Archives pour la catégorie Economie

Le marché du social lending est dans la tourmente aux US…

En France, enfin, arrive le social lending (prêts d’argent entre particuliers): FriendsClear vient d’ouvrir ses portes, ou plutôt, son site web. Nous ne pouvons que nous en réjouir : ce nouveau type de business, qui met en relation les préteurs et les emprunteurs dans une place de marché, est un type de business nouveau qui semble avoir plein d’avantages: un modèle communautaire, la confiance qui s’installe, les statistiques qui sont publiées, les particuliers qui trouvent de l’argent là où les banques ne prêtes plus; bref la combinaison intelligente de la tontine et d’ebay.

Seulement voilà, le social lending aux Etats-Unis tourne à la catastrophe : Prosper rentre dans une « période tranquille« , ce qui a priori signifie l’absence de publicité, mais en fait Prosper n’accepte plus de listings, est en face d’une class action lawsuit pour « unregistered securities« ,  vient de payer une amende de 1 millions de dollars, et donc des questions se posent sur son existence; Zopa ferme aux US; Loanio, ouvert le 1er octobre 2008, vient de fermer; seul LendingClub résiste. Pourquoi ? C’est le seul à être en règle avec la SEC, le gendarme de la finance aux US…

Aux Etats-Unis, toute offre de prêt doit être enregistrée auprès de la SEC. De tous les sites, seul LendingClub a fait cet effort, après avoir été, lui aussi, dans une « période calme ». Les autres sites ont négligé le problème. Difficile de dire si c’est pour aller vite, si c’est volontaire, bref quelle en est la vraie raison.

Dans cette période de tourmente financière, on voit bien s’exprimer le tiraillement entre plus de réglementation ou plus de libre échange. Les banques étant devenues frileuses, le marché du social lending a tout pour devenir une alternative précieuse. A condition que la réglementation ne le tue pas, ce qui est tentant dans un monde où, surtout aux Etats-Unis, le manque d’une réglementation intelligente a montré les limites du système.

C’est une affaire à suivre de très près.

 

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Crise et mondes virtuels

S’il y a bien un secteur qui ne semble pas trop impacté par la crise, c’est bien celui des mondes virtuels !

Le site Virtual World News rapporte que, au troisième trimestre 2008, 148 Millions de dollars ont été investis dans des mondes virtuels. Ceci porte à presque 500 Millions de dollars le montant investi en 2008.

Les investissements ont surtout porté sur l’entertainment, et sur les mondes virtuels pour adolescents. Ceci porte le nombre de mondes virtuels pour adolescents à plus de cent.

Ceci est plutôt rassurant par les temps qui courrent !

 

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La révolution des FemtoCell et la quatrième licence

Dans un article accordé au Point le 3 septembre, Xavier Niel, fondateur d’Iliad, a déclaré pouvoir diviser par deux la facture de téléphonie mobile des Français. Intéressant, mais sa réponse est très floue sur la question du comment… Et moi, je me demande si Xavier Niel n’a pas en tête les Femtocell…

Qu’est-ce qu’une Femtocell ? C’est comme un routeur wifi, sauf que l’antenne wifi est une antenne 3G (cf Wikipedia en Anglais). Donc c’est un device qui reçoit Internet d’un côté, et délivre du 3G de l’autre.

Pourquoi est-ce une rupture potentielle ? Rappelons quelques principes de base :

1) le spectre des fréquences est très encadré par les états, on ne peut pas émettre comme ça, il faut des autorisations. D’où les fameuses licences 3G accordées avec parcimonie (pourquoi Grand Dieu ??? Impénétrables sont les décisions de l’administration, surtout dans un monde en peer to peer…)

2) Le génie du Wifi est d’avoir utilisé une fréquence libre, celle du four à micro-onde (avec au passage un effet secondaire peu connu: dès qu’il pleut, ou que les feuilles des arbres poussent, le signal wifi se dégrade). Le problème du Wifi est la limite des puissances, donc des portées. Le deuxième problème est la faiblesse du nombre de PDA qui se connectent en Wifi.

3) Les opérateurs de télécom sont encore dans des vieux schémas : ils offrent des services à leurs clients dans une pure relation verticale, mais ne font rien pour faire circuler de la valeur en horizontal entre leurs clients. Dommage pourtant, c’est là qu’elle se déplace…

4) pourtant, des modèles alternatifs de partage de bande passante en peer to peer entre les clients existent. Fon est est un exemple magnifique ! Seulement, il n’y a, hélas, en 2008, pas beaucoup d’abonnés à Fon… Car, entre autres, il faut avoir un terminal PDA wifi pour appeler…

On voit la boucle commencer à se boucler: imaginons que Free (ou un autre player qui est dans la culture Internet, pas telco) obtienne demain sa quatrième licence; imaginons que Free équipe petit à petit ses freebox de Femtocell; imaginons que Free invente un business model de type Fon: tout abonné de Free qui passe à proximité d’une freebox équipée de femtocell peut appeler et surfer dans le cadre de son forfait…

Allons plus loin: dans une grande entreprise, les usages font que les employés s’appellent plus souvent sur leurs portables que sur les téléphones fixes. Imaginons que Free déploie des Femtocell pour les entreprises, dans un cadre tarifaire forfaitaire.

Ce schéma est d’autant plus intéressant que les industriels sont prêts: Nokia, Alcatel, entres autres, ont développé des Femtocell.

Pourquoi ces offres ne sont-elles pas encore déployées ? Parce que les opérateurs traditionnels ne sont pas ravi à l’idée de changer leur business modèle classique, des modèles verticaux et des tarifs plus ou moins liés à la consommation.

Seul un nouvel entrant avec une culture de peer to peer, tel que je l’ai expliqué dans un précédent post, pourra vraiment profiter des Femtocell…

Est-ce une raison pour laquelle Free a tellement de mal à obtenir sa quatrième licence ???

 

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Une mesure de l’entreprise 2.0

Beaucoup de personnes se posent la question de la définition d’une entreprise 2.0.

Je propose ici un critère simple pour qualifier ce terme. Ce critère est encore en gestation, mais il me semble intéressant de l’exposer.

Si l’on considère des entreprises très innovantes, comme ebay, propser, linden lab, nous remarquons une constante: ce sont des entreprises qui gèrent des places de marché de clients. Prosper, par exemple, est représentatif d’un déplacement de la valeur d’une relation verticale, la banque vers ses clients, à une relation horizontale, des prêteurs et des emprunteurs qui sont dans la même communauté, et qui s’échangent des flux financiers.

Prosper, ebay ou paypal, se rémunèrent en pourcentage. Linden Lab se rémunère par des coûts fixes : achat d’îles, ou bien des coûts de services, mais pas au pourcentage.

Le critère que je propose est le suivant: la mesure d’une entreprise 2.0 est le rapport entre le flux d’argent qu’elle fait circuler en horizontal sur son chiffre d’affaire.

Si l’on admet qu’ebay prend en moyenne 4%: nous obtenons un chiffre de 25. Linden Lab est une entreprise qui fait 40M$ de CA mais qui fait circuler 400M$ entre ses membres: le chiffre est de 10. France Telecom, bien qu’étant sur le peer to peer, n’a jamais été capable de faire circuler de l’argent entre ses clients: le chiffre est donc de 0.

Si l’on pense que le monde Internet va reconfigurer beaucoup d’entreprises vers des places de marché communautaires, dans lesquelles ses membres, clients ou fournisseurs, seront mis en relation et échangeront des flux financiers, alors ce rapport prend du sens: il mesure la capacité d’une entreprise à générer de la valeur dans le peer to peer. Il ne s’agit pas forcément d’une taxe (l’exemple de Linden Lab est là pour le prouver), mais bien de la création et de la fluidification d’un flux d’échange horizontal, avec génération d’un flux dérivé vers le créateur de la place de marché.

Il serait intéressant de poursuivre cette analyse à toutes les entreprises actuelles.

 

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Le « social lending »

Note : article écrit originalement dans le blog de commonbox.

Chaque jour, Internet et le Web2.0 nous apportent des innovations bien dérangeantes pour les entreprises bien traditionnellement installées.

Dans cette catégorie, un nouveau concept est apparu en 2005, et fait fureur : il s’agit des prêts entre particuliers, en peer to peer. L’idée est toute simple: pourquoi ne pas marier le meilleur du modèle d’ebay avec le schéma traditionnel de la tontine.

Ce n’est donc plus la banque qui prête, mais la communauté. Prenons comme exemple le premier site à avoir popularisé ce système, prosper. Un individu s’inscrit (il faut vivre aux Etats-Unis), donne ses références bancaires, puis demande un prêt, qui doit être inférieur à 25.000$, en proposant lui-même un taux d’intérêt. Ensuite, des membres de la communauté s’engagent à prêter une somme d’argent, qui est généralement modique (parce que les remboursements ne sont pas garantis). Trois cas de figure : le taux d’intérêt proposé est très élevé, il y aura plus d’argent que demandé, et seuls sont retenus les préteurs qui ont proposé des taux plus faibles; ou bien le taux est trop bas, et au bout de la période, le montant demandé n’est pas atteint, et l’emprunteur doit recommencer avec un taux plus élevé; ou bien le montant est couvert, et l’emprunteur a son argent, qu’il remboursera mois par mois.

Comme Prosper est un site communautaire, il publie ses statistiques sur les accidents de paiement. Ceux-ci sont inférieurs à ce que connaît une banque traditionnelle. Seul l’effet communautaire permet une telle confiance; c’est pour celà que le nom donné à ce type de prêts est le « social lending ».

La progression du social lending est intéressante, même s’il ne s’agit encore que de signaux faibles. Le marché US a fait circuler 118M$ en 2005, 269M$ en 2006, et près de 800M$ en 2007. Gageons que la crise du système bancaire risque d’accélérer le phénomène.

Une liste de sites de prêts couvrant le monde entier se trouve ici. Il faut noter que la France est « épargnée » par la réglementation sur les activités bancaires, qui protège l’ordre établi et, partant, bloque toute innovation.

 

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Le portail des métiers de l’Internet

La délégation aux usages de l’Internet vient de’ouvrir son Portail des métiers de l’Internet, une initiative unique (il existe des portails de métiers de l’informatique, mais pas de l’Internet) qui a pour but de mettre en valeur la loi de l’offre et de la demande (assez déséquilibrée en ce momnet : il est très difficile de trouver des programmeurs php, python, ou ajax par exemple), de mettre en relation les organisations et les entreprises de formations, publiques ou privées.

J’ai eu le plaisir d’être interviewé.

 

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L’économie de Second Life

Beaucoup d’encre (virtuelle) a coulé à propos de l’économie de Second life, les deux peurs récurrentes étant : qu’il s’agit d’un modèle pyramidal (modèle qui, rappelons-le, est interdit dans plusieurs pays), qu’une récession est possible. Deux interdits récents de Linden Lab ont été dans ce sens : l’arrêt de toute forme de casino, et l’interdit du prêt bancaire.

Il est donc important aujourd’hui de comprendre ce qu’est cette économie, et quel est son intérêt pour des usages professionnels.

L’économie se divise en deux catégories : les flux entre les internautes et Linden Lab, et les flux entre internautes. La deuxième catégorie peut se diviser encore en deux : les flux qui ont lieu sur la plateforme en Linden dollars, et les flux extérieurs à la plateforme.

1° entre Linden Lab et les internautes.

Les flux concernent principalement les actions suivantes :

- Achat d’une île. Rappelons qu’une île est un processeur, et qu’acheter une île a pour conséquence l’installation d’un serveur dédié chez Linden Lab. Il y a actuellement (mai 2008) 18.000 serveurs chez Linden Lab (nous sommes loin du million de serveurs qui font tourner le moteur de recherche de Google).

  • Téléchargement de fichiers. Télécharger une texture, une photo, un fichier son, est facturé.
  • Achat de services. Par exemple, figurer sur l’annuaire est payant.
  • Achat d’un compte premium. Compte indispensable si l’on souhaite posséder un terrain.
  • A l’inverse, Linden Lab verse un peu d’argent de poche à certains comptes.

2° entre avatars

Inutile de lister : il s’agit de tout ce qui peut s’échanger. Des services, comme construire une maison, louer un terrain, balayer, faire du sexe aussi, bien sûr. Des biens virtuels, comme une chaise, un vêtement. Et surtout, l’achat et la revente de Linden dollars sur le Lindex.

Il faut donc bien insister sur ce point : ce n’est pas à Linden Lab que l’on achète des linden dollars, c’est à un autre Internaute (cf le paragraphe 1.5 des « terms of services » ). Seulement voilà, la balance n’est pas nulle. On sait le montant des transactions qui s’échangent sur le lindex par mois (9 millions de dollars US en mars 2008), mais e n’est pas un jeu à somme nulle : comme il semble que la demande en linden dollar est plus forte que l’offre, le cours devrait être totalement différent. Donc, Linden Lab réinjecte de l’argent tous les mois, en faisant fonctionner la planche à billet. D’où les craintes mentionnées plus haut. Plus précisément, Linden Lab transforme les paiements effectués en Linden dollars de la catégorie 1 en vrais dollars (ce qu’ils appellent sink sur la page de l’économie), et crée donc de la masse monétaire.

D’où la question résiduelle : qu’est-ce qu’un linden dollar ? La réponse est simple, elle figure au paragraphe 1.4 des terms of services : il ne s’agit de rien d’autres qu’un droit d’achat dont le retour en vrai dollar n’est absolument pas garanti.

1.4 Second Life « currency » is a limited license right available for purchase or free distribution at Linden Lab’s discretion, and is not redeemable for monetary value from Linden Lab.

La planche à billet peut donc être intégrée facilement dans le bas de bilan.

A l’inverse, Entropia Univers a pris une autre option : la parité entre le dollar entropia et le dollar réel est fixe, et le retour peut se faire sans problème. Contrairement à Second Life, Entropia a autorisé des banques à exercer dans le jeu, selon un pricipe de licences aux enchères. 5 banques ont été choisies, ce qui a représenté un revenu de 404.000 US dollars pour la société Suédoise.

Linden Lab, Entropia : deux directions fondamentalement différentes…

 

Le gratuit paye

Parmi les fausses idées qui circulent autour de l’Internet, l’une d’entre elle est très enracinée: le gratuit est un danger pour l’éditeur.

Pourtant, il y eu des expériences, de vente de livre et de téléchargement gratuit associé. Parfois le téléchargement est postérieur, et non complet, comme le livre de Michel Volle, Economie des nouvelles technologies, parfois il le précède, comme le livre de Pascal Baudry, Français et Américains : L’autre rive.

Mais je tombe sur cet article intéressant, sur le blog de Chris Anderson, The long tail. Entre autre ce graphique qui montre l’évolution du ranking d’un livre sur amazon. Lorsque le livre, « Women and Money » de Suze Orman est mis en téléchargement gratuit, il se vend mieux…

Qu’en pensent les majors de la musique ??

 

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