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Créer et animer une communauté : l’exemple d’Enseignants du Primaire

J’ai toujours considéré le forum « Enseignants du Primaire »  fondé par André Jorge Payet, comme un magnifique exemple d’une rupture positive produite avec l’aide d’Internet.

J’ai eu quelques échanges intéressants avec André Jorge, enseignant à St Denis de la Réunion, qui m’a décrit comment sa communauté s’est structurée, et fonctionne.

Tout d’abord, un état des lieux, en ce mois de décembre 2011. La communauté est composée de 122.180 membres qui ont posté 4.098.710 messages. Avec un ratio de 33 messages par membre, ceci en fait un forum extrêmement actif. Le soir, il y a en moyenne 900 utilisateurs connectés. La communauté est composée d’enseignants du primaire, d’étudiants dont beaucoup en IUFM, et de quelques parents mais peu nombreux. Cela signifie qu’environ un tiers des enseignants du primaire échange sur ce forum. La très grande majorité résident en France, même s’il y a de temps en temps des Belges, Québécois ou Africains qui contribuent.

La structure du forum est caractéristique d’une communauté de pratique: les thèmes sont concrets, la navigation à trois niveaux est très claire. La plupart des rubriques sont professionnelles, liées au métier d’enseignant du primaire. Les parties thématiques sur les domaines d’activités est une excellente illustration des questions très intéressantes que se posent les enseignants dans le cadre de leur pratique, et les parents devraient la lire! Comme toute communauté qui fonctionne bien, il y a des coins loisirs, détentes et humour. Je vous suggère de lire certaines perles de parents d’élèves, qui m’ont presque empêché d’écrire cet article tellement je riais.

Ce site contient un joyau encore peu exploité: une rubrique consacrée à la relation de l’école avec les parents. André Jorge souhaite fortement développer cette partie, entre autres en offrant des exercices en ligne. Quand on est partisan de l’école ouverte sur le monde, et de modèle coopératif, on ne peut qu’admirer la communauté et son fondateur de tendre la main, et souhaiter participer; avis aux parents de bambins qui me lisent !

Ce forum est totalement indépendant de l’éducation nationale, et souhaite le rester. André Jorge est très clair : « nous souhaitons rester et resterons un site indépendant, où les membres seront libres de s’exprimer, sans contraintes de la hiérarchie » . L’éducation nationale n’a jamais réagi officiellement ni officieusement à l’existence de ce forum, a part quelques initiatives individuelles demandant de promouvoir un évènement.

Le modèle économique est intéressant à considérer. Le forum est basé sur une solution hébergée dans le cloud, IPboard de Invision. A ce niveau de contributions, le coût est en moyenne de 400 euros par mois, tout compris. Au passage, nous avons l’illustration du modèle économique efficace de l’Internet, qui est une économie de partage et d’abondance. Si l’on revenait à l’économie traditionnelle des opérateurs de télécommunication ou de certains fabriquant de logiciels, à savoir une économie de rareté et d’exclusivité, le coût serait beaucoup plus énorme, et empêcherait l’explosion des usages.

Pour couvrir ces coûts, André Jorge a deux sources de revenus : les cotisations des membres, et la publicité. La cotisation est à deux niveaux : 2 euros par an, ou 10 euros par an donnant alors accès à du contenu pédagogique. A deux euros par an, il suffirait de 2400 cotisations pour couvrir les coûts, soit 2% des membres… Mais le nombre de cotisants est très faible (300) d’où la nécessité d’aller chercher des revenus publicitaires. Surtout, André Jorge souhaite developer encore plus le site, et le faire entièrement gratuit pour tous les membres.

La communauté a commencé en 1998, à partir des difficultés d’André Jorge en tant que stagiaire. Ayant fait le constat qu’il n’était pas le seul, il a commencé par générer de l’entraide entre ses pairs, puis un jour eut l’idée de créer un premier site web pour amplifier sa communauté. Ce qui était quelques pages html est devenu un forum au bout d’un an. Il y avait en moyenne un message tous les trois jours, les membres posaient des questions, et André Jorge y répondait.

 

Et puis la communauté s’est créée « naturellement ». Plus précisément, en 1999, ce site était le seul forum web pour enseignants. Il y avait des listes de diffusion, et des forums usenet, mais centrés sur les enseignants. André Jorge a vu que rien n’existait pour les étudiants préparant le CRPE (Concours de recrutement des Professeurs des écoles), et a donc ajouté cette rubrique sur son site. Ces étudiants devenus enseignants titulaires ont continué à alimenter la communauté. Ils ont de fait constitué le noyau dur qui fait le difficile travail de démarrage d’une communauté, ceux que je nomme « les apôtres », en référence au magnifique tympan de Vézelay où l’on voit le Christ dans sa mandorle entouré de quatre groupes de trois personnes, les douze apôtres, allant enseigner la sainte trinité aux quatre points cardinaux.

La communauté est passée de 40 membres à 1000 en 2003. Mais André Jorge a toujours eu le souci d’améliorer le site, tant sur le plan fonctionnel que technique. C’est, dit-il, la condition indispensable pour qua la communauté continue de grandir. Il a d’ailleurs dans ses cartons des projets d’offres de services en ligne pour les enseignants et les parents.

Ce qui m’a semblé remarquable, c’est l’impact de ce forum sur la pédagogie des enseignants. Je citerai ici les propos du fondateur :

L’effet constaté est que cela change la vision du monde qu’ont les gens : ils constatent que l’on peut partager et collaborer, que cela se fait sur l’Internet. Alors ils le font à leur tour, sur le web et ailleurs, dans la « vraie » vie. Je suppose donc qu’il est possible que le fait d’échanger et de collaborer avec d’autres collègues sur le web nous amène à inculquer des méthodes de travail coopératif aux élèves.

Ceci ne peut qu’entraîner l’admiration, et un seul mot : bravo.

 

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Innovation pour le travail en groupe, 1994 : Telesia

Voici une deuxième vidéo, un projet de l’Inria qui se nommait telesia, un système travail collaboratif basé sur des échanges de flux vidéo.

Nous sommes en 1994. Nous ne pouvons que constater à la fois le chemin parcouru, mais aussi le côté visionnaire de ce projet !

 

 

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Innovation pour le travail en groupe, CP2i 1994, le digital desk

En 1994, je m’occupais du CP2i, le cercle pour les projets innovants en informatique, un think tank qui regroupait l’Inria, le Syntec, le CIGREF, le CEA, France Telecom, EDF, le CNRS, et d’autres acteurs de l’informatique en France.

J’avais organisé une conférence sur « l’Innovation pour le travail en groupe », et j’avais demandé à la junior entreprise de l’INT de me faire un CD-ROM de cette conférence. Nicolas Guillard l’avait réalisé, et à ma grande surprise, Nicolas que j’ai vu ce midi m’a remis le dernier exemplaire du CD-ROM qu’il a réussi à conserver.

Inutile de vous dire que c’est un format difficilement lisible aujourd’hui, du macromedia, et de toutes façons c’est un executable windows qui ne fonctionne pas sur mon Mac.

Néanmoins, il y a cinq vidéos, quatre de Xerox et une de l’Inria.

Comme j’adore l’archéologie, je mets à votre disposition ici celle qui m’avait le plus marqué à l’époque : le digital desk de Xerox. Le principe m’avait fasciné: une caméra qui filme des interactions, et qui les interprète.

Il est de mon bon plaisir de le partager. Ce n’est pas de la qualité vidéo exceptionnelle, mais le contenu est respecté. Surtout, par rapport à la technologie actuelle, n’oubliez pas que ce qui est montré ici date de plus de 17 ans…

 

 

 

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Table ronde autour de l’open data et open gov chez techtoc TV

Profitant de la visite de Chris Moore, le DSI d’Edmonton, je suis en train de monter une table ronde qui aura lieu lundi prochain de 14h30 à 15h30 chez TechtocTV. Cette table ronde est gentiment sponsorisée par Fondapol, et le Cigref. Elle sera diffusée par TechtocTV. Lire le reste de cet article »

 

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L’intérêt de l’OpenApi pour les entreprises

(note : english version here)

Le système d’information des entreprises est généralement un système fermé. Ce n’est pas forcément par crainte d’intrusion, ou de malveillance, mais parce que la philosophie de base du monde industriel est qu’il y a une vie dans l’entreprise, une vie en dehors de l’entreprise, et que la frontière entre les deux doit être simple: fermée, avec quelques points de passage bien surveillés, par exemple par une machine inventée par IBM en 1912 (l’horloge pointeuse) faisant office de système d’information, et une logique basée sur l’horaire qui permet de faire une barrière temporelle entre le dedans et le dehors.

Bien évidemment, le monde a changé. Plusieurs frontières entre l’intérieur et l’extérieur de l’entreprise, entre la sphère privée et la sphère professionnelle, ont explosé. Déjà sur le plan temporel, à part les salariés qui ont un travail posté (à peine 15% du travail actif), plus personne n’est vraiment concerné par la durée comme mesure de la création de valeur (d’où l’absurdité de la loi des 35 heures, non pas à cause du chiffre 35, mais parce que l’heure est de moins en moins une unité pertinente). Ensuite, la capacité des entreprises à mettre partout des blocages sur leur système d’information, allant de pare-feu à l’interdiction des réseaux sociaux en passant par le blocage de toute vidéo (pire que le gouvernement Chinois…), force finalement les salariés à travailler de chez eux, où ils trouvent de bien meilleures conditions informatiques que sur leur lieu de travail.

Les systèmes d’information, traditionnellement fermés, ont été bouleversés par la philosophie ouverte de l’Internet. Il a fallu quelques années avant que les entreprises ne se mettent à ouvrir partie de leurs informations sur l’extérieur; je me souviens de la révolution engendrée par UPS qui avait été innovant en décidant d’ouvrir son intranet sur le web afin de donner les dates de délivrance de ses paquets.

En 2010, il serait suicidaire pour une entreprise qui s’adresse au grand public de ne pas avoir un site web qui, a minima, offre de l’information, et au moins permet d’effectuer des transactions.

Mais ceci va vite devenir largement insuffisant, et je pense que le monde de l’entreprise devrait rendre publiques les API, qui sont des interfaces de programmation, de leur système d’information.

Observons ce qui se passe dans le monde de la politique. Le mouvement de l’Open Data est né de la volonté de certains chefs d’état d’ouvrir au public les données de l’administration; ou plutôt, pour reprendre l’excellent phrase du rapport de Nicholas Gruen remis au gouvernement Australien, de passer d’une logique où « le gouvernement protège ses données, sauf s’il a envie de les diffuser » à une logique où « le gouvernement diffuse ses données, sauf s’il y a une raison impérieuse de ne pas le faire ». C’est ainsi que le gouvernement Américain a ouvert son portail de données, que ce fut aussi le premier geste de Cameron lorsqu’il fut élu, conduisant au portail Anglais, suivi par de nombreux pays ou administrations; même le gouvernement Russe a ouvert un portail rendant publiques les dépenses de son administration.

Lorsqu’un gouvernement ouvre ses données, celles-ci se présentent sous plusieurs formats, allant de simples documents pdf jusqu’à des tableurs excel. Publier des données est intéressant, mais les rendre utiles est encore mieux. La logique a donc été de passer de l’ouverture des données à l’ouverture d’interfaces de programmation permettant à des programmeurs de réaliser des applications dialoguant avec les systèmes d’informations.

Le principe est le suivant: une municipalité ouvre des API sur son système d’information. Ensuite pour amorcer la pompe, elle crée un concours public, récompensant les meilleures applications utilisant ces API. La communauté est alors motivée pour créer de telles applications. L’intérêt pour une ville est multiple: elle se concentre sur son métier qui est de gérer la ville, elle n’a plus de problème de développements informatiques, puisque les applications sont réalisées ailleurs, l’argent du contribuable est finalement mieux dépensé, et les services rendus deviennent très nombreux. De plus, dans le modèle anglo-saxon, non seulement l’administration ne doit pas faire payer ses données, mais il est bien que ces données permettent au monde économique de s’enrichir… Un ensemble de municipalités a d’ailleurs décidé de standardiser ces interfaces de programmation, donnant naissance à Open311, site sur lequel on peut voir la liste des applications développées par des tierces personnes.

Le monde de l’entreprise devrait s’inspirer de ce mouvement. Prenons un cas d’école, en partant du bricolage. Les deux grandes enseignes, Castorama et Leroy-Merlin ont développé des applications iPhone. Ces applications ont coûté de l’argent, et ont forcé les entreprises à faire de l’informatique, ce qui est loin de leur cœur de métier. De plus, aucune de ces deux applications ne permet de passer commande directement des produits concernés, contrairement à celle de Home Depot. Imaginons maintenant que les enseignes décident d’ouvrir leurs API. Il y aura sûrement dans la communauté des clients des programmeurs de génie qui développeront des applications orientées usage, puisqu’eux-même sont clients. Ces application pourront alors, au-delà ce que font déjà celles des marques, inventer d’autres usages en laissant cours à l’imaginaire, et surtout, passer directement des commandes au système d’information. Le flux d’achat en sera ainsi augmenté.

Prenons un autre exemple: si les banquiers ouvraient leurs API (en imaginant qu’ils passent d’un mode stock à un mode flux), la communauté pourrait développer des applications innovantes, permettant de mieux gérer leurs comptes, de faire des transactions, etc… Les banquiers y gagneraient des flux, et les clients auraient des services bien plus intéressants.

Est-ce utopique? C’est déjà ce que fait Amazon dans le retail, avec d’une part les Amazon Web services, dont par exemple un permet d’adresser le tunnel de commande, et les widgets qui permettent à chacun de mettre une fenêtre d’Amazon sur son site. C’est aussi la récente innovation de paypal avec paypalX, un ensemble d’API ouvertes associées à un modèle économique de partage de revenu. C’est ce qu’a fait JCDecaux en ouvrant les interfaces des bornes du vélib, fournissant le nombre de vélos et ne nombres de slots disponibles, même si l’on aurait aimé qu’il ouvre ses interfaces du Vélib lui-même, et surtout regretter qu’il fasse machine arrière. On pourrait penser à d’autres applications, dans le monde de l’automobile ou de toutes les industries, ou de tous les services.

Le monde Internet est un monde ouvert, basé sur la coopération, l’intelligence collective, et la valeur du flux plus que du stock. Ouvrir ses API représente, pour une entreprise, la compréhension d’où se situe la valeur, et de comment l’exploiter intelligemment. Je reste persuadé que les premières qui le feront auront un avantage compétitif par rapport aux autres. Le « gouvernment as a platform » de Tim O’Reilly deviendrait, à la lumière de ce que j’ai écrit en 2008, « enterprise as a platform ». Auguste Detoeuf, dans « propos de O. L. Barenton, confiseur« , le disait lui-même: « ce ne sont pas vos brevets, mais votre rapidité d’exécution, qui vous protégera de la concurrence »; livre écrit en 1936…

(note : Owni m’a fait le plaisir de reprendre ce billet. Merci à eux !)

 

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Un opéra en direct dans les mondes virtuels

Voici un joli moment passé à regarder un opéra dans Second life.

De plus en plus souvent, les opéras sont retransmis en streaming, comme l’opéra de Liège ou le Metropolitan opera de New York. Mais c’est plus rare dans un monde virtuel. C’est une forme séduisante de réalité mixte.

C’est l’opéra de Rennes et la bibliothèque francophone du metaverse qui ont créé le projet Opera Bis, qui permet de voir en streaming un opéra dans une reconstruction en 3D de la salle elle-même. Cet évènement a été retransmis à la fois dans Second Life et dans OpenSim.

L’opéra de Rennes jouait une jolie pièce de Donizetti, « Rita ou deux hommes et une femme ». C’est un opéra comique, dans le style Rossini « la petite messe solennelle », léger et délicieux.

Les voix étaient superbes, et la mise en scène très drôle. Je me sentais mal, car j’étais habillé en Heticien, alors que les autres avatars étaient superbes. Mais j’ai pu réaliser un vieux rêve : sauter du balcon du haut pendant l’opéra.

A la fin, un petit pot a réuni les spectateurs et le directeur de l’opéra, qui expliqué que d’autres évènements allaient être produits.

Bravo à toute l’équipe et spécialement à Hugobiwan, grand organisateur !!

Addenda :

Voici deux vidéos très bien montées, l’une de l’opéra vu dans Second Life, par Jean-Paul Moiraud :

et l’autre de la même soirée dans OpenSim, par non pas Ange Zanetti mais @AngeFG
:

 

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Réponse à Richard Descoings, directeur de Sciences Po

Je lis avec intérêt cette interview de Richard Descoings, qui parle du numérique et de Sciences Po.

Lors de ma carrière professionnelle dans l’informatique, j’ai toujours apprécié les personnes formées à Sciences Po, pour leur compréhension de l’équilibre entre l’approche technologique et les usages. C’est pour moi une quintessence d’un enseignement entre humanisme et technologie. C’est donc avec immense intérêt que je considère l’approche du directeur de cet excellent institut.

J’avoue être surpris.

Je ne vois dans ses propos rien sur la politique 2.0, rien sur l’opendata, rien sur le gouvernement 2.0. Comment peut-on alors affirmer que la France n’est pas en retard, quand on voit que ce qui va faire les hommes politiques de notre pays de demain matin ne semble même pas enseigné aujourd’hui…

Je suis intrigué quand je vois dans cette interview que les problèmes de droits d’auteurs se posent comme contrainte à la diffusion d’un cours. Le parlement Australien vient de décider de passer sous licence Creative Commons V3. Pourquoi pas les cours de Science Po ?

Le monde Internet s’est construit dans une logique de rapidité et de « best effort ». La qualité s’y inscrit dans le temps, la qualité totale a priori est un facteur limitant. Dire que « je ne mets pas de vidéo en ligne parce que les gens en ont assez au bout de dix minutes » est totalement en décalage par rapport à cet état d’esprit. Aujourd’hui, non seulement les contenus sont en ligne, mais en plus la tendance est de publier des API qui permettent aux citoyens non seulement d’y accéder, mais de concevoir eux-même les applications les utilisant. Aujourd’hui, c’est l’internaute qui décide de ses usages, pas le fournisseur d’informations. Et si, à l’instar de ce que font des municipalités via le mouvement open311, Sciences Po se posait la question de laisser les étudiants manipuler le contenu comme bon leur semble, et créer eux-même des applications ? Peut-être même que l’apprentissage y gagnerait encore plus en qualité…

Enseignant dans plusieurs établissements, je suis intrigué de constater que le système éducatif supérieur prépare très bien au monde d’hier… Pour reprendre les propos de Richard Descoings lui-même, si Sciences Po ne se met pas à fond dans la philosophie d’Internet, alors oui, je confirme que son peu d’avance va devenir un très gros retard ! Sciences Po est une fabuleuse école. Elle n’aura aucun problème à se plonger dans le monde de demain.

 

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TechtocTV sur les mondes virtuels en entreprise

Un plateau sympa, avec quelques réflexions sur l’usage des mondes virtuels en entreprise.


[Aller voir le site]

 

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Communauté et gestion de la connaissance

S’il est un endroit où Internet se distingue des medias traditionnels, c’est bien dans sa faculté de mettre en relation des individus en mode pair à pair, connu dans son Anglicisme « peer to peer ».

Cette expression se retrouve dans beaucoup de lieux, allant des réseaux sociaux à twitter, mais trouve son expression dans la source même de construction de l’Internet, et dans l’un de ses tout premiers services: le forum de discussion. Internet s’est construit sur une réciprocité équilibrée entre tous les internautes: je t’ouvre mon ordinateur, tu m’ouvres le tien, et nous pouvons échanger. Il est amusant de constater que l’invention du web a représenté, probablement au désespoir de son inventeur, une régression, en réintroduisant une architecture client-serveur. C’est pour ça que de nombreuses entreprises s’imaginent être dans Internet simplement parce ce qu’elles ont un site d’information, confondant le web et la télévision. Au contraire, les logiciels les plus proches de la philosophie originelle sont ceux qui sont montrés du doigt actuellement, que ce soient emule, edonkey, napster, etc… Ce qu’on nomme le web2.0 actuellement n’est qu’un retour aux sources.

Donc c’est dans les forums de discussion que l’on trouve la plus pure expression de la puissance de l’Internet. J’en ai recensé une infime partie ici. Ce sont des lieux qui sont d’une extrême richesse, où s’échangent savoir-faire, trucs et astuces, toute une quantité de savoir qui résout bien des problèmes au quotidien. Je cite souvent comme exemple le remarquable forum des enseignants du primaires, où plus de 85.000 enseignants se sont échangés plus de 4,5 millions de messages d’une très grande intelligence.

Pour illustrer la puissance de ces forums, il est utile de rappeler l’anecdote du bug du Pentium. En 1994, Intel sort son premier Pentium, qui avait un léger défaut, avec une très faible probabilité d’erreur. Un mathématicien, le professeur Thomas Nicely, s’en aperçoit, écrit à Intel qui ne répond pas, puis écrit à quelques spécialistes du PC, avec description précise et objective du problème. L’information atteint alors un forum de discussion, comp.sys.intel. Finalement, Intel est obligé d’admettre le problème.

Comme je l’avais écrit en 2004, il est traditionnel de structurer la connaissance en trois niveaux :

Connaissance individuelle quelqu’un sait
Connaissance collective tout le monde sait Médias
Connaissance globale tout le monde sait que les autres savent Internet

C’est la grande puissance des medias traditionnels, la presse la radio, la télévision, que d’amener la connaissance au niveau collectif.

Si Intel avait eu mille clients qui connaissaient le problème, Intel aurait pu leur envoyer la même réponse de non-recevoir. Seulement, Intel faisait face à des milliers de clients qui savaient que les autres clients savaient qu’il y avait un problème.

C’est à ce niveau qu’Internet se distingue des médias traditionnels, en amenant la connaissance au niveau global, ce que les autres médias ne savent pas faire.

Internet n’a pas inventé la force des relations horizontales. Il les a tout simplement amplifié.

 

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Sur les métiers émergents du web…

Une discussion autour des métiers émergents de l’Internet, réalisée par Techtoch.tv.

 

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