Une semaine, depuis une semaine je suis revenu en France. Toujours la même histoire : les paradoxes et malaises français. Jamais assez de douaniers à Roissy (le problème n’est pas de savoir s’il y a trop ou pas assez de fonctionnaires, mais leur répartition entre le fonctionnel et l’opérationnel. La réponse est, hélas, aveuglante..) sauf que nous avons été vérifiés une première fois à la sortie de l’avion. Pourquoi pas, je ne fais pas partie des chantres de la liberté à tout prix, mais en terme d’efficacité, nous avons donc eu deux contrôles successifs parfaitement redondants, chacun entraînant du délai sur le débit… Toujours la même histoire, je retrouve les grèves, les métros plus que bondés, Hadopi, la méfiance française qui se caractérise par l’amour immodéré de la polémique, les paradoxes d’un pays qui attend toujours plus de l’Etat tout en le combattant par tous les moyens. Arrêterons-nous un jour d’appuyer en même temps sur l’accélérateur et sur le frein? Arriverons-nous un jour à nous mettre en mode coopératif? Il faudra du temps, des larmes et du sang…

Revenons à l’Australie. Ma grande découverte sur ce pays est qu’il n’est pas américain. Il est une combinaison assez unique entre le dynamisme d’un pays neuf, mais qui se nourrit encore de ses racines. L’Australie est profondément Anglaise. Le pub de Mount Victoria, un de mes souvenirs les plus forts, où j’ai retrouvé l’ambiance communautaire des pubs Anglais (les « Dart » en moins :-) , l’illustre parfaitement. Mais aussi la grande capacité des Australiens à parcourir la planète, à sortir de chez eux; et puis l’humour avec lequel ils caractérisent leur pays : « Down Under ». Imaginerait-on les Américains se nommer ainsi ?

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L’Australie, découverte non pas par Cook en 1770, comme on le dit trop souvent, mais très probablement par Cristóvão de Mendonça en 1521, a cette image désastreuse de s’être construite à la force des poignets des bagnards Anglais. Je ne peux que conseiller l’extraordinaire livre de Robert Hughes, « The fatal shore », qui décrit ces « bagnards ». Issus d’une Angleterre devenue duale sous la pression de la révolution industrielle, ils n’étaient que des ouvriers qui se réfugiaient dans le gin, et que les bourgeois craignaient. La « mob », si chère aujourd’hui à Howard Rheingold, étant crainte, la solution était simple: l’exporter. La Virgine indépendante n’en voulant plus, l’Australie était devenue leur terre d’exil. Mais point de bandits parmi eux, des exclus, tout simplement. Une histoire banale chère à Watzlawic

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Un pays neuf, mais qui n’a pas oublié ses racines culturelles. Je ne connais qu’un seul autre endroit au monde qui présente ces deux caractéristiques: le Quebec. L’Australie « Anglaise » et le Quebec « Français », deux cousins qui s’ignorent trop, faute d’un channel pour les réunir. La pangée a trop bien joué !

Pays intéressant par ses aborigènes: voici des peuples qui, pendant plusieurs de dizaines de milliers d’années, subsistent sur un continent sec, perpétuent des traditions orales, mais, selon les critères occidentaux, n’évoluent pas… Un choc qui est loin d’être amorti.

Alors, et l’Internet ? et l’innovation ? Tout a été dit, dans mes messages et ceux de Billaut.

  • Un pays qui est en retard en termes d’infrastructures, mais qui va le rattraper.
  • Un pays qui n’a pas peur d’innover; où les universités non seulement investissent dans des structures d’incubation, mais en plus créent des formations d’accompagnement sur les méthodes managériales.
  • Un pays pour qui l’apprentissage est d’abord collaboration, et qui comprend l’importance des outils modernes pour apprendre (le online d’une manière générale, les mondes virtuels ensuite). Je ne saurais trop que conseiller aux adultes qui me lisent d’envoyer les enfants sur ce site : « murder under the microscope« .
  • Un pays qui créé des start-up innovantes : SLCN, exitreality et vastpark entre autres, dans les mondes virtuels.
  • Un pays qui investit 25 millions de dollars par an pour chercher et enseigner sur les nouveaux médias, en particulier les mondes virtuels.
  • Un pays tout entier tourné vers le futur, tourné vers l’extérieur, et qui attire beaucoup (Allez voir sur le blog de Billaut les interviews des français installés sur place…).

Alors voilà, ce voyage aura été un succès. Je ne peux que remercier chaleureusement tous les Australiens qui nous ont accueillis, s’ils me lisent, qu’ils sachent mon entière gratitude. J’adresse un merci spécial à Mandy Salomon, du Smart Services CRC, qui a dépensé beaucoup de temps et d’énergie pour rendre ce voyage riche et passionnant. Nous lui devons son succès.

(Le seul point noir, que je voudrais oublier, a été la réaction du poste économique de Sydney, à qui j’avais demandé d’organiser un cocktail pour remercier les Australiens de nous avoir mis les meilleurs spécialistes, histoire de faire du networking, et qui m’a finalement proposé une salle de réunion et une adresse de traiteur « à 30 dollars par personne »… Mais bon, mettre bout à bout la compréhension du monde futur, internet, l’efficacité du business, et l’ouverture aux autres, c’est peut-être trop demander ? Je ne ferais plus, c’est sûr).

Ici, à Paris, je garde dans ma mémoire : l’extraordinaire gentillesse des Australiens, la dynamique du pays, leur peur de rien, leur ouverture au monde, le bon vin et la bonne bière; bref, tout une immense chaleur humaine qui sait regarder de l’avant et construire le monde de demain, le « digital down under » !

Et maintenant…

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