Archives pour la catégorie Economie

Sortie du Journal of Virtual Worlds Research sur les biens virtuels

Le volume 2 numéro 4 du Journal of Virtual Worlds Research vient de sortir. Coédité avec Mandy Salomon, du CRC, le sujet est « L’économie virtuelle, les biens virtuels, et les services dans les mondes virtuels ».

Les articles couvrent des sujets très divers, allant des fermes Chinoises qui fabriquent et vendent des avatars de MMORPG à des travaux de fonds sur les relations entre économie réelle et économie virtuelle. Ils sont écrits par des spécialistes, tel Edward Castronova, Julian Dibbell ou Nic Mitham, et d’autres chercheurs, voire même un jeune étudiant tout frais sorti du lycée, Eli Kosminsky. Les formats sont variés, vous y trouverez aussi bien du contenu écrit qu’une interview audio, un machinima, ou un essai en photos.

Je vous laisse au plaisir de le découvrir !!!

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le mendiant, le cuisinier et le juge; ou l’économie de l’immatériel au moyen âge

C’est une histoire unique, que l’on retrouve dans plusieurs pays du monde, au moyen âge. On la retrouve en Corée, en Chine, en Afghanistan, en Angleterre, en Bretagne. Après quelques recherches, je pencherai pour un des contes de Nasr Eddin Hodja. Si un historien peut m’aider sur cette quête, je lui en serais reconnaissant.

L’histoire est la suivante: un mendiant s’approche d’un bon restaurant, mais est trop pauvre pour rentrer. Le cuisinier est furieux de le voir rôder autour de son établissement, tente de le chasser, et finalement lui demande de l’argent. L’affaire va devant le juge, qui écoute les parties, le mendiant disant : « je n’ai pas consommé, donc je n’ai pas à payer », et le cuisinier rétorquant « il n’a pas mangé mais il a humé; or l’odeur comme la saveur est le fruit de mon expertise, donc il doit payer ».

Nous pouvons y voir déjà une confrontation entre deux types d’économie : une économie de la matérialité, ou la valeur est dans un objet physique, la nourriture dans ce cas, et une économie de l’immatérialité, ou la valeur est dans un élément intangible, à savoir le résultat d’une expertise. Que cette histoire se passe au moyen-âge, et qu’en plus son rayonnement couvre une géographie encore plus vaste que l’empire de Gengis Khan, en illustre l’importance. Nous sommes là devant une des vielles légendes de l’humanité.

La solution apportée par le juge est encore plus intéressante. Tout d’abord, j’ai coutume, lorsque je la raconte devant un auditoire, de demander qui prend partie pour le mendiant, et qui prend partie pour le cuisinier. Bien sûr, très peu sont du côté du cuisinier. Il est vrai que demander de l’argent à un pauvre mendiant qui n’a rien dans le ventre n’est pas très sympathique. Mais, bizarrement, très peu sont aussi du côté du mendiant. Pour moi, la raison de cet embarras réside dans le fait que, même aujourd’hui, nous ne sommes pas dans l’économie de la matérialité. Sinon, pourquoi irions-nous payer cher dans un étoilé du Michelin, alors qu’un simple MacDo offre de la nourriture pour un prix beaucoup moindre. Donc, nous donnons raison quelque part au cuisinier, surtout lorsqu’on sait que la langue ne distingue que très peu les saveurs; en fait elle distingue essentiellement chaud – froid, et acide – base. C’est l’odeur qui fait la beauté. Tous les amateurs de vin le savent, mais surtout une expérience simple le montre: il suffit de bander les yeux d’une personne, et de lui donner à manger une pomme en lui faisant humer une poire.

Donc, comment le juge réconcilie-t-il les deux économies, et les deux parties ? Il se tourne vers le mendiant, lui demande une pièce de monnaie; le mendiant, probablement furieux d’avoir perdu, lui donne son unique pièce. Le juge se tourne alors vers le cuisinier, fait tinter la pièce, lui dit « Tu as entendu ? Tu es donc payé », et rend la pièce au mendiant. Que fait le juge en fait? En mettant de la valeur dans un son, il crée une monnaie alternative, ce son qui, aujourd’hui existerait sous la forme d’un fichier MP3, et serait appelé un bien digital.

Ces fameuses monnaies alternatives ne sont pas récentes, et ne sont pas limitées à quelques rares exemples. Les miles des compagnies aériennes, les SEL, les SOL, sont autant d’exemples de telles monnaies. Le site « the transitioner » en recense de nombreuses, et Thierry Gaudin a fait un article intéressant sur ce sujet. Les mondes virtuels, qui ont inventé des monnaies parallèles, font circuler des sommes colossales. On estime à 3 milliards de dollars le montant dépensé en 2009 en biens digitaux. Twitter s’y met également, en inventant une monnaie, le twollars. Ce twollars peut s’échanger via twitter (le compte s’ouvre avec 50 twollars), mais peut s’acheter pour un prix de 10 centimes le twollars sur des sites de charité. Contrairement à Second Life, Twitter n’encaisse pas d’argent.

Une fois de plus, Internet n’invente pas de nouvelles formes sociales. Il nous permet de revisiter des formes anciennes, de les remettre au goût du jour, et de les amplifier.

Autant le champ de la technologie construit un corpus de connaissances qui ne cesse de s’enrichir, autant le champ du social n’est qu’une constante revisite.

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le marché du « serious game »

Voici un slideshow intéressant, fait par Eliane Alhadeff, qui est une spécialiste des serious game. Son blog est ici.

Il montre des chiffres de l’ordre de plusieurs milliards de dollars. Ceci n’est pas étonnant: entre l’empreinte carbone, le virus H1N1, et la crise économique, tout ce qui peux diminuer les transports est le bienvenu. Ceci dit, adopter une approche serious game dans l’entreprise nécessite un changement radical de mentalité: le management doit comprendre que tout apprentissage est collaboratif, et d’ailleurs que l’entreprise de demain sera en mode coopératif, et plus du tout en mode compétitif.

Alors, si les serious game peuvent y contribuer, ce sera parfait !!

Au passage : je suis dans un des projets de l’appel d’offre NKM, « la fabrique a serious game », avec ingenium en chef de file. L’objectif est de réaliser une usine à serious game open source.

Et sinon, je suis toujours désespéré de ne voir aucun économiste français s’intéresser aux mondes virtuels. Nous sommes en phase terminale pour le numéro spécial du Journal of Virtual World Research sur ce sujet, et je n’ai trouvé ni postulant ni reviewer. Dommage, il y aura des articles très intéressants !

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Hadopi : et après ?

La loi Hadopi est passée. Nous n’insisterons pas sur les graves défauts de cette loi, commentés de nombreuses fois, dont wikipedia fait une excellente synthèse. A moins d’être un anarchiste brutal, il ne reste donc plus qu’à accepter la triste réalité. « dura lex, sed lex ».

Et aussi à se poser la question de savoir ce qui va se passer. Bien sûr, et cela a déjà été commenté de nombreuses fois, cette loi est inapplicable, elle amènera contestations sur contestations, et sera surtout un gâchis d’argent totalement inefficace.

Je voudrais proposer ici un autre point de vue : que va-t-il se passer pour l’industrie du disque, et surtout pour les majors, qui ont tellement insisté pour cette loi ? Et pour cela, je suggère de partir de l’évolution des usages, et des modèles économiques, car, dans un monde capitaliste, ce sont les clients qui tirent l’innovation et qui font le chiffre d’affaire, pas les lois.

Partons de quelques constats simples. Tout d’abord, le modèle économique de la musique est tout sauf un modèle stable. Bach était un musicien de cour, puis organiste d’église, et enfin maître de chapelle, et dans ses dernières années, gagnait sa vie en composant une cantate par dimanche. Mozart vivait de commandes, argent qu’il dépensait tout aussi vite qu’il le gagnait. Chopin essaye d’augmenter le prix de ses publications papier, puis Liszt invente le concert moderne. Arthur Rubinstein comprendra le premier l’intérêt du disque, et aujourd’hui, le modèle économique bascule vers un modèle de valeur dans le flux et plus dans le stock, comme je l’ai déjà écrit dans ce blog.

Deuxième constat, les clients, comme les jeunes créateurs, cherchent des rencontres. Ce que le modèle de la longue traine montre, c’est un basculement d’un modèle de marketing de masse vers un modèle de marketing communautaire. L’étude que j’ai citée de 2003 qui montre qu’Amazon a réussi à créer 800 millions de dollars supplémentaire rien que sur les livres de la queue de distribution est de plus en plus d’actualité. Autrement dit, la valeur se déplace des grandes vedettes vers les musiciens qui n’auront pas forcément une renommée mondiale, mais qui, grâce à Internet, et au peer to peer, rencontreront leur public.

Donc, la valeur se déplace vers le marketing communautaire, car c’est ce que le public souhaite. Ajoutons à cela un dernier truisme: le matraquage publicitaire ne marche pas. Il sera de moins en moins possible d’imposer Julio essuieglasse ou la starAc, parce qu’Internet, ce n’est pas la télévision : la valeur est dans les forums de discussion, dans twitter, dans les réseaux sociaux, dans les échanges entre les internautes; bref dans le peer to peer.

Que vont donc faire les majors ? Soit elles vont camper sur leur positions, et constater deux choses: une baisse de leurs revenus (mais elles ne pourront plus prétendre que c’est à cause du « piratage ») et un  assèchement de leur catalogue, qui comportera de moins en moins de jeunes artistes. Soit elles vont comprendre (si ce n’est déjà fait) que le marketing qui fonctionne est un marketing communautaire, et vont alors se résoudre à imiter ce que, dans le domaine bancaire des prêts en peer to peer, Virgin Money a fait, en rachetant circle lending. Obligées d’admettre que le monde a changé et que le modèle en peer to peer qu’elles ont combattu est celui qui apporte de la valeur, elle vont donc se résoudre à faire leur shopping. Ce sera la course, à qui va racheter sellaband, qui va racheter mymajorcompany, qui va racheter slicethepie, etc…

Et comme ce modèle communautaire qui vit dans le flux est celui qui fonctionnera, ces mêmes entreprises se retrouveront face à une loi Hadopi qui, brusquement, deviendra une gêne, et les empêchera de faire du business. Entre temps, les artistes ayant repris du poil de la bête, comprendront qu’il ne s’agit plus de se contenter de quelques maigres pour cents comme actuellement, et rappelleront que, dans ces modèles économiques nouveaux, non seulement ils peuvent prétendre entre 30 et 50% de la valeur finale, mais que le rôle du diffuseur est d’augmenter les flux, pas de les diminuer.

J’imagine donc très bien, dans quelques années, que les majors, ayant finalement absorbé les nouvelles règles économiques,  reviendront la queue basse devant le gouvernement pour demander la modification, voire l’abrogation de cette loi. L’arroseur arrosé, en quelque sorte. C’est ce que je leur souhaite, plutôt que de disparaître…

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3DTLC Jour 1

La conférence se tient à San Jose, tout comme il y a deux ans. près de 700 personnes avaient assisté à cette conférence, plus de 1000 à Los Angles, 1200 à New York. Et là, nous ne sommes qu’environ 500. C’est dommage, car le contenu est présent. 500 pour les trois sujets : virtual law, virtual goods, et le travail collaboratif (3dtlc).

J’ai assisté à la conférence d’ouverture sur les digital goods. Il y avait Jeremy Liew, de Lightspeed Venture Partner, un VC spécialisé dans le monde des jeux, et Trip Hawkins, le fondateur et CEO de Digital Chocolate, une entreprise de jeux.

Jeremy nous a expliqué l’origine des virtual goods en Asie: à cause des copies pirates, les éditeurs sont passé très vite à un mode de jeu au travers du réseau, avec téléchargement gratuit mais services payants. Les « digital goods » ont été inventés dans la continuité. Et les gamins ont beaucoup joué dans les cybercafés, où ils payaient avec des vrais billets de banque des possibilités d’acheter des biens en ligne.

Jeremy nous a expliqué que les jeux passant par le navigateurs sont en train de supplanter les social games, l’Europe étant leader par rapport aux US. L’économie de ces jeux est principalement basée sur la vente d’objets virtuels, l’accès devenant gratuit. Il a cité QQ comme l’exemple de cette économie (QQ est passé de l’accès gratuit au payant, et est revenu au gratuit).

Quelqu’un lui a posé la question des échanges monétaires entre joueurs, ce que j’appelle le peer to peer market, et Jeremy, qui appelle ça « le marché secondaire » a parlé de dangers, évoquant la mafia Russe. Discours repris aussi par Trip Hawkins, qui m’a confié en privé que 30% des transactions en peer to peer portant sur des digital goods étaient de la contrefaçon, et qu’il était hésitant à aller vers ce genre de marché. Ceci fait écho au récent procès intenté envers Linden Lab par des créateurs de contenus, qui prétendent avoir été volés par d’autres résidents.

Trip Hawkins nous a présenté son nouveau jeu, Nanostar, qui est basé sur le principe des TCG (Trading Card Games, le plus célèbre chez nous étant les pokemon). Son idée est de réintroduire de l’attachement émotionel et du plaisir d’investissement dans des personnages, pas dans des objets.

Ensuite, 3DTLC. San Jose il y a deux disait qu’il fallait aller dans les mondes virtuels. New York, puis Los Angeles, ont montré qu’il y avaient des compagnies qui y allaient. Cette année, non seulement les applications en travail collaboratif fleurissent, mais les ROI sont démontrés.

Tony O’Driscoll nous a présenté les résultats de son livre à venir, « Learning in 3d: Adding a New Dimension to Enterprise Learning and Collaboration » que je conseille, au vu des résultats présentés. Tony a détaillé 5 cas d’usage.

Le premier est Sodexho qui a mis en place un outil collaboratif (peu immersif semble-t-il) qui a permis à des groupes du monde entier de se réunir pour travailler sur les micros-inégalités. Le résultat : 1,6M$ gagnés sur les coûts de voyages, 900 jours de productivité épargnés. Le deuxième est Earnst aand Young qui a mis en place, dans second life, un système d’apprentissage sur les inventaires. Résultat : un meilleur apprentissage qui a conduit à des inventaires de meilleurs qualité. Le troisième est le musée de l’Holocauste qui a préparé une exposition dans second life, avec comme résultat un meilleur design de cette exposition. Le quatrième est la simulation de premiers secours après un accident automobile, fait sur forterra. Le dernier est BP qui organise régulièrement des réunions de cadres du monde entier, et qui a divisé par 10 les coûts en les effectuant dans un monde virtuel , protonmedia en l’occurence.

Randy Heirinch, de l’Université de washington, a créé un cursus de design de mondes virtuels. Trois cas ont été présenté : une usine de chocolat modélisé dans un monde virtuel, avec également accès par iPhone à certains éléments du contrôle; un club de fitness qui a créé un club virtuel dans SL pour attirer de nouveaux clients, et Cisco qui utilise SL plus Nebraska pour faire du training de vendeurs. Voici une image de la chocolaterie.

Chocolaterie dans un monde virtuel

D’une manière générale :

  • Si SL reste une plateforme importante, forterra, protonmedia, qwaq (qui vient de changer de nom pour devenir teleplace, peut-être un rachat par Cisco ???), opensims, sont de plus en plus utilisés
  • SL commence à ouvrir de plus en plus d’API. Je dois rencontrer Mark Kindon à Paris le premier octobre, j’en saurais plus. En tout cas, la version dite « beyond the firewall », ou standalone, dont le nom de code est nebraska, semble être en test dans plusieurs endroits, au moins chez IBM, qui me dit avoir réalisé une connexion au server LDAP. Du coup, le problème du serveur d’authentification semble être résolu.
  • Nous en sommes maintenant au « comment » et au ROI. Il ne s’agit plus d’évangéliser, les mondes virtuels commencent non seulement à exister, mais à démontrer leur utilité.

En terme de hype, les mondes virtuels ont, au moins aux US, franchi le creux de la désillusion.

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Les femtocell, encore et toujours…

Le 7 octobre 2008, j’écrivais que les femtocell étaient une révolution technologique qui allaient avoir un impact fondamental pour les opérateurs de télécommunication. Entre autre, j’expliquais que le combinaison de cette technologie avec un modèle économique communautaire, comme celui promus par FON, était une rupture potentielle inimaginable. Très probablement, elle allait déstabiliser les opérateurs de télécommunication, du moins ceux qui refusaient de comprendre que le modèle économique allait devoir changer.

Déjà, l’iPhone a permis de promouvoir les accès data illimités, enfin, tant qu’on reste en France. A l’étranger, le modèle de base d’Orange à 10 euros le mega-octet est proprement injurieux.

A la mi-juin, ce rêve est proche de devenir réalité, grâce à Bewan, qui a lancé sa femtocell, nommé la iBox. Elle est destinée aux ISP, mais à ce jour, aucun ne l’a annoncé. Orange semble s’intéresser au marché des PME, SFR du grand public.

Mais rappelons nous que la technologie ne suffit pas: l’important est le modèle économique qui la sous-tend.

Or, les opérateurs de télécommunication ne sont pas très innovants en ce qui concerne les modèles économiques. J’ai déjà eu l’occasion de présenter ma vision de modèles économiques en peer to peer, qui sont pour moi ce qui va être le modèle prédominant du futur. Si les opérateurs nous installent des femtocell, mais dans le seul but de mailler le territoire en se servant de leurs clients, alors ils courent à l’échec. Quel sera l’intérêt du particulier d’installer ce routeur qui ne lui servira à rien ?

En revanche, si un opérateur propose des modèles économiques en peer to peer, avec échange de bande passante, alors le particulier y trouvera son intérêt. A proximité d’une femtocell de son opérateur, il pourra alors bénéficier de sa bande passante, qui sera encore plus importante lorsque la fibre optique sera installée (rappelons, s’il en est besoin, que le A de ADSL signifie asymétrie…).

Alors, à quand la quatrième licence ???? Il est grand temps de comprendre que l’économie a besoin, entre autres, de communication à bas coût pour repartir.

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Call for paper on virtual economies

A call for paper on Virtual economies, virtual goods and service delivery in virtual worlds has been posted in the Journal of Virtual World Research.

Link is here : http://editor.jvwresearch.org/?p=62

Deadlines: Abstract – June15, 2009.
Full manuscript – November 1, 2009
Publication Date: December 15, 2009

Guest Editors:
Mandy Salomon, Smart Internet Technology CRC, msalomon@swin.edu.au
Serge Soudoplatoff, ESCP-EAP, Hetic; serge@almatropie.org

First deadline is approaching.
Thank you to disseminate the information, and to submit !!!
Serge

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Le marché du social lending est dans la tourmente aux US…

En France, enfin, arrive le social lending (prêts d’argent entre particuliers): FriendsClear vient d’ouvrir ses portes, ou plutôt, son site web. Nous ne pouvons que nous en réjouir : ce nouveau type de business, qui met en relation les préteurs et les emprunteurs dans une place de marché, est un type de business nouveau qui semble avoir plein d’avantages: un modèle communautaire, la confiance qui s’installe, les statistiques qui sont publiées, les particuliers qui trouvent de l’argent là où les banques ne prêtes plus; bref la combinaison intelligente de la tontine et d’ebay.

Seulement voilà, le social lending aux Etats-Unis tourne à la catastrophe : Prosper rentre dans une « période tranquille« , ce qui a priori signifie l’absence de publicité, mais en fait Prosper n’accepte plus de listings, est en face d’une class action lawsuit pour « unregistered securities« ,  vient de payer une amende de 1 millions de dollars, et donc des questions se posent sur son existence; Zopa ferme aux US; Loanio, ouvert le 1er octobre 2008, vient de fermer; seul LendingClub résiste. Pourquoi ? C’est le seul à être en règle avec la SEC, le gendarme de la finance aux US…

Aux Etats-Unis, toute offre de prêt doit être enregistrée auprès de la SEC. De tous les sites, seul LendingClub a fait cet effort, après avoir été, lui aussi, dans une « période calme ». Les autres sites ont négligé le problème. Difficile de dire si c’est pour aller vite, si c’est volontaire, bref quelle en est la vraie raison.

Dans cette période de tourmente financière, on voit bien s’exprimer le tiraillement entre plus de réglementation ou plus de libre échange. Les banques étant devenues frileuses, le marché du social lending a tout pour devenir une alternative précieuse. A condition que la réglementation ne le tue pas, ce qui est tentant dans un monde où, surtout aux Etats-Unis, le manque d’une réglementation intelligente a montré les limites du système.

C’est une affaire à suivre de très près.

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Crise et mondes virtuels

S’il y a bien un secteur qui ne semble pas trop impacté par la crise, c’est bien celui des mondes virtuels !

Le site Virtual World News rapporte que, au troisième trimestre 2008, 148 Millions de dollars ont été investis dans des mondes virtuels. Ceci porte à presque 500 Millions de dollars le montant investi en 2008.

Les investissements ont surtout porté sur l’entertainment, et sur les mondes virtuels pour adolescents. Ceci porte le nombre de mondes virtuels pour adolescents à plus de cent.

Ceci est plutôt rassurant par les temps qui courrent !

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La révolution des FemtoCell et la quatrième licence

Dans un article accordé au Point le 3 septembre, Xavier Niel, fondateur d’Iliad, a déclaré pouvoir diviser par deux la facture de téléphonie mobile des Français. Intéressant, mais sa réponse est très floue sur la question du comment… Et moi, je me demande si Xavier Niel n’a pas en tête les Femtocell…

Qu’est-ce qu’une Femtocell ? C’est comme un routeur wifi, sauf que l’antenne wifi est une antenne 3G (cf Wikipedia en Anglais). Donc c’est un device qui reçoit Internet d’un côté, et délivre du 3G de l’autre.

Pourquoi est-ce une rupture potentielle ? Rappelons quelques principes de base :

1) le spectre des fréquences est très encadré par les états, on ne peut pas émettre comme ça, il faut des autorisations. D’où les fameuses licences 3G accordées avec parcimonie (pourquoi Grand Dieu ??? Impénétrables sont les décisions de l’administration, surtout dans un monde en peer to peer…)

2) Le génie du Wifi est d’avoir utilisé une fréquence libre, celle du four à micro-onde (avec au passage un effet secondaire peu connu: dès qu’il pleut, ou que les feuilles des arbres poussent, le signal wifi se dégrade). Le problème du Wifi est la limite des puissances, donc des portées. Le deuxième problème est la faiblesse du nombre de PDA qui se connectent en Wifi.

3) Les opérateurs de télécom sont encore dans des vieux schémas : ils offrent des services à leurs clients dans une pure relation verticale, mais ne font rien pour faire circuler de la valeur en horizontal entre leurs clients. Dommage pourtant, c’est là qu’elle se déplace…

4) pourtant, des modèles alternatifs de partage de bande passante en peer to peer entre les clients existent. Fon est est un exemple magnifique ! Seulement, il n’y a, hélas, en 2008, pas beaucoup d’abonnés à Fon… Car, entre autres, il faut avoir un terminal PDA wifi pour appeler…

On voit la boucle commencer à se boucler: imaginons que Free (ou un autre player qui est dans la culture Internet, pas telco) obtienne demain sa quatrième licence; imaginons que Free équipe petit à petit ses freebox de Femtocell; imaginons que Free invente un business model de type Fon: tout abonné de Free qui passe à proximité d’une freebox équipée de femtocell peut appeler et surfer dans le cadre de son forfait…

Allons plus loin: dans une grande entreprise, les usages font que les employés s’appellent plus souvent sur leurs portables que sur les téléphones fixes. Imaginons que Free déploie des Femtocell pour les entreprises, dans un cadre tarifaire forfaitaire.

Ce schéma est d’autant plus intéressant que les industriels sont prêts: Nokia, Alcatel, entres autres, ont développé des Femtocell.

Pourquoi ces offres ne sont-elles pas encore déployées ? Parce que les opérateurs traditionnels ne sont pas ravi à l’idée de changer leur business modèle classique, des modèles verticaux et des tarifs plus ou moins liés à la consommation.

Seul un nouvel entrant avec une culture de peer to peer, tel que je l’ai expliqué dans un précédent post, pourra vraiment profiter des Femtocell…

Est-ce une raison pour laquelle Free a tellement de mal à obtenir sa quatrième licence ???

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