La grève virtuelle comme illustration de la force des mondes 3D

By | 06/01/2008

Le hasard a voulu que, me téléportant dans Second Life sur l’une des îles d’IBM, j’arrive pendant une des manifestations des employés qui a eu lieu au mois d’octobre 2007.

Il y a eu de multiples analyses de cette grève des salariés d’IBM sur Second Life, grève qui a abouti à un résultat positif pour les salariés, et je renvoie le lecteur plus avide de liens que d’analyse à Google qui ne manquera pas de l’emmener sur tous les blogs de la planète.

Je voudrais proposer ici une analyse sur l’éclairage que confère cet évènement sur l’importance des mondes virtuels.

Reprenons l’histoire brute. Les employés d’IBM Italie sont furieux parce que leur management leur a retiré unilatéralement des primes promises. Ils veulent donc mener une action. Seulement, le monde informatique n’est pas comme le monde industriel, il est hors de question d’arrêter de travailler. Une manifestation au sens traditionnel est impossible à réaliser : les salariés sont éclatés aux quatre coins de l’Italie, voire du monde, ils travaillent énormément sur leurs projets, ils ne peuvent pas se retrouver physiquement quelque part.

Bien sûr, ils ont ouvert un site web, un blog, pour y mettre du texte revendicatif, mais quoi de plus ? Sûrement pas de photo spectaculaire d’ouvriers musclés portant brassard et chantant des slogans à l’ancienne sur fond de trompette dissonante.

Alors, que reste-t-il, comment combiner le virtuel avec l’émotionnel et l’efficacité ? C’est justement le propre des univers virtuels que de réaliser cette synthèse. Et la chance veut qu’IBM soit très impliqué dans Second Life, où il y possède plusieurs îles, et que les manageurs d’IBM y tiennent des réunions virtuelles. D’ailleurs, l’un des manifestants raconte qu’il s’est trouvé par hasard dans la salle de réunion d’un meeting de managers sur Second Life, et qu’il a téléporté d’autres grévistes, forçant les managers à quitter la salle !

Et voilà donc comment je me suis trouvé sur l’île d’IBM en plein milieu d’une manif, comme le montre le snapshot suivant.

Voici une belle illustration de l’efficacité des mondes virtuels : parce qu’ils véhiculent efficacement l’émotion, en tout cas plus efficacement que le web au sens traditionnel, leur capacité à simuler le monde réel en est encore plus efficace. En tout cas, le management d’IBM ne s’y est pas trompé !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *