Le « social lending »

By | 24/08/2008

Note : article écrit originalement dans le blog de commonbox.

Chaque jour, Internet et le Web2.0 nous apportent des innovations bien dérangeantes pour les entreprises bien traditionnellement installées.

Dans cette catégorie, un nouveau concept est apparu en 2005, et fait fureur : il s’agit des prêts entre particuliers, en peer to peer. L’idée est toute simple: pourquoi ne pas marier le meilleur du modèle d’ebay avec le schéma traditionnel de la tontine.

Ce n’est donc plus la banque qui prête, mais la communauté. Prenons comme exemple le premier site à avoir popularisé ce système, prosper. Un individu s’inscrit (il faut vivre aux Etats-Unis), donne ses références bancaires, puis demande un prêt, qui doit être inférieur à 25.000$, en proposant lui-même un taux d’intérêt. Ensuite, des membres de la communauté s’engagent à prêter une somme d’argent, qui est généralement modique (parce que les remboursements ne sont pas garantis). Trois cas de figure : le taux d’intérêt proposé est très élevé, il y aura plus d’argent que demandé, et seuls sont retenus les préteurs qui ont proposé des taux plus faibles; ou bien le taux est trop bas, et au bout de la période, le montant demandé n’est pas atteint, et l’emprunteur doit recommencer avec un taux plus élevé; ou bien le montant est couvert, et l’emprunteur a son argent, qu’il remboursera mois par mois.

Comme Prosper est un site communautaire, il publie ses statistiques sur les accidents de paiement. Ceux-ci sont inférieurs à ce que connaît une banque traditionnelle. Seul l’effet communautaire permet une telle confiance; c’est pour celà que le nom donné à ce type de prêts est le « social lending ».

La progression du social lending est intéressante, même s’il ne s’agit encore que de signaux faibles. Le marché US a fait circuler 118M$ en 2005, 269M$ en 2006, et près de 800M$ en 2007. Gageons que la crise du système bancaire risque d’accélérer le phénomène.

Une liste de sites de prêts couvrant le monde entier se trouve ici. Il faut noter que la France est « épargnée » par la réglementation sur les activités bancaires, qui protège l’ordre établi et, partant, bloque toute innovation.

 

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