Le marathon des sciences

J’ai eu l’immense honneur d’être invité au marathon des sciences, dans le cadre des 20 ans du festival d’astronomie de la ferme des étoiles, à Fleurance.

Le programme était extraordinaire: douze conférences de midi à minuit, des conférenciers tous plus passionnants les uns que les autres, devant plus de 300 personnes qui ont joué le jeu, et sont restées jusqu’au bout !!!

Quel plaisir d’entendre Jean-Marc Lévy-Leblond nous parler, en introduction, des paradoxes actuels (par exemple, jamais la science n’a autant généré de connaissances nouvelles, et pourtant les fausses idées comme le créationisme sont très répandues..).

Puis Cédric Villani nous a fait partager son enthousiasme pour les mathématiques (le métier le plus intéressant, selon certains sondages).

Marc Lachieze-Rey nous a présenté avec brio les deux grandes théories que nous avons du mal à unifier, la théorie de la relativité, et la théorie quantique.

Stéphane Sarrade a remarquablement présenté les nouveaux outils de la chimie verte; au passage, j’ai appris que les femmes étaient plus sensibles au vin bouchonné que les hommes !

Bernard Dupré qui dirige l’observatoire du Pic du Midi, m’a fait froid dans le dos avec l’évolution du CO2 : la planète est vraiment en danger… Mais une conférence brillante.

Gérard Berry nous a présenté de superbes applications du numérique dans plusieurs domaine, dont le médical (ah, le coeur de l’enfant simulé après l’opération..).

Jean-Michel Courty a montré à quel point la mécanique quantique est utilisé au quotidien (enfin un conférencier qui évite de parler du paradoxe du chat…); et pourquoi c’est elle qui fait que l’on ne s’enfonce pas dans le sol.

Jean-Louis Fellous nous a fait une liste intéressante de satellites d’observation de la terre, et a confirmé le drame du CO2 (le niveau aujourd’hui est trois fois le maximum des 700.000 dernières années…).

Jean-Claude Ameisen a replacé Darwin dans le contexte historique de l’époque (Darwin a attendu longtemps avant de publier ses résultats, tout comme Galilée, d’ailleurs), une conférence d’une intelligence rare par un homme passionant.

Pascal Picq a réussi le chef d’oeuvre de montrer les analogies entre les formes sociales des singes, et les notres (les chimpanzés sont en réseau, les macaques sont en hiérarchie… Billaut tu vas aimer !); et quel plaisir de découvrir un paradoxe : Cro-Magnon et Neandertal ont co-existé ! Merci Pascal, tu es top.

Et, cerise sur le gateau, Michel Puech nous a fait un remarquable plaidoyer pour que nous reprenions la main, pour que nous arrêtions de nous soumettre au fatalisme, car il est temps de le faire !

Les vidéos seront bientôt disponibles sur le site du festival.

Et puis, quel bonheur de faire de l’observation astronomique le soir, avec de superbes téléscopes, et des jeunes totalement enthousiastes qui nous ont montré quelques objets du catalogue de Messier; le ciel profond dans un 620mm, c’est quelque chose !

Un immense merci à Bruno Monflier et à Roland Lehoucq pour avoir organisé ces évènements, qui continuent jusqu’à la fin de la semaine avec des ateliers à ne pas manquer. Et merci à Marie pour ses délicieux repas à la ferme des étoiles !

Voici ma modeste contribution.

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un clip dans SL, et d’autres medias sociaux

En ce 14 juillet, voici un petit post bien détendant.

Ce clip a été produit en quatre mois par le musicien Legrand, de Philadelphie, sur une idée originale de Jean-Julien Aucouturier, un chercheur très intéressant de Temple University de Philadelphie à Tokyo, qui mène des travaux sur la musique du futur. Des étudiants de l’Université ont réalisé le machinima.

Le making-of du clip est ici.

On peut suivre le musicien sur twitter : @legrand4790 ou le hashtag #linsl

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A quoi peut servir un iPad ?

Comment ai-je procédé ?

Tout d’abord, j’ai trouvé un site de partitions bien fait, payant mais très raisonnable : pianopublicdomain.

Ensuite, j’ai mis les fichiers sur le cloud, grâce à dropbox.

Puis j’ai utilisé goodreader pour les charger sur l’iPad, depuis dropbox.

Mais surtout, n’oublions pas le magnifique demi-queue pleyel de 1898, numéro 118020…

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A propos de second life, et des mondes virtuels

(note : the english version of this post is here)

Second life a récemment fait circuler beaucoup d’octets. Une annonce sur leur site web : Linden Lab se restructure. Plus prosaïquement, Linden Lab licencie 30% de ses effectifs, soit une centaine de personnes, et ferme son bureau à Singapore.

J’ai vu passer beaucoup d’analyses sur ce sujet. Certaines intéressantes, d’autre moins. Ce qui circule actuellement sur la toile francophone est que c’est facebook et l’iPad qui ont tué second life (ici, et ici). D’autres analyses parlent de faillites de banques, de sexe, etc… Tout ceci reste, finalement, très peu argumenté.

Le monde Anglo Saxon offre des points de vue beaucoup plus construits sur cet évènement. L’orientation trop business du nouveau PDG lui est souvent reproché, comme le dit ce billet. Ou bien, est-ce un retour vers le B2C ?

Il faut rappeler l’histoire de second life. Au début était une entreprise, Linden Lab, fondée par Philippe Rosedale. Philippe fait croire à ses investisseurs qu’il s’agit de construire une plateforme technologique qui sera vendue. Pour en démontrer l’intérêt, il propose de construire un premier monde virtuel, qui sera Second Life. Mais très vite, Philippe montre son attachement pour le côté social que pour la plateforme. La conséquence est que SL ne gagne pas d’argent. Ses 15 millions d’utilisateurs, dont moins d’un million sont actifs, commencent à faire pâle figure auprès de facebook, même si le chiffre des transactions entre résidents, 567 M US$ en 2009, montre une forte dynamique en peer to peer. Linden Lab a donc décidé de remplacer Philipe Rosedale par Mark Kingdon, avec comme mission d’augmenter le revenu. Mark a donc mis fortement l’accent sur le monde des entreprises, avec deux offres: la première permet à des entreprises d’avoir une île dans le monde lui-même, avec des caractéristiques différentes, comme par exemple la possibilité de donner des noms choisis aux avatars, et la deuxième offre (second life enterprise beta) qui permet d’installer second life sur un Intranet. Les deux offres sont expliquées ici.

Voilà, à mon avis, le problème principal : il n’est pas possible pour une entreprise d’offrir à la fois un réseau social en B2C, et de vendre la plateforme en B2B. Parmi tous les problèmes que cela posent, deux sont importants. Le premier est une question de culture; les ventes obéissent à des règles différentes, les modèles économiques n’ont rien à voir, et l’entreprise doit quasiment avoir des équipes séparées, ce qui est coûteux. Le deuxième est une question de roadmap produit: les demandes induites par le réseau social sont très différentes de celles induites par des clients, surtout grands comptes. Imaginons un instant que facebook se mette à vendre sa plateforme aux entreprises… de plus, les réseaux sociaux ne sont pas forcément les amis des directeurs informatiques. Les conséquences sont dramatiques: l’offre B2C déçoit de plus en plus les résidents, qui reproche à Linden Lab de ne pas assez les écouter; l’offre B2B dans SL semble, aux dires de certains, très mal supportée par Linden Lab, avec des temps de réaction de l’ordre de plusieurs semaines; et l’offre B2B intranet est considérée comme chère (55.000 US$ par an pour 16 îles dont 8 simultanées…). Finalement, tous les clients semblent déçus.

Ce qui ressort en ce moment est la volonté de certains résidents de quitter Second life. Pour ceux qui sont proches de l’esprit originel de Philippe Rosedale, Opensim semble être un choix comme le dit ce billet. Il reste néanmoins un problème pour beaucoup de SLifers: comment récupérer tous les actifs construits dans SL ? Open Sim permettrait de le faire en partie pour les résidents de Second Life, et concernant l’offre entreprise, VenueGen propose une solution de migration des actifs dans son monde.

Allons-nous assister à un crash de Second Life ???

Qu’il arrive ou pas, je continue de croire dans les mondes virtuels. Cet excellent post, qui fait suite à la décision d’Erica Driver, consultante spécialisée, d’élargir son spectre de consulting, montre qu’il y a des mouvements positifs dans les mondes virtuels. Les mondes virtuels sont actuellement au creux de la désillusion dans la courbe du hype. C’est le moment où la technologie va pouvoir donner son plein potentiel.

Quels sont les points positifs?

  • Le plus important est, à mes yeux, l’initiative vgov (virtual government) de l’administration Américaine, qui a sélectionné quatre plateformes pour construire des mondes virtuels pour toute l’administration Américaine. Le rôle de l’administration Américaine est crucial pour qu’une technologie innovante puisse prendre son essor, et ce qu’elle a fait pour Internet, elle peut très bien le faire pour les mondes virtuels. Les quatre plateformes choisies sont : Web.aliveForterra (racheté par SAIC); teleplace; et Vastpark, une plateforme opensource très innovante. Second Life n’a pas été considérée, car trop fermée, semble-t-il.
  • Le monde de l’éducation est déjà un gros consommateur de mondes virtuels. Le numéro spécial de la revue Journal of Virtual Worlds Research sur l’éducation montre des résultant intéressants dans ce domaine.
  • Le monde de la santé a fait beaucoup de recherche sur l’usage des mondes virtuels. Je ne saurais que trop conseiller ce blog réalisé par un pharmacien hospitalier français, une mine d’informations sur ce sujet. De plus, une étude faite par des médecins a montré la supériorité de l’apprentissage dans un monde virtuel par rapport à un apprentissage 2D.
  • Le monde des entreprises s’intéresse de plus en plus au serious game. Or, un serious game a besoin d’un monde virtuel. L’appel à projet NKM sur le sujet a été un grand succès (je fais partie d’un de ces projets, avec comme objectif la construction d’une usine open source pour faire des serious game).
  • Les foires et congrès s’installent dans des mondes virtuels, avec des ROI importants, liés bien sûr à l’absence de déplacement, mais aussi avec une qualité d’interaction supérieure aux outils 2D, comme le montre l’exemple d’IBM. Même chez nous, le pinard se met au virtual tradeshow, ce qui remplit de joie Billaut-San.
  • Enfin, du côté social, l’appétence des enfants et adolescents pour les mondes virtuels est immense. Comme le montre kZero, près de 400 millions d’internautes dans la tranche 8-15 ans sont déjà dans des mondes virtuels, presque autant que Facebook, qui pourtant présente un spectre d’âge bien plus large.

J’ajouterai une dernière touche. Plusieurs fois, j’ai rencontré des personnes très résistantes à Internet, ne comprenant pas l’intérêt des réseaux sociaux, des forums, et ne voyant dans Internet qu’un outil de consultation. A chaque fois, j’ai pu changer leur point de vue en leur montrant des machinima d’apprentissage en monde virtuel réalisés au sein d’entreprises. Quand on regarde de plus près, l’interface 3D est tout de même bien plus parlante et lisible que l’interface de facebook, une des plus compliquées que je connaisse…

Le web immersif va maintenant rentrer dans une période de réalisations concrètes et sérieuses. Les outils sont diversifiés, les solutions commencent à venir sur le marché, la plus grande évolution étant qu’elles sont de plus en plus disponibles au travers du navigateur. Il est temps pour les entreprises d’y aller sérieusement, avec des ROI impressionants à la clé.

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Conférence de clôture de l’AG de la Fevad

La Fevad m’a fait l’honneur de me demander de faire la conférence de clôture de leur Assemblée Générale, le 10 juin 2010.

Voici la donc les slides de cette intervention. Je les remercie de cette opportunité !

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Réponse à Richard Descoings, directeur de Sciences Po

Je lis avec intérêt cette interview de Richard Descoings, qui parle du numérique et de Sciences Po.

Lors de ma carrière professionnelle dans l’informatique, j’ai toujours apprécié les personnes formées à Sciences Po, pour leur compréhension de l’équilibre entre l’approche technologique et les usages. C’est pour moi une quintessence d’un enseignement entre humanisme et technologie. C’est donc avec immense intérêt que je considère l’approche du directeur de cet excellent institut.

J’avoue être surpris.

Je ne vois dans ses propos rien sur la politique 2.0, rien sur l’opendata, rien sur le gouvernement 2.0. Comment peut-on alors affirmer que la France n’est pas en retard, quand on voit que ce qui va faire les hommes politiques de notre pays de demain matin ne semble même pas enseigné aujourd’hui…

Je suis intrigué quand je vois dans cette interview que les problèmes de droits d’auteurs se posent comme contrainte à la diffusion d’un cours. Le parlement Australien vient de décider de passer sous licence Creative Commons V3. Pourquoi pas les cours de Science Po ?

Le monde Internet s’est construit dans une logique de rapidité et de « best effort ». La qualité s’y inscrit dans le temps, la qualité totale a priori est un facteur limitant. Dire que « je ne mets pas de vidéo en ligne parce que les gens en ont assez au bout de dix minutes » est totalement en décalage par rapport à cet état d’esprit. Aujourd’hui, non seulement les contenus sont en ligne, mais en plus la tendance est de publier des API qui permettent aux citoyens non seulement d’y accéder, mais de concevoir eux-même les applications les utilisant. Aujourd’hui, c’est l’internaute qui décide de ses usages, pas le fournisseur d’informations. Et si, à l’instar de ce que font des municipalités via le mouvement open311, Sciences Po se posait la question de laisser les étudiants manipuler le contenu comme bon leur semble, et créer eux-même des applications ? Peut-être même que l’apprentissage y gagnerait encore plus en qualité…

Enseignant dans plusieurs établissements, je suis intrigué de constater que le système éducatif supérieur prépare très bien au monde d’hier… Pour reprendre les propos de Richard Descoings lui-même, si Sciences Po ne se met pas à fond dans la philosophie d’Internet, alors oui, je confirme que son peu d’avance va devenir un très gros retard ! Sciences Po est une fabuleuse école. Elle n’aura aucun problème à se plonger dans le monde de demain.

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TechtocTV sur les mondes virtuels en entreprise

Un plateau sympa, avec quelques réflexions sur l’usage des mondes virtuels en entreprise.


[Aller voir le site]

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Conférence du Federal Consortium of Virtual Worlds

La conférence se tiendra les 13 et 14 may 2010.

Le lien est : http://www.ndu.edu/irmc/fcvw/fcvw10/live.html

Twitter : http://www.twitter.com/fcvw

Vastpark with player 1.3 vp://demo.vastpark.com:8278/fcvw

Video streaming :

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Communauté et gestion de la connaissance

S’il est un endroit où Internet se distingue des medias traditionnels, c’est bien dans sa faculté de mettre en relation des individus en mode pair à pair, connu dans son Anglicisme « peer to peer ».

Cette expression se retrouve dans beaucoup de lieux, allant des réseaux sociaux à twitter, mais trouve son expression dans la source même de construction de l’Internet, et dans l’un de ses tout premiers services: le forum de discussion. Internet s’est construit sur une réciprocité équilibrée entre tous les internautes: je t’ouvre mon ordinateur, tu m’ouvres le tien, et nous pouvons échanger. Il est amusant de constater que l’invention du web a représenté, probablement au désespoir de son inventeur, une régression, en réintroduisant une architecture client-serveur. C’est pour ça que de nombreuses entreprises s’imaginent être dans Internet simplement parce ce qu’elles ont un site d’information, confondant le web et la télévision. Au contraire, les logiciels les plus proches de la philosophie originelle sont ceux qui sont montrés du doigt actuellement, que ce soient emule, edonkey, napster, etc… Ce qu’on nomme le web2.0 actuellement n’est qu’un retour aux sources.

Donc c’est dans les forums de discussion que l’on trouve la plus pure expression de la puissance de l’Internet. J’en ai recensé une infime partie ici. Ce sont des lieux qui sont d’une extrême richesse, où s’échangent savoir-faire, trucs et astuces, toute une quantité de savoir qui résout bien des problèmes au quotidien. Je cite souvent comme exemple le remarquable forum des enseignants du primaires, où plus de 85.000 enseignants se sont échangés plus de 4,5 millions de messages d’une très grande intelligence.

Pour illustrer la puissance de ces forums, il est utile de rappeler l’anecdote du bug du Pentium. En 1994, Intel sort son premier Pentium, qui avait un léger défaut, avec une très faible probabilité d’erreur. Un mathématicien, le professeur Thomas Nicely, s’en aperçoit, écrit à Intel qui ne répond pas, puis écrit à quelques spécialistes du PC, avec description précise et objective du problème. L’information atteint alors un forum de discussion, comp.sys.intel. Finalement, Intel est obligé d’admettre le problème.

Comme je l’avais écrit en 2004, il est traditionnel de structurer la connaissance en trois niveaux :

Connaissance individuelle quelqu’un sait
Connaissance collective tout le monde sait Médias
Connaissance globale tout le monde sait que les autres savent Internet

C’est la grande puissance des medias traditionnels, la presse la radio, la télévision, que d’amener la connaissance au niveau collectif.

Si Intel avait eu mille clients qui connaissaient le problème, Intel aurait pu leur envoyer la même réponse de non-recevoir. Seulement, Intel faisait face à des milliers de clients qui savaient que les autres clients savaient qu’il y avait un problème.

C’est à ce niveau qu’Internet se distingue des médias traditionnels, en amenant la connaissance au niveau global, ce que les autres médias ne savent pas faire.

Internet n’a pas inventé la force des relations horizontales. Il les a tout simplement amplifié.

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Sur les métiers émergents du web…

Une discussion autour des métiers émergents de l’Internet, réalisée par Techtoch.tv.

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