Archives pour août, 2008

Le « social lending »

Note : article écrit originalement dans le blog de commonbox.

Chaque jour, Internet et le Web2.0 nous apportent des innovations bien dérangeantes pour les entreprises bien traditionnellement installées.

Dans cette catégorie, un nouveau concept est apparu en 2005, et fait fureur : il s’agit des prêts entre particuliers, en peer to peer. L’idée est toute simple: pourquoi ne pas marier le meilleur du modèle d’ebay avec le schéma traditionnel de la tontine.

Ce n’est donc plus la banque qui prête, mais la communauté. Prenons comme exemple le premier site à avoir popularisé ce système, prosper. Un individu s’inscrit (il faut vivre aux Etats-Unis), donne ses références bancaires, puis demande un prêt, qui doit être inférieur à 25.000$, en proposant lui-même un taux d’intérêt. Ensuite, des membres de la communauté s’engagent à prêter une somme d’argent, qui est généralement modique (parce que les remboursements ne sont pas garantis). Trois cas de figure : le taux d’intérêt proposé est très élevé, il y aura plus d’argent que demandé, et seuls sont retenus les préteurs qui ont proposé des taux plus faibles; ou bien le taux est trop bas, et au bout de la période, le montant demandé n’est pas atteint, et l’emprunteur doit recommencer avec un taux plus élevé; ou bien le montant est couvert, et l’emprunteur a son argent, qu’il remboursera mois par mois.

Comme Prosper est un site communautaire, il publie ses statistiques sur les accidents de paiement. Ceux-ci sont inférieurs à ce que connaît une banque traditionnelle. Seul l’effet communautaire permet une telle confiance; c’est pour celà que le nom donné à ce type de prêts est le « social lending ».

La progression du social lending est intéressante, même s’il ne s’agit encore que de signaux faibles. Le marché US a fait circuler 118M$ en 2005, 269M$ en 2006, et près de 800M$ en 2007. Gageons que la crise du système bancaire risque d’accélérer le phénomène.

Une liste de sites de prêts couvrant le monde entier se trouve ici. Il faut noter que la France est « épargnée » par la réglementation sur les activités bancaires, qui protège l’ordre établi et, partant, bloque toute innovation.

 

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iPhone3G, Orange, les forums

Heureux possesseur depuis le 21 juillet d’un iPhone3G, j’ai pu, comme tout le monde, en constater les quelques faiblesses : l’absence de copier-coller, la synchronisation de l’agenda outlook qui est problématique, l’aide à la saisie très mauvaise (ah, écrire en Anglais…); l’agenda est plus que rudimentaire et ses API ne sont pas ouvertes, le passage obligé par l’AppStore empêche les versions d’évaluation, les applications de l’AppStore ne sont pas les mêmes suivant le pays où l’on réside, etc…

Beaucoup sont des défauts de jeunesse, et des solutions sont dans les cartons. Les deux grands logiciels de PIM sur plateforme mobile : pocket informant et agendus, ont des versions iPhone prévues. L’iPhone est en train de populariser le concept de « synchronisation over the air », autrement dit on oublie le câble et on passe par un serveur dans le réseau. A ce titre les produits open source de funambol, qui permettent de synchroniser des bases de données multi-plateformes, sont à regarder avec grand intérêt.

Seulement voilà: à la complexité de la culture d’entreprise d’Apple, un monde d’immense beauté mais aux antipodes de la logique d’ouverture du monde du libre, se superpose la logique des opérateurs de télécom, qui possède beaucoup de points communs: malgré tous les discours sur « le client au centre », celui-ci est quelque part toujours considéré comme un « assujetti captif », et pas comme un adulte qui sait bien se débrouiller tout seul.

Seulement, Internet est dans une autre logique. Et voilà que, pas plus tard qu’hier (vendredi 22 août 2008), éclate dans le forum de discussion du blog iPhone une nouvelle importante: les débits de l’iPhone chez Orange ne sont pas du HSDPA. Ayant fait moi-même le test depuis que je possède mon iPhone, autant sur mon HTC TYTN j’avais plus de 1Mb/sec, autant avec le iPhone j’étais redescendu à 300kb/sec. La raison ? le réseau. En lisant le forum, il semblerait qu’il s’agit bien d’un problème d’APN, de  point d’accès données pour les mobiles, celui d’orange.fr étant plus rapide, mais hélas interdit aux possesseurs d’iPhone. Effectivement, en essayant de paramétrer mon APN sur orange.fr, qui était celui de mon HTC, je perd tout accès Internet. On peut changer ce paramètre si l’opérateur l’autorise; et, de toutes façons, s’il ne l’autorise pas, on peut le faire tout de même, par exemple via ce site ou celui-ci (sites à consulter depuis l’iPhone bien sûr), ou bien en téléchargeant un logiciel sur le site d’Apple, mais ceci ne résoud pas le problème, il faut qu’orange accepte de vous migrer sur l’APN orange.fr.

En lisant les messages, assez passionnés, sur le blog iPhone, je me suis retrouvé en 1997. A cette époque, France Télécom avait lancé l’offre primaliste Internet, avec force communication médiatique autour du thème « vous allez gagner de l’ordre de 40% sur votre facture téléphonique » (nous étions avant l’ADSL). Seulement, en même temps, l’opérateur avait effectué deux autres innovations : le passage à la tarification à la seconde, et bien sûr les courbes étaient lissées par le haut, et le passage de quatre zones à deux, la nuit passant de 65% de réduction à 50%. L’ensemble des trois changements faisait que, dans le meilleur des cas, l’internaute payait 25% plus cher, et dans le pire, 70%. Bien sûr, un internaute avait publié une feuille remarquablement synthétique qui illustrait ce fait, l’avait promue dans les forums, et l’information s’était répandue à la vitesse de l’octet éclair. France Telecom était resté muet sur ce sujet, provoquant une colère très violente sur la toile.

Maintenant, comment cette crise va-t-elle être gérée? Si Orange garde la même ligne, à savoir ne rien dire, et laisser les pauvres conseillers clientèle avec des consignes de mutisme, voire de déni, comme c’est le cas en ce moment, il se passera la même chose: la toile va se fâcher, comme elle s’était fâchée en 1979, et  comme l’attitude de FT envers les technophiles profite à FREE, il y aura probablement migration massive des technophiles vers le quatrième opérateur, en espérant qu’il voit enfin le jour. En perdant les technophiles, l’opérateur aura l’illusion d’y gagner en tranquillité, mais disparaîtra l’opportunité de faire du codesign avec ses clients, autrement dit d’y gagner en expertise usage.

Au contraire, en coopérant avec ces technophiles, qui ne sont pas des « emmerdeurs » comme je l’ai entendu par le passé, mais au contraire des gens responsables (il suffit de voir comment la modération est effectuée dans ces forums), alors la boucle technologie-usage y sera productrice de valeur.

Une fois de plus, Internet, via la combinaison puissante d’un bon blog et d’un forum, montre que le schéma traditionel d’une entreprise qui se croît supérieure, en tout cas plus savante, que ses clients, est insupportable, au sens Anglo-saxon de « non sustainable » bien sûr :-)

Note : la pétition est ici :
petition

 

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