sa construction même, il avait été décidé de ne mettre aucune intelligence dans le réseau, et de reporter cette intelligence aux extrémités. La pensée originale, à savoir le peer to peer, avait imposé un schéma dans lequel le réseau routait avec égalité tous les paquets et ne s’intéressait pas à leurs contenus. Cette fameuse « neutralité du net », qui fait débat actuellement, était l’antithèse des réseaux des opérateurs de télécommunication, qui encore aujourd’hui implémentent le concept de classe de service, c’est à dire de priorité des communications les unes par rapport aux autres. La qualité totale sur laquelle sont bâtis les réseaux de télécommunication classiques impose effectivement une logique de rareté, à savoir que la ligne est ouverte et réservée même si rien ne passe dessus, logique de rareté qui impose de faire des priorités. Internet, à l’inverse, est basé sur le principe d’abondance, et donc de partage égalitaire.

Donc, Internet transporte indifféremment ce qu’on lui injecte. La beauté passera dans le réseau sans aucune priorité sur la laideur. L’intelligence et la bêtise y sont  transportés de manière équivalente. Où se fait alors le filtre ? Aux extrémités. Ceci est vrai pour la technologie, mais aussi pour l’usage. C’est à l’utilisateur de faire la différence entre le bien et le mal. Celui qui s’intéresse au conflit du golfe par exemple n’a aucun problème à ouvrir à la fois CNN, al jazeera, et un forum de discussion, et à se faire sa propre idée.

Une conséquence directe est cette proposition qu’Internet rend évidente : beaucoup de vérités sont contextuelles.

Une autre conséquence est rassurante : le réseau contient aussi l’antidote. Lors de l’émission de Delarue, le vrai drame était une femme dont la fille s’était pendue après avoir surfé sur des sites gothiques. J’ai respecté en direct ce cas, mais j’ai eu une discussion à la suite avec la mère, qui au début en voulait à Internet, pour à la fin me dire qu’elle s’en était sorti en fondant une association de parents, et qu’elle avait créé des liens avec d’autres associations dans le monde, grâce, bien sûr, à Internet.

Alors, quels sont les dangers de l’Internet ? J’en vois trois principaux.

Le premier est effectivement de ne pas y aller, d’ignorer le phénomène. De faire comme si Internet était une simple technologie, qui ne remet pas en cause certains fondamentaux. De ne se contenter que de l’email par exemple.

Le deuxième est de s’y opposer. Déclarer que wikipedia est de mauvaise qualité, comme une de mes étudiantes me l’avait affirmé (cf. ma réponse ici). Déclarer que « dans Internet, il n’y a que des emmerdeurs », comme me l’avait dit en 2006 un directeur marketing d’une entreprise du CAC40. Sans parler des lois sur le filtrage qui ne sont pas seulement l’apanage de la France, même si nous sommes, pour une fois, plutôt en pointe sur ce sujet, hélas.

Le troisième est de ne pas se transformer. Pour aborder Internet et en tirer le meilleur, il faut déjà se former. Les élèves des écoles devraient être formés, non pas aux dangers de l’Internet, mais à son mode d’emploi. Les salariés des entreprises devraient tous avoir des cycles de formation au numérique, à l’instar de ce que fait Lippi. Puis il faut se changer, au niveau individuel mais aussi au niveau collectif. Les entreprises et les administrations doivent se mettre en mode 2.0, et tant pis si ce concept est flou, au moins il force à réfléchir. Internet s’est construit sur la base de consensus grossier, sans planification. Le résultat est deux milliards d’individus interconnectés en moins de vingt ans.

A part ces trois dangers, je ne vois pas d’autre réelle menace différente de ce que la vie nous réserve, lorsqu’elle est cruelle et brutale. Simplement, Internet est un extraordinaire amplificateur des sentiments humains, bons ou mauvais, et c’est cela qu’il faut, avant tout, retenir.

Internet, parce qu’il met en commun une intelligence qui se situe aux extrémités, est le contraire du pouvoir central qui « pense » à la place des autres. Internet, quelque part, favorise plus une éthique que la morale.

Ce n’est pas l’attitude la plus facile. Mais, pour paraphraser un moment important du film « Himalaya, l’enfance d’un chef » : « Lorsque deux chemins se présentent à toi, choisis toujours le plus difficile ». C’est sur ces chemins que l’on apprend le plus.

Les chemins de l’Internet sont complexes, profitons-en.

 

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