Archives pour la catégorie Enseignement

Comment un enseignant a pourri ses élèves

Récemment, la toile a propagé l’article d’un enseignant qui était fier « d’avoir pourri le web » .

La méthode est simple: introduire un faux article dans wikipedia, et dans des sites de corrections payants, et enfin tendre un piège à ses élèves pour les envoyer copier cet article, puis ensuite les faire rougir en dévoilant la supercherie.

Et j’oublie, écrire ensuite un article plein de condescendance, dont je cite certains extraits: « ils ont ensuite rougi quand j’ai rendu les copies en les commentant individuellement« , ou bien « les élèves au lycée n’ont pas la maturité nécessaire pour tirer un quelconque profit du numérique en lettres » , et aussi « j’ai voulu démontrer aux élèves que les professeurs peuvent parfois maîtriser les nouvelles technologies aussi bien qu’eux, voire mieux qu’eux » . Lire le reste de cet article »

 

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Créer et animer une communauté : l’exemple d’Enseignants du Primaire

J’ai toujours considéré le forum « Enseignants du Primaire »  fondé par André Jorge Payet, comme un magnifique exemple d’une rupture positive produite avec l’aide d’Internet.

J’ai eu quelques échanges intéressants avec André Jorge, enseignant à St Denis de la Réunion, qui m’a décrit comment sa communauté s’est structurée, et fonctionne.

Tout d’abord, un état des lieux, en ce mois de décembre 2011. La communauté est composée de 122.180 membres qui ont posté 4.098.710 messages. Avec un ratio de 33 messages par membre, ceci en fait un forum extrêmement actif. Le soir, il y a en moyenne 900 utilisateurs connectés. La communauté est composée d’enseignants du primaire, d’étudiants dont beaucoup en IUFM, et de quelques parents mais peu nombreux. Cela signifie qu’environ un tiers des enseignants du primaire échange sur ce forum. La très grande majorité résident en France, même s’il y a de temps en temps des Belges, Québécois ou Africains qui contribuent.

La structure du forum est caractéristique d’une communauté de pratique: les thèmes sont concrets, la navigation à trois niveaux est très claire. La plupart des rubriques sont professionnelles, liées au métier d’enseignant du primaire. Les parties thématiques sur les domaines d’activités est une excellente illustration des questions très intéressantes que se posent les enseignants dans le cadre de leur pratique, et les parents devraient la lire! Comme toute communauté qui fonctionne bien, il y a des coins loisirs, détentes et humour. Je vous suggère de lire certaines perles de parents d’élèves, qui m’ont presque empêché d’écrire cet article tellement je riais. Lire le reste de cet article »

 

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Réponse à Richard Descoings, directeur de Sciences Po

Je lis avec intérêt cette interview de Richard Descoings, qui parle du numérique et de Sciences Po.

Lors de ma carrière professionnelle dans l’informatique, j’ai toujours apprécié les personnes formées à Sciences Po, pour leur compréhension de l’équilibre entre l’approche technologique et les usages. C’est pour moi une quintessence d’un enseignement entre humanisme et technologie. C’est donc avec immense intérêt que je considère l’approche du directeur de cet excellent institut.

J’avoue être surpris.

Je ne vois dans ses propos rien sur la politique 2.0, rien sur l’opendata, rien sur le gouvernement 2.0. Comment peut-on alors affirmer que la France n’est pas en retard, quand on voit que ce qui va faire les hommes politiques de notre pays de demain matin ne semble même pas enseigné aujourd’hui…

Je suis intrigué quand je vois dans cette interview que les problèmes de droits d’auteurs se posent comme contrainte à la diffusion d’un cours. Le parlement Australien vient de décider de passer sous licence Creative Commons V3. Pourquoi pas les cours de Science Po ?

Le monde Internet s’est construit dans une logique de rapidité et de « best effort ». La qualité s’y inscrit dans le temps, la qualité totale a priori est un facteur limitant. Dire que « je ne mets pas de vidéo en ligne parce que les gens en ont assez au bout de dix minutes » est totalement en décalage par rapport à cet état d’esprit. Aujourd’hui, non seulement les contenus sont en ligne, mais en plus la tendance est de publier des API qui permettent aux citoyens non seulement d’y accéder, mais de concevoir eux-même les applications les utilisant. Aujourd’hui, c’est l’internaute qui décide de ses usages, pas le fournisseur d’informations. Et si, à l’instar de ce que font des municipalités via le mouvement open311, Sciences Po se posait la question de laisser les étudiants manipuler le contenu comme bon leur semble, et créer eux-même des applications ? Peut-être même que l’apprentissage y gagnerait encore plus en qualité…

Enseignant dans plusieurs établissements, je suis intrigué de constater que le système éducatif supérieur prépare très bien au monde d’hier… Pour reprendre les propos de Richard Descoings lui-même, si Sciences Po ne se met pas à fond dans la philosophie d’Internet, alors oui, je confirme que son peu d’avance va devenir un très gros retard ! Sciences Po est une fabuleuse école. Elle n’aura aucun problème à se plonger dans le monde de demain.

 

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S’il y a des enseignants innovants qui me lisent :

J’ai deux propositions à faire passer, suite à mon voyage Australien .

La première concerne un jeu pour les 5-10 ans, en Anglais, qui a remporté un énorme succès. Le jeu consiste à résoudre un « meurtre » environnemental, en clair un écosystème qui est perturbé. En 2008, 1000 équipes de 20 étudiants y ont participé. Cette année, le jeu va débuter le 29 avril. La participation aux frais est de 66 dollars australiens (35 euros environ), mais j’ai une réduction qui permet de jouer gratuitement.

Le lien est http://microscope.edu.au

Le deuxième  projet concerne un réseau d’écoles du monde entier qui veulent collaborer, en utilisant les mondes virtuels comme paradigme. Pour l’instant, il y a 30 écoles réparties dans 10 pays, mais rien en France. Le plus proche de nous est le Portugal. Donc, si une école est désireuse de s’y associer, merci de m’écrire, et je ferais passer l’information à Westley Field qui a initié le projet. Vous trouverez ici une réalisation intéressante, la construction d’un bâtiment réel en utilisant Second Life.

Le lien est http://www.skoolaborate.com/

Merci de faire passer cette information !

J’espère que notre beau pays en profitera pour être au top mondial de la coopération entre écoles.

 

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Enseignement sur les mondes virtuels

Les mondes virtuels sont en train de révolutionner l’approche web traditionnelle. La faculté extraordinaire non seulement d’apporter du contenu avec une interface graphique plus riche, mais surtout de faciliter des interactions entre humains beaucoup plus riches.

Ayant lancé le premier enseignement sur les mondes virtuel à l’Hetic, nous avons travaillé avec Robert Vinet, Nicolas Mas et Yohann Launay sur le contenu. Il sera centré autour du marché des mondes virtuels, des réalisations existantes, des usages – du travail collaboratif aux v-commerce, des plateformes et des technologies. Outre la formation, il y a un objectif annexe qui est de créer un cahier des charges, puis de mettre l’Hetic dans un monde virtuel.

Mais l’ami Billaut a, une fois de plus, tiré très vite, et m’a posé des questions avant l’heure :-). Et voici le contenu, plus quelques remarques annexes sur les mondes virtuels. Voici la vidéo prise par Jean-Michel Billaut. Son post est ici.

 

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Internet et l’enseignement supérieur

Internet, loin de n’être qu’un simple outil, est la technologie qui accompagne une révolution sociétale. Ceci se voit dans beaucoup d’activités du quotidien; ce n’est pas le propos de ce message, d’ailleurs je suis en train d’écrire la suite de mon premier livre.

Ce constat, je l’enseigne de manière régulière dans deux écoles, l’Hetic, et l’ESCP-EAP, où j’interviens dans un master qui se nommait e-business, et qui a fusionné avec le master des systèmes d’information. Et puis, j’interviens de temps en temps, dans des écoles orientées marketing, ou commerce.

Je fais à chaque fois le même constat navrant : mes étudiants sont, à part quelques rares visionnaires, d’une virginité époustouflante à propos d’Internet. Car il n’y a, en France, aucun enseignement sur les bouleversements induits par Internet, sauf dans de très rares écoles, souvent jeunes comme Hetic.

Je rencontre dans ces écoles bien installées des étudiants qui, au mieux, ne savent pas les fondamentaux, utilisent tout juste facebook, mais ne connaissent ni twitter ni la grande majorité des outils Web2.0, n’écrivent que très rarement dans Wikipedia (un sur cinquante…), et ne voient absolument pas ce qui se passe sur les forums de discussion, n’y étant eux-même que rarement. Au pire, j’ai vu des étudiants qui se moquaient de tout ça, critiquant ces outils modernes, perpétuant un schéma ancien sans se poser de questions. Et mes discussions avec des collègues montrent que les grandes écoles même scientifiques, qui forment l’élite de la nation, ne sont guère mieux loties.

Ils consomment de l’internet comme de la télévision…

Pourtant, quand je commence à les promener sur mes sites déviants, fait d’extraordinaires signaux faibles, je vois bien au visage interloqué de certains qu’ils commencent à se poser les bonnes questions.

En clair: l’enseignement supérieur, qu’on pourrait penser conçu pour préparer les étudiants au monde de demain, est en train de développer un gigantesque rétroviseur. Les techniques enseignées sont des techniques anciennes, basées sur des modèles verticaux et pyramidaux, et qui ne tiennent absolument pas compte des ruptures Internet.

C’est grave, c’est très grave. Ces étudiants peuvent devenir de grands managers, des homme politiques; ils auront à réfléchir, prendre des décisions. Et ils ne comprennent pas le nouveaux monde qui a déjà commencé à révolutionner notre quotidien, la transformation d’un modèle vertical en un modèle horizontal.

C’est lorsque les loisn les réglements, deviennent contraire aux usages et au nouveau monde qu’éclatent les révolutions. Si seulement l’enseignement supérieur était capable de se remettre en cause…

 

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La première formation en France sur les mondes virtuels

S’il y a de plus en plus d’entreprises qui s’intéressent aux mondes virtuels, il n’y a toujours pas de formation structurée sur ce sujet.

C’est pour combler ce manque qu’une telle formation voit le jour à l’Hetic, la grande école de l’Internet.

Les cours porteront sur le marché et les usages des mondes virtuels, et sur les technologies et plateformes utilisées. Ils seront effectués par Robert Vinet, le PDG de Community Chest, Nicolas Mas et Yohann Launay, les fondateurs de conceptSL, et moi-même.

J’ai été bien aidé dans cette création par Marjorie Soutric, étudiante de deuxième année à l’Hetic, qui est une passionnée des mondes virtuels.

L’annonce est ici.

 

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