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Comment la démocratie 2.0 va se mettre en place

Nous avons d’un côté un monde ancien, basé sur des valeurs du passé, et qui refuse de bouger. Et d’un autre un monde nouveau, dynamique, entreprenant, mais maltraité par le premier.

En politique, le monde ancien se nomme la démocratie représentative. Tout le monde en connaît son défaut majeur: ce qu’il faut dire pour être élu n’a rien à voir avec ce qu’il faut faire pour vraiment gouverner un pays. Seuls les politiques hautains, autistes ou imbéciles l’ignorent, ou font semblant de l’ignorer, et appliquent stupidement, à la lettre, leur « programme ». Ils aiment faire de la politique, mais pas tant que ça gouverner un pays. C’est pour cette raison que beaucoup d’entre eux préfèrent être dans l’opposition: ils peuvent protester, faire de la politique, manier des idées; alors qu’être aux commandes risque de montrer l’inefficacité de leurs idées.

En politique, le monde nouveau se nomme la démocratie participative. C’est un mouvement de fond, qui se voit dans plein d’autres domaines: les citoyens, les consommateurs, les élèves, ne veulent plus recevoir ou consommer passivement; ils veulent participer, être actifs, co-créer. L’Internet regorge de telles initiatives.

Alors, rêvons un peu, et imaginons-nous un moment être un vrai maire 2.0. Le premier réflexe serait, comme le fait la ville de Paris, est de faire un budget « participatif ». Oui, mais non: c’est encore les politiques qui décident des projets. En clair, ils gardent la main, et le citoyen ne peut que voter comme il vote devant la télé pour savoir quel est le meilleur chanteur. Ce n’est absolument pas du 2.0

Voici ce que je proposerais, si j’étais maire 2.0 :

  • Division par deux des impôts (oui : 50%), la première année.
  • Mise de côté de 10% à 15% du montant des impôts pour les projets qui tiennent à cœur la Mairie
  • Création d’une plateforme de crowdfunding sur laquelle n’importe quel citoyen, collectif, association, etc. déposerait un projet.
  • Les autres citoyens donneraient de l’argent sur chaque projet de son choix.
  • La mairie abonderait: si chaque citoyen met un euro, alors la mairie met un euro; jusqu’à un certain plafond.
  • Les projets arrivés au bout de leur financement seraient alors réalisés.
  • Si ça marche, on baisse encore les impôts l’année suivante, jusqu’à trouver un équilibre.

Ceci n’est pas une utopie: le projet bulb in town, par exemple, finance des projets purement locaux. Ou bien la plateforme Les petites pierres, de la fondation Somfy qui, plutôt que de financer de l’aide au mal logement en direct, abonde les projets proposés par des associations.

Quels seraient les avantages de cette méthode:

  • Moins de démagogie: le politique ne se sentirait plus obligé de faire des programmes qui sont rejetés par une partie des citoyens, puisque ce sont eux-même qui les définissent.
  • Émergence de citoyens dynamiques, et responsables: on sait très bien que la plateforme ne fait pas le financement; la plateforme n’est que l’amplificateur de l’énergie mise par le projet lui-même. Les citoyens qui mettent de l’énergie seraient ainsi connus, et cette énergie serait utile à la communauté.
  • Vie plus harmonieuse: puisque ce sont les citoyens qui proposent les projets, et plus du tout le politique, ils ne peuvent qu’être plus heureux, à condition bien sûr que le projet aboutisse.
  • Meilleure qualité de gestion par la mise en concurrence: les mauvais projets seraient forcément éliminés, puisque les citoyens n’y mettront pas leur argent. Faut-il rappeler que mettre de l’argent a bien plus de valeur informationnelle qu’un vote ?

De toutes façons, si les hommes politiques ne s’y mettent pas, les citoyens le feront sans eux. Au risque bien sûr, qu’ils se posent la question de savoir l’intérêt de payer des impôts puisqu’ils financent eux-même leurs propres projets. Avec comme conséquence logique, la grève de l’impôt…

Il n’y a plus qu’à détecter maintenant les femmes et hommes politiques qui sont en train de mettre en place une telle plateforme; au delà de la simple autogestion, ceux-la seulement auront vraiment droit au titre de politique 2.0

 

Petit cadeau pour cette fin d’année…

Les temps sont troubles, personne ne le niera.

Alors, plutôt que de parler de rupture, je préfère parler de Renaissance, de cette époque où le monde était écartelé entre les valeurs du passé qui empêchaient de progresser, et la technologie qui, au contraire, tirait vers des contrées inexploitées, magnifiques et fondamentales; et avec elle l’art. Est-ce ce que nous vivons aujourd’hui ? Probablement. Jamais autant la science n’a été aussi riche de puissantes découvertes, et jamais les gouvernants n’ont été aussi retardataires, rétrogrades, nous plongeant dans des ténèbres que l’on pensait pourtant oubliés à jamais. Ceux qui parlent le plus d’innovation aujourd’hui sont ceux qui en font le moins. Et vice-versa.

Pour l’illustrer, permettez-moi déjà de partager ce que j’ai modestement dit sur la Renaissance technologique à l’APM, lors de leur convention annuelle, en octobre 2013.

Et puis, surtout, je voudrais vous faire cadeau d’un texte que j’ai toujours considéré comme inspiré d’un remarquable humanisme profond, un extrait d’une très grande pièce de théâtre… Puisse-t-il nous aider à ne pas perdre, voire à retrouver les fondamentaux.

Je vous souhaite à toutes et tous une très bonne fin d’année 2013.

Wang :
Avant que votre apparition ne m’ait réveillé, Inspirés, je rêvais et j’ai vu ma chère sœur Shen Té en pleine détresse dans les roseaux du fleuve, à l’endroit où l’on retrouve les suicidés. Elle vacillait étrangement et courbait la nuque comme si elle traînait quelque chose de mou mais de lourd qui la faisait s’enfoncer dans la vase. A mon appel, elle m’a crié qu’elle devait transporter le ballot des préceptes sur l’autre rive sans qu’il soit mouillé, car sinon les caractères s’effaceraient. Je suis formel, je ne voyais rien sur ses épaules. Mais effrayé je me suis rappelé que vous, les dieux, vous lui aviez parlé des grandes vertus, pour la remercier de vous avoir pris chez elle, alors que vous recherchiez un gîte, ô honte ! Je suis sûr que vous comprenez le souci que je me fais pour elle.

LE TROISIEME DIEU :
Que proposes-tu ?

Wang :
Un petit rabais sur les préceptes, Inspirés, Un petit allégement du ballot des préceptes, Bienveillants, vu que les temps sont hostiles.

LE TROISIEME DIEU :
Tel que, Wang, tel que ?

Wang :
Tel que, par exemple, ne serait exigé que de la bienveillance au lieu de l’amour, ou…

LE TROISIEME DIEU :
Mais c’est pourtant encore plus difficile, malheureux !

Wang :
Ou de l’équité au lieu de la justice

LE TROISIEME DIEU :
Mais cela représente plus de travail !

Wang :
Alors de la simple décence au lieu de l’honneur

LE TROISIEME DIEU :
Mais pourtant c’est plus, incrédule !

 

 

 

Présentation sur le gouvernement 2.0

Je suis intervenu à la demande des jeunes-UDI pendant leur convention nationale pour faire une intervention sur l’état de l’art du gouvernement 2.0. Ce fut un échange intéressant, surtout devant leur motivation. Notre pays se mettra un jour en mode 2.0 !!!

J’ai donc préparé un court exposé de synthèse sur le gouvernement 2.0, avec copies d’écrans de quelques sites représentatifs. Continue reading

 

Les vraies statistiques de Google+1

On voit souvent sur Internet une statistique qui annonce que le bouton Google+1 est pressé 5 milliards de fois par jour. Je trouve cette statistique surprenante, surtout qu’il y a 3,2 milliards de like sur facebook. Plus de Google+1 que fb like me parait contre-intuitif.

J’ai donc fait une première étude qui me fait dire que le chiffre serait plutôt aux alentours de 500 millions par jour. Cette étude est sur mon blog anglais.

 

Prosper: un modèle ouvert de prêts communautaires

Les années 2005 ont vu fleurir des plateformes de « social lending », ou « peer to peer lending », qui permettent à des particuliers de prêter de l’argent à d’autres particuliers.

J’avais été attiré par Prosper, qui me semblait une marketplace ouverte et dynamique, délivrant plus de statistiques que son concurrent Lending Club.

Rappelons quelques principes de base de Prosper: toute personne désirant emprunter de l’argent dépose un listing. Le montant demandé ne peut dépasser 25000$. Chaque emprunteur possède un rating, qui va de AA (excellent) à HR (High Risk). Le taux d’intérêt est maintenant fixé par prosper, selon le tableau suivant.

Comme tout bon modèle communautaire, l’emprunteur se décrit lui-même, la raison de son emprunt, et va parfois même jusqu’à ouvrir son modèle économique personnel: revenus et dépenses mensuels. Une preuve de plus que l’information est partout, et surabondante.

Prosper, comme la plupart des plateformes de ce type, a été fermé par la SEC entre novembre 2008 et juillet 2009. A sa réouverture9, les règles sont devenus plus drastiques, entraînant une baisse significative des défaillances.

En novembre 2012, Prosper représente une communauté de 1,5 million de membres qui a déjà fait circuler 424 millions de dollars. Cette somme est impressionnante, sachant la limite supérieur des prêts.

Encore plus intéressant: le taux de défaillance est inférieur à 4%. La transparence étant la base de la communauté, Prosper fournit des statistiques globales, mais aussi des éléments détaillés sur la performance et sur la défaillance.

Sur le plan marketing, Prosper propose une offre d’affiliation permettant à tout référent de gagner un peu d’argent. Sur le plan technique, Prosper publie des interfaces de programmation (API), qui permettent à des développeurs d’accéder directement à son système d’information. Notons que cette combinaison d’API ouverte et de programme d’affiliation devrait être la base de toute innovation ouverte, comme je l’ai expliqué ici.

Pour terminer sur la dynamique aux US des prêts en peer to peer, Kiva qui est dans l’entraide pure, sans taux d’intérêt, a fait circuler 370M$ avec un taux de défaillance de l’ordre de 1%, et le numéro un, LendingClub, vient de dépasser le milliard de dollars.

A l’époque de la fermeture de Prosper, beaucoup de critiques avaient prédit la fin de ce genre de modèle en peer to peer. Le pragmatisme et la dynamique d’innovation Américaine ont montré l’inverse.

 

La France va devenir un gouvernement ouvert

Notre cher Président vient de commettre un acte extraordinaire, qui mérite un coup de projecteur (merci à démocratie ouverte).

La France, par sa plume, vient d’adopter la déclaration du XIVème sommet de la Francophonie, à Kinshasa, qui s’est déroulé du 12 au 14 octobre 2012.

Cette déclaration comporte de nombreux articles, dont le 38ème mérite qu’on s’y intéresse :

  1. Nous réaffirmons notre volonté de contribuer à l’édification d’une société de l’information ouverte, transparente et démocratique. Nous référant à la Déclaration de Montreux, nous adoptons la nouvelle Stratégie numérique de la Francophonie et demandons à l’OIF, aux opérateurs et à l’APF de la mettre en œuvre. Nous accroîtrons également nos efforts visant à accélérer l’intégration de l’espace francophone dans l’économie numérique mondiale. Nous nous engageons à participer au mouvement international du gouvernement ouvert et à favoriser l’accès de nos citoyens, hommes et femmes en toute égalité, aux technologies numériques.

Vous avez bien lu : la France va adopter le gouvernement ouvert !!! Continue reading

 

Et maintenant, place à Internet.

Les résultats ne sont pas surprenants : la gauche a gagné l’assemblée nationale. Elle contrôle donc : la présidence, le gouvernement, l’assemblée nationale, le sénat, les régions, la plupart des départements, quasi toutes les grandes villes. Si à cela on rajoute les journalistes, et les enseignants, nous sommes devant une situation qui porte un nom : le totalitarisme. On pourra passer des heures à argumenter qu’il s’agit du résultat des urnes, que ce sont des votes démocratiques, le résultat reste le même.

Ceci n’est pas bon. Beaucoup des fondamentaux de la société françaises sont à revoir : entre autre (liste non exhaustive …) une opacité de la gestion du gouvernement; des administrations qui ne communiquent pas entre elles; des citoyens considérés comme des assujettis captifs; la superposition de couches qui se marchent sur les pieds et dépensent de l’argent inutilement (communautés urbaines, régions, départements); des syndicats qui ne représentent plus rien mais qui détournent une part importante de la richesse du pays; des fonctionnaires qui sont trop présents la où ils devraient s’abstenir (ah, l’arrogance de l’URSSAF surtout en IdF), et absents là où on en a vraiment besoin (par exemple, le sempiternel problème des quelques pauvres policiers de Roissy face à une dizaine de 747 à 6h30 du matin; quand on sait que le tourisme est le premier revenu du PIB de la France, on ne peut que faire toujours le même constat : les administrations devraient coopérer au lieu d’être en silo…); un cruel manque d’entreprises de taille intermédiaire; des « grands » patrons d’entreprises quasi nationalisées incompétents qui restent en poste par copinage; un impôt (l’ISF) qui fait fuir les entrepreneurs et le capitalisme familial, ceux dont on a justement le plus besoin en ce moment; et au-dessus de tout un système qui ne fonctionne que sur la logique de l’affrontement, et qui ne sait rien nous proposer d’autre qu’un choix entre partager plus ou créer plus de valeur, comme si les deux étaient incompatibles. Continue reading